mercredi 17 décembre 2008

Bonjour les amis. Un nouveau message à caractère informatif écrit à 2 mains...Enfin 4, hein... 2 grandes et 2 minus et en différé. Un peu long probablement, ce message... vos yeux peuvent se fatiguer, c'est vrai, mais le temps précieux s'enfuit alors nos visites internautiennes se font de plus en plus rares... Cette fois ça sera donc d'un coup d'un seul, la côte caraïbe !



Tolú.

Dans ce petit village de pêcheurs, tout se passe comme au ralenti. Tant que rayonne le soleil, mieux vaut ne pas faire de geste inutile. À Tolú, tout est paisible et reposé. Les gens ont l'air occupé… tout en paraissant ne rien faire. Le bord de la plage est investi par les pêcheurs, les paumés, les flâneurs, les vendeurs et les harceleuses enceintes qui veulent à tout prix, quitte à te pomper tout ton après-midi, te tresser le crâne, te mettre des machins dans les cheveux, ou te masser et t'enduire le cuire d'huile d'olive (Gali était déjà prête à offrir sa chevelure en pâture à ces doigts hystériques et n'en ressort pas déçue).

Quand tu changes de coin en Colombie, tu changes de paysage, certes, mais aussi d'accent, de manière de vivre, de caractère et de couleur. Là, c'est flagrant, à Tolú du grand-père au nourrisson, ils sont tous noirs comme l'ébène. Du coup c'est un peu comme changer de pays. Que des blacks, c'est toujours buena onda. Tu vois défiler les familles sur les taxis vélos, fiers et posés comme s'ils disposaient de tout l'or du monde. Alors que Tolú est un village pauvre, toujours les bouches sont pleines de dents qui sourient. Nous voici sur les rives de sable blanc de la mer caraïbe, impressionnante demoiselle bien agitée.


Pour la petite anecdote, durant les quelques jours passés ici, nous passâmes comme ça arrive devant le perron de l'église, entendant une musique festive que nous croyions plus éloignée et qui s'avérait sortir en vérité tout droit di la maison di Dieu li puissant. Nous nous laissons guider par le rythme endiablé et rentrons dans une messe comble, les gens debout, dansant, chantant et tapant des mains, guidés par une chanteuse sexy et débridée à la voix enchanteresse. Une vraie fête. Nous nous sommes pliés dans un coin pour assister à ce spectacle inattendu dans un lieu de coutume plus strict... Quand tout le monde se tait , que le calme revient tant bien que mal pour que monsieur le père puisse faire son travail et que c'est ce si particulier silence de mort qui s'installe, Jérémi ne trouve pas mieux que de renverser maladroitement une bicyclette qui s'éclate sur le sol attirant sur lui tous ces visages noirs qui pensaient "Y'a qu'un blanc dans toute l'église et il faut encore qu'il interrompe monsieur le curé en faisant du fracas, pffffuuuu bravo… viva Colombía…20 sobre 20 ! !".C'est ainsi que, Jérémi retenant sa honte et Gali son fou rire, nous nous dissipons le plus diagonalement et discrètement de la fête... heu... de la messe et nous allons nous gaver d’arepas au fromage sorte d’hosties… heu de crêpes fourrées au fromage… Mmmm… trop bon ! Mais trop bon parfois c’est pas bien, parce qu’après tu vomis beaucoup…erk…

De Tolù, circulant comme des moucheroles, de petits bus rouillés, vieux et pourris peuvent en un tour de main t'emmener vers Coveña et ses blanches plaaaages. Cf. Photo de la rubrique nature et découverte du blog.


Cartagena



Nietzsche eut dit dans Ainsi parlait Zarathoustra "Il faut brûler Carthage". Parole sûrement pleine de sagesse puisque proférée par ce fameux philosophe, mais néanmoins inutile dans notre cas puisque nous parlons de Carthagène et non de Carthage (qui doit péter, entre autre, en Tunisie, je crois).


Cette ville est réputée comme joyaux colonial de L'Unesco mais aussi pour son histoire. Entre le XVIème et XVII ème siècle, Carthagène était pour les colons le coffre fort ibérique du nouveau monde. Mais aussi le centre officiel de la traite des esclaves noirs africains. Le port jouissait d'une activité commerciale forte, faisant de grandes fortunes. Lesquelles ont laissé ces superbes bâtiments dont l'architecture fait l'âme du centre ville.

Tout comme Carcassonne mais sans dame Carcas, Carthagène est une ville caparaçonnée de remparts. Fortifications construites par les esclaves contres les attaques incessantes des pirates qui obligeaient de fréquentes reconstructions. (Des pirates comme les français Robert Boal en 1543 qui a volé 310 kilos d'or, ou J. B. Desjeans (surnommé le baron de Pointis) et Jean Ducasse en 1697, qui escortés de 4000 hommes ont pillés quelques 9 millions de pesos d'or. Mais aussi des anglais comme Vernón (1741), Martin Cote (1559) et le célèbre Francis Drake (1586)).

C'est pour les batailles qui s'y sont livrées que Carthagène est surnommée "la ville héroïque" mais aussi pour la concentration presque matricielle des richesses de cette ville (ici débarquèrent des esclaves noirs africains, d'ici partirent les colons espagnols et anglais en quête de l'Eldorado, d'ici partaient également les pillages et butins des conquistadors et en 1819, d'ici même parti le mouvement de libération et d'insurrection. Le libérateur Simon Bolivar à même dit : "Si Caracas m'a donné la vie, vous m'avez donné la gloire".


Bon en dehors du centre (tout simplement somptueux…et l’adjectif est faible), la ville est peu attrayante. Une avancée de terre piquée d'immenses buildings fait office de quartier pour riches. Ses plages sont une sorte de Miami ou les plus ridicules fastes de la richesse s'exhibent avec fierté. La mentalité carthagénoise est assez prout-prout bourgeois (pardonnez moi l'expression), la vie chère (si chère qu'elle nous a bien excentrée de la ville, avec vue sur la mer certes, mais après le premier plan de la deux fois deux voies dont les sons traversent la paroi de carton pleine de mites et couverte de cafards agiles et forts rapides qui sert de mur à notre chambre). Je vous laisse toutefois admirer les photos des ruelles de celle ville historique, avec ses arcades, ses fleurs, ses balcons de bois sculptés. Mais aussi ses couleurs pastel, ocre, mirabelle etc.
Après avoir lézardés sur « la plage de l’autre côté de la route » et sur « la plage de l’autre côté des buildings » et un peu avant de quitter Saint-Tropez, nos déambulations de ruelles en venelles nous ont emmenés au milieu d’un flot ininterrompu de cavaliers dont les fières montures réalisaient des prouesses (rien à envier au gardians de mon pays...) qui nous ont laissaient la croupe sur le trottoir ! Joli spectacle qui sera notre ultime souvenir de cette belle ville mais finalement peu attrayante.




Barranquilla

Cette étape a pour but avoué de rejoindre Mompox, bijou isolé par le fleuve Magdalena et dont Gabriel Garcia Marquez a dit : « Mompox no existe. A veces soñamos con ella pero no existe » (Mompox n’existe pas. Parfois nous rêvons d’elle mais elle n’existe pas.) Après un truc pareil, impossible de ne pas aller fureter dans ce coin là !
Sauf que… à l’impossible nul n’est tenu… oui oui impossible n’est pas français, c’est vrai aussi… (Nicolas Sauron… Nicolas Sarkozy, pardonnez la méprise, nous le prouve chaque jour…), mais enfin cette fois, les inondations auront raison de nous. Reconnaissons-le, la météo est venu, nous a vu et bien sûr nous a vaincu…
Mompox est coupé du reste de la Colombie, la flotte a emporté le pont !
C’est con, parce qu’en plus de louper un joyau classé, nous nous retrouvons dans une énième ville moche…
Heureusement pas loin de Baranquilla, il y a… c’est original, une jolie plage qui ensable un petit village endormie.
Du coup, ne trainons pas plus que nécessaire, suivons la côte jusqu’à…


Santa Marta

Ca ne vous étonnera certainement pas, si je vous dis, que Santa Marta est aussi jolie que Barranquilla… et dangereuse semble-t-il vu que le taxi se fait des cheveux blancs rien qu’à rouler dans le quartier où se trouve notre hôtel.
Bon moche c’est pas faux… quant à dangereux c’est aussi vrai que pour la Colombie…
En revanche, la côte des caraïbes s’étendant du Panama au Venezuela, le trafic de drogues faisait donc partie des activités courantes dans le coin, avec tout ce que cela peut entrainer (armes, violence etc…). Aujourd’hui, la drogue circule toujours (qui pourrait croire le contraire !!), mais le touriste, même dans les quartiers dits dangereux, n’est guère en danger. Bref pour nous Santa Marta c'est surtout la porte du parque Tayrona... Mais avant cela nous décidons, une fois n'est pas coutume, de passer une journée à Taganga... Vous en parler ne servirait pas à grande chose vu que l'interet de ce hameau réside dans sa situation criquesque et sa plage de carte postale... allez donc jetez un oeil, vous comprendrez très bien !

Une fois la température de l'eau du coin prise (inutile de préciser que les mauvaises surprises type eau froide n'existent pas dans ce coin du monde...), nous organisons notre micro séjour dans le parque Tayrona... Grosse organisation : se renseigner pour l'heure de départ de la chiva, ne pas oublier son maillot de bain, la crème solaire, les tongues et l'appareil photo... sinon comment vous faire raler en ces périodes de froids polaires... en Europe ! Et puis... ben c'est bon !

Pour atteindre le coin de paradis, une petite ballade dans la forêt s'impose... et au bout d'une petite heure, paf une carte postale en pleine tronche ! Nous n'étions pas sortis de notre promenade sylvestre que des palmiers aux troncs anorexiques s'élançaient vers le ciel bleu... (ben oui bleu, juste bleu mais là c'est l'aboutissement du bleu !), et que la plage de sable blanc nous emportait vers une mer océaniquement agitée mélangeant toutes les teintes comprises entre le bleu et le vert... très très yoli !

Alors nous sortons de la forêt et là... paf un coup de réalité dans la tronche... Nous avons faim, il n'y a qu'un unique restaurant pour se sustenter et le propriétaire le sait... les prix sont exorbitants... ce qui est toujours décevant surtout en arrivant au paradis ! Mais quelle importance puisque nous ne nous arrêtons pas là. Une fois l'assiette léchée et reléchée, nous repartons, sur la plage cette fois-ci.Une autre heure plus tard nous arrivons enfin à notre hôtel... une plage immense, des palmiers qui ombragent une grande pelouse, des tentes et des hamacs... le prix des hamacs (derrière "la cantine" et accrochés bien serrés pour mettre plus de monde...) coutent déjà plus chers que notre chambre à Santa Marta ! Donc les tentes nous n'y pensons même pas ! Et mais c'est quoi tous ces gringos là ?!?! Ils étaient donc là ! C'est certain que c'est beaucoup moins angoissant de se dorer la pilule au paradis que de vraiment visiter la Colombie... avec tous ces sauvages qui n'attendent que de dépouiller le gringo fortuné, vaut mieux se planquer au milieu des autres blancos ! Bon. Pas grave nous en profiterons outre mesure malgré les notes douloureuses de "la cantine", et l'ambiance "colo-on est une grande famille qui parle anglais". Une fois de plus les photos seront plus explicites que moi... A noter... après une nuit finalement agréable, le jour nous réveille à 6h... et "la cantine" elle, ne se réveille qu'à 7h30... ce qui est compréhensible... claquettes chaussées nous traversons 2 plageounettes, puis arrive un petit chemin qui finit par débouler sur une 3ème plage... déserte... Heu... j'arrête là peut-être ? Pas la peine de vous raconter les 1ers rayons de soleil, l'eau déjà chaude, les pélicans et tout ça tout ça... Juste pour dire... C'était un truc de malade !!!!!

Une fois le café avalé, nous rebroussons chemin en s'arrêtant à chaque plage digne d'intérêt... c'est à dire toutes ! A nouveau la forêt et enfin Santa Marta... A ce moment là nous croyions avoir vécu la carte postale de notre voyage... c'était avant Riohacha....


Riohacha

Riohacha se trouve toujours plus vers le Venezuela, et dans une partie de la Colombie au climat encore plus chaud. A l'intérieur des terres, le désert... sauf, s'il pleut. Hors, vous l'aurez compris la saison des pluies a été efficace cette année, donc désert certes mais avec de l'herbe !

Ici c'est un peu comme Santa Marta, je veux dire, c'est une sorte de ville jumelle. Il n'y a donc pas grand chose à y faire. En revanche il y a le Cabo de la Vela, qu'il est difficile de rejoindre seul, étant donné qu'il n'y a pas de transport. D'abord il faut un peu passé par le désert, et puis au Cabo de la Vela, à part des paysages à tomber parterre et les Wayus, y'a rien ! Les Wayus sont une tribu indigène ( des sauvages sanguinaires vivant à moitié nu...je suis même pas sûre qu'ils aient internet, z'avez qu'à voir ! ) qui vit dans cette partie de la Colombie ainsi qu'au Venezuela. Pour les colombiens c'est un peu leur folklore... et oui il y a beaucoup, BEAUCOUP moins de natifs en Colombie, alors le peu qui reste est légèrement parqué, et LÉGÈREMENT utilisé comme argument de vente pour les tours. D'une part le côté zoo et d'autre part le côté "faut connaitre le chef sinon tu ne peux pas rentrer parce que t'es pas wayu et tu risques de te faire trancher la gorge et après ils vont utiliser ton crane pour se faire une lampe de chevet"... Bon mais comme y'a pas de bus pour aller là-bas, nous n'avons pas le choix. Et là pour le coup, des gringos nous n'en voyons pas foule... en fait pas du tout ! Ce qui est embêtant ( et ouais on est jamais content !!! ) parce que le 4x4 ne part qu'avec 4 personnes minimum... heureusement (ce mot sera regretté, moulte fois regretté !), un couple de colombiens à la retraite se joint à nous. Et nous voilà, sur les routes de sable... c'est parti, pas de temps à perdre. 2 jours c'est court, surtout lorsque nous découvrons la beauté des paysages... c'est un coup à griller une gaufrette cette histoire... Pendant 48h nous serons promener de plages de rêves en plages de... rêves, gaver de poissons plus frais que ca il est pas mort, bercer par le bruit des vagues dans notre hamac, nous endormant dans la douce lumière de la lune se reflétant dans l'eau... et largement emmerder par les 2 vieux chnocks, qui sous prétexte d'être colombiens se sont dit qu'ils allaient réorganiser ces 2 jours selon leurs envies ("Partons à midi au lieu de 14h30, nous serons plus vite à Riohacha, surtout que maintenant que les photos sont prises on a plus rien à foutre ici..."). Il aura fallu grogner un peu pour profiter jusqu'à la dernière micro-seconde de cet endroit hors du monde, où le temps semble ne pas exister... Et puis... mais vous le savez déjà... il est temps de partir, il est même temps de quitter la côte... Adieu ceviches poissons, soleil, plages...

Le voyage continue...

Ami-es, que cette nouvelle année vous apporte beaucoup de bonheur. Profitons tant qu'il en est encore temps... Nous pensons à vous tous.

La suite arrivera au plus vite !










vendredi 5 décembre 2008

Incident...

Il y a eu comme un méli-mélo...
Si vous souhaitez voir les photos, il faut, exceptionnellement, utiliser l'ancien lien :
http://picasaweb.google.es/Galietji
Pour la suite retour à la normale !

Tchô.

mardi 2 décembre 2008

2 décembre : commémoration de la mort de Pablo Escobar...

Nous avons fini par arriver à Cali... dont on entendait parler depuis si longtemps...
Alors est-ce l'effet grande ville ou l'effet grande ville ? Je ne sais... mais nous y sommes restés le temps de laver du linge, de grimper au sommet d'un mirador moche, de dicuter et de partager l'asado de Gunter ( si si Gunter... ), propriétaire de l'auberge où nous logions... Oui il est allemand !
Bref nous n'avons pas trainé et nous avons pris la direction d' Arménia, capitale de l'un des départements de la zone du café. Et comme c'est une ville fort laide nous avons pris la sage décision d'aller nous trouver un lit à Salento...
Et là... enfin un nouveau coin de paradis !
Salento est village magnifique posé au sommet d'une grosse colline, à 45 min du parc Cocora.
Là sur les conseils avisés de Gunter nous nous dirigeons vers l'hostal Plantation House...
Double effet kiss cool...
1er effet : 2 maisons en bois perdues au milieu d'une végétation exubérante avec les fleurs et les oiseaux qui vont avec, un accueil super gentil et notre chambre... pas franchement propre et pas franchement confortable mais avec au pied du lit une fenêtre donnant sur la vallée... Que demander de plus ? Dormir sous des couvertures bien chaudes en écoutant la pluie martelée le toit ? Pas de problème on est en pleine saison des pluies !
2ème effet : nos collocataires... c'était une réunion de gringos blablabant super fort et uniquement en anglais ( Pourquoi faire de l'espagnol ? Tout le monde parle anglais, non ? ), et pour parler de choses totalement ininteressantes ( " Oui cette musique... heu... c'est un rituel que j'ai quand je cuisine, et ce depuis mon 1er voyâââââge en 2000..." TA GUEULE ! ) tout en squattant la cuisine...
Bon pas grave de toute façon dés qu'il ne pleut plus ( ... ) on va se promener !

Précision : Oui alors, comme nous vous l'avons dit en ce moment c'est la saison de la flotte, donc il pleut. Sauf que cette année il pleut beaucoup, beaucoup, beaucoup... Sommières à côté c'est une flaque d'eau. Résultat : les fleuves débordent de leurs eaux boueuses, envahissent les champs et détruisent les maisons, les routes s'effondrent et/ou sont recouvertes par des éboulements de boues, de terre, d'arbres etc... Les ponts quant à eux ne sont plus qu'un vague souvenir...

Et comme le robinet semblait rester bien ouvert nous avons fini par partir en direction de la Vallée de Cocora avec la pluie. Comme c'est un peu loin à pied, nous avons eu droit (moyennant finace, 'videmment !) à un tour en jeep Willys (ça c'est trop bien, et puis surtout avec une jeep rin à fout' de la boue !), accompagnée de tout un tas d'anglais squatteurs et de Andrés pseudo guide de l'hostal...
Arrivées au départ de la ballade, nous étions dans les starting block... sauf que sans que nous ne puissions rien dire, les anglais se sont collés à nous avec Andrés en tête... 10 km à les supporter... franchement c'est long...
Bien heureusement ces 10 km étaient superbes... La spécialité du coin ce sont des grands palmiers ( jusqu'à 60 ou 80m de haut pour certains ) qui ne poussent qu'à une certaine altitude. Et être au milieu de montagnes avec une vallée remplie de palmiers ça un gout de pas anondin !
En dehors des palmiers y'a eu les chemins transformés en mer de boue, la rivière qui ressemblait plus à un torrent à traverser plusieurs fois (les autres ils avaient des bottes... pas cons les anglais ! Alors que les ronchons ils avaient les chaussures de marche... pratique mais pas pour traverser un torrent !), les éboulis à escalader etc, etc, etc... (N'empêche on est revenu les pieds secs !). Et tout ça ponctués de moultes paysages incroyables avec pour clore le spectacle un ballet aérien de colibris... De toutes les formes et de toutes les couleurs... Tout simplement féérique ! Mais je vous laisse le plaisir de voir tout ça en photos.
Retour à Salento, une dernière nuit au paradis et nous revoilà en direction d'Arménia afin de visiter le parc national du café... ah ben on est dans la région du café ou on n'y est pas... Je ne perdrais mon temps et pas la même occasion le votre en vous racontant cet endroit sans interet et qui se révèle en fait être un parc d'attractions. Passons.

De Arménia nous filons à Manizales, autre capitale d'un autre département caféier. Moche autant que la 1ère. Passons donc aussi.

Dernière destination avant la côte : Medellín. Ville très importante de Colombie dont nous avions aussi beaucoup entendu parlé. Il se trouve que lorsque nous étions à Quito attendant gentiment l'arrivée des parents, nous avions passés quelques heures en compagnie d'Armando et Sonia... 2 colombiens, je te le mets dans le mille Mimile...
Quand ils ont su que nous comptions aller en Colombie ils nous ont proposé de passer les voir ( c'était plus une évidence voire un ordre qu'une proposition ! ) et dans la foulée d'être hébergés à droite et à gauche en passant par Medellín chez Alfredo, frère d'Armando... Numéro de téléphone en main, nous avons donc appelé, ce qui est très génant !
Et bien sûr nous avons été accueillis comme si nous faisions partie de la famille.
Alfredo vient nous chercher au terminal de bus, nous fait manger plein de poulet grillé et nous ramène dans son foyer... et dans la voiture il nous explique que le quartier où il vit ( et travaille ) avec sa petite famille, Trinidad ( c'est le nom du quartier... ), est tout simplement le quartier le plus dangereux de Medellín !

Alors je vous explique : ce quartier s'est créé initialement á l'extérieur de Medellín et par grosso modo les prostitués et les dealers... Puis la ville et le quartier ont grossi et Medellín a finalement absorbé ce quartier initialement appelé barrio Antioquia. Ce qui n'a pas empêché que les choses empirent dans ce coin de la ville. Il y a 6 ans le maire a décidé de calmer un peu le jeu ( ... ) et hop il a éliminé plus ou moins tous les gangs qui sévissaient ( pour les chanceux qui connaissent The Shield... Putain on était en plein dedans ! J'ai pas arrété de chercher Vic !!! ). Au final, beaucoup moins de danger de mourrir, plus de gangs et une grande tolérance pour les dealers de coin de rue et les prostitués... Tu parles, ca les arrange vachement...
Bref...

Nous sommes arrivés au milieu de tout ca avec nos têtes de gringos, pas moyen de passer inapercu... Sauf que...
Nous avons visité le centre de Medellín et là, je ne me suis pas sentie rassurée, là quelqu'un a réussi à ouvrir une poche de mon sac, là nous avons vu une misère terrible...
Mais pas à Trinidad. A Trinidad nous avons fait partie instantanément des gens du quartier, ceux qui les interressait c'est ce que faisaient 2 blancos ici... mais pas longtemps vu que Noël approchant il fallait décorer le moindre rebord de fenêtre, faire plein de trucs à manger que tout le monde partage dans la rue en écoutant l'une ou l'autre des musiques qui sortent des maisons et boire de l'aguardiente, ou de la biére ou un tinto ( café )... Alors oui c'est vrai au milieu des pétards qui fusent sans cesse on entend des coups de feu, oui il y a des dealers aux coins des rues, mais j'ai vu personne fouiller dans une poubelle et récupérer 3 pauvres grains de riz ou un épis de maïs à moitié rongé pour pas crever de faim...
Voilà...

Et maintenant explication de l'intitulé... Pablo Escobar donc... Un des plus grands cartels de Colombie, et vivant vers Medellín. Cet homme a(vait) sur les mains beaucoup de sang ( mais beaucoup beaucoup ), et il se trouve que finalement il y a 15 ans de ca la police a réussi à lui mettre le grappin dessus ( avant c'était l'homme invisible je crois... ), et comme il essayait de s'enfuir par le toit ( il est con aussi... ) hop ils ont tiré plein de balles sur lui ce qui bien entendu l'a tué. Aprés ils se sont pris en photo avec le mort, ca fait bien dans les tableaux de chasse...
Bref, Escobar donc qui n'a vraiment pas fait que des bonnes choses, est aujourd'hui acclamé et pleuré par bon nombre de colombiens... tout simplement parce qu'avec tout son argent il a payé des maisons à ceux qui n'en avait pas, aidé des hopitaux etc etc etc....
Ca c'est un exemple de ce qui peut se passer en Colombie...
( C'est pas à Marseille, que le front national trouve du boulot et des logements à ceux qui sortent de prison... quelque soit leur couleur... ? )


Sur les 3 jours que nous avons passé à Medellín nous avons consacré 2 à la ville, surtout pour trouver tout ce qu'on pouvait sur Botero ( né à Medellín... forcément ils le montrent ! ), et nous n'avons pas été décu ! D'abord ballade au milieu d'une place regorgeant de ces sculptures et ensuite un musée dont un étage lui est quasiment dédié....
Et le dernier jour nous sommes allés difficilement ( 1h20 de route transformée en 3 á cause... de la flotte ! ) á Santa Se de Antioquia, ancienne capitale de la région...
Et ben ca c'est une jolie petite ville ! Ici c'est simple les grosses villes sont super vilaines et dés que l'on passe au format du dessous, c'est tout simplement magnifique... Ecrasés par la chaleur nous avons déambulé trés tranquillement dans les ruelles pavées et encadrées de maisons coloniales aux murs blancs et aux balcons colorés... faut pas risquer le coup de chaud ! Et puis nous avons degusté un énorme poisson sur une des terrasses ombragées de la place...
Que demander de plus ?

Un endroit pour se baigner ?
Justement nous trouvions que ca faisait longtemps que nous n'avions pas vu un océan pu une mer...

Avant de vous laisser, je vous dirais juste que là où nous avons posé nos sacs, il fait chaud, l'eau est tiéde et même les colombiens ont des têtes de gringos ici...



samedi 22 novembre 2008

Bienvenido en Columbia!

C'est excitant de passer la frontière ecuatoriano-columbiana. Ça fout un peu les chocotes aussi. D'une part car notre passeport n'est pas vraiment en règle bien qu'il le soit quand même. D'autre part parcequ'on nous bourre la cervelle occidentale avec les guerrilleros. Et si ce n'est pas avec eux, c'est avec la mafia, qui enlève les visages pâles en vue d'une rançon dodue ; ou bien encore avec les colombiens qui, c'est bien connu, sont ou terroristes, ou délinquants, ou narcotrafficants, ou junkies, ou voleurs etc.

Un ammas de présuposés erronés qui nuisent violemment au pays et à son rayonnement. Et bien sûr, oui, une bonne partie de la drogue s'en va aux États-unis d'Amérique sous forme de cocaïne, ce qui leur pose un problème aux gringos. Lesquels acculent ce pays pour une addiction qui sévit dans le leur. Toujours plus facile d'accuser le voisin, non? D'autant que les problèmes de drogue-addiction ne concernent ici que 2.5% de la population. Le sous-dévellopé est forcément coupable, source du mal, tandis que les acheteurs nord américains, eux, ne sont que de pauvres victimes, agneaux dans un monde tentateur où les vices affluent de l'extérieur. Si les bourges de Miami s'en foutent plein les narines de cette poudre immaculée, si hollywood est cocaïnomane s'est uniquement sous la pression d'une offre sans demande. Mon oeil...



Bref revenons à nos moutons car ce qui devait être une introduction s'est transformé en digression.



Vamonos d'Equateur, le visa expire. Pincement au coeur et excitation s'entremêlent. Quito : repos, boulot, bistrot, dodo. À présent, passage de frontière qui peut devenir l'enfer. Ça passe ou ça passe pas?! Comment savoir... Ça passe. C'est même plus difficile de sortir d'Équateur que de rentrer en Colombie. La queue est interminable et sort du bâtiment. Un seul bureau est ouvert, occupé par un seul douanier ralenti (c'est à dire un quart des capacités humaines normalement requises...) . Le tout saupoudré d'un prêcheur péruviens autoritaire vêtu comme un illuminé qui me donne un cours de religion avec comme appui les articles de la bible qu'il garde précieusement dans sa poche pour donner un peu d'autorité sacrée à ses balivernes. Jugement dernier, retour du christ (actuellement au Pérou, le seul pays au monde, dit-il bien que je lui garantisse le contraire, où il y a quatres saisons), méfaits de l'alcool, de la pensée etc. etc. etc. J'en passe et des meilleurs. Bref, on rentre en Colombie comme dans du beurre. Parfait parfait. Un bus attend plus loin pour nous diriger vers Popayàn notre première étape.



POPAYÀN.



La nuit avance plus vite que le bus, et nous faisons une petite pause nocturne pour souper dans un de ces petits endroits glauques de bord de route que nous affectionnons tant. Et qu'apprend-on? Depuis hier Popayàn est à feu et à sang, les vitrines éclatent sous le passage énervé des manifestants qui se sont fait "enculer" (pardon mémé) bien propre par l'affaire des pyramides (sorte de banques qui te garantissent jusqu'à 300% d'intérêts. Le peuple s'est rué vers eux comme vers le messie (comme toujours quand on te promet le paradis) et y à investi toute sa vie de travail. Mais un beau matin ces banquiers (race honnête et philantropique de l'humanité), alors que les gens attendaient l'ouverture de la caverne d'Ali Baba, avaient désertés les locaux pour le Panama avec plusieurs millions de dollars ; laissant parfois derrière eux un petit écritau : "merci, bande de cons, de nous avoir fait confiance". Ça a de quoi énerver, non? D'autant que beaucoup de Colombiens n'ont plus un rond et parfois même plus de maison aux suites de cette entourloupe.).

Du coup, l'État Uribétin a décrété un couvre feu suite aux violences qui embrasent le pays. Interdiction de sortir dans la rue au-delà de dix-huit heures. Comment va t-on faire pour trouver un endroit ou dormir en arrivant à minuit et demi? On tapera aux portes et puis on verra bien. Au pire, les millitaires nous embarqueront et nous pourrons dormir au chaud. Noooooon... On trouve quand même un gonze endormi et à moitié aveugle pour nous ouvrir sa collection de cadenas. Tout va bien.

Le lendemain, le soleil se lève sur une ville entièrement blanche (type Sucre, Bolivie), aux rues défoncées, surchargées de véhicules et de bruits citadins. Des gens dans la rue un peu paumés, sonnés par l'histoire des pyramides. Tous neufs dans ce pays, nous ne savons pas très bien comment se comporter, l'accent sud-colombien c'est du petit chinois aux heures matinales, et nous devons changer d'hôtel (cher et pérave...). Au final, on se la taille au terminal de bus, direction San Agustin.







La route pour se rendre jusque là traverse autant le paradis (paysages montagneux tropicaux infinis et infiniments variés) qu'elle te fait vivre un enfer (pas de photos... impossible). La route, de terre, est littéralement défoncée et littéralement sinueuse. Cinq heures d'émerveillement, donc, mais aussi de tassement de rein, de sauts collectifs, de coups de tête contre la plafond et les vitres, d'envie de dégobiller etc. Bref. Partie difficile à suporter qui te rebute à l'idée de la refaire dans l'autre sens. Ce que nous éviterons d'ailleurs. Toute cette zone, aujourd'hui sécurisée, fût un haut lieu de la guérilla (le paysage s'y prête faut dire) et il est toujours déconseillé de l'emprunter. Mais bon, c'est la route... Et si le nombre de FARCS a fortement diminué dans le secteur, il est hautement compensé par la présence incessante des militaires (toujours tapis dans des fourrés ceux-là). Cette espèce de l'humanité (philantropique, toujours) a la particularité d'être camouflée, ce qui fait que tu les aperçois toujours trop tard ; cachée sous un tissu également camouflé qui leur sert de canadienne, plutôt composée de petits jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans équipés d'armes anti-terroristes longues comme des bites de monarques (encore pardon mémé...). Quand tu les vois, comme ça, dans les moindres recoins, tu ne doutes pas une seconde que le pays vit une guerre interne. Et moi, je suis désolé, mais je n'arrive pas à faire pipi avec des tueurs boutonneux qui te reluquent, ni avec l'idée de confondre un buisson avec un maquis!



SAN AGUSTIN.(avec les testicules au niveau des amidales, le coeur et le foi inversés, les poumons dans les chaussettes etc.)




Bon ben c'est un haut lieu touristique! Ça signifie qu'il y a deux pelés et un tondu qui passe par là de temps à autre. La majorité sont colombiens, ce qui évite le risque de croiser des boulets comme on a pu en subir . Du moins les nouveaux boulets sont locaux... (on a croisé une bouffeuse de fromage quand même. Une babos. Elle avait plus l'air très nette celle-là. Complétement parano : "méfiez-vous! Méfiez-vous et faites attention quand même!").

Le bus nous propose, pour économiser l'essence de nous laisser à cinq kilomètres du point de chute. Le relai est pris par une voiture (sept dans le mini 4X4...), manoeuvrée par le chef de l'office du tourisme du village : George (prononcez "Rolré"). Lequel (surveillé de près par une autorité rattachée à la police touristique... police tout court en fait) n'est autre qu'un filou qui détourne les visiteurs vers ses propres intérêts et ses seuls copains le tout à des prix à géométrie variable selon la gueule, la nationalité et le feeling du client. Par chance il nous a apprécié... C'est ainsi que nous avons pu profiter pour une bouchée de pain de trois jours avec au programme découverte des environs (avec cultures du café, de la canne à sucre, du bambou, des granadillas ; le tout dans les payages métaphysiques des massifs andins ruisselants de cascades qui se jettent dans le rio Magdalena pour prendre la route de la côte caraïbe) à cheval, à pied et en Jeep. Visite de la campagne, certe, mais ausi d'une histoire pré-inca mystérieuse et inexpliquée, au travers des sculptures monolithiques (anthropomorphes, zoomorphes et anthropozoomorphes) parsemées ci et là. Cf. las fotografias.

San Agustin, en soi, n'est guère intérressante, hormis qu'une bonne partie de la population circule toujours à cheval ; ce qui donne une vague impression d'avoir effectué un retour dans le temps quand tu ouvres ta porte sur la rue le matin. Sinon, c'est l'ambiance village, glauque quoi. Les mecs entament une collection de bière depuis l'ouverture du bar pour le petit déj. Beaucoup de pichous (bon ils font plus peur que ceux de Montpellier, faut dire...) défoncés à ce qui traîne par-là (surtout à la chicha et à l'opium produis artisanalement par les paysans du coin). La nuit, les alarmes de voitures concurrencent les sons rythmés de la discothèque locale et des piaillements des pichasses en ruth (sous notre fenêtre évidemment...). Souvent des éclats de voix et de bouteilles de bière viennent saupoudrer cette symphonie nocturne, annonçant des combats de coqs, sûrement au sujet d'une des poules qui jacassent stupidement. La vie quoi. La nuit, San Agustin ressemble aux films de zombies de Carpenter et aux retour des morts-vivants...

Vamos!

Comme toujours, la fine équipe se lève aux aurores pour se bousiller les reins et compenser le manque d'amortisseur du bus. Même si le trajet paraît court, il vaut mieux prévoir large, car il est impossible d'imaginer la prochaine cause qui va te retarder...
Hop, en un tour de main et deux de vilebrequin, nous voici à la terminale terrestre de la Plata, où, paraît il nous pouvons rejoindre une correspondance pour San Andrès de Pisimbala et les mystères de Tierradentro.
"- Bonyour signor, y aurait il un bus pour San Andrès de Pisimbala dans les prochaines heures qui suivent?
- Mais oui mais oui! Dans une petite heure, d'ici même, même."

Une heure plus tard.

"-Rebonyour, peut on acheter le ticket pour le bus de 13 heure?
- Ah non, il faut le prendre à l'intérieur du bus. Attendez sur le quai."

Sur le quai...

"- Rerebonyour signor... comment dire, il arrive quand ce satané bus?!
-Lequel?
-Celui de 13 heures! Pour San Andrès de Pisimbala!
- Il n'y a pas de bus... Un éboulement de la montagne empêche toute circulation.
- Comment qu'on fait (ducon) (encore pardon mémé, mais des fois tu n'as pas d'autre issue que la vulgarité...)?
- Dans exactement 5 min. une voiturettte décolle du centre ville (1km vous pouvez y aller à pied ou prendre un taxi, mais vu qu'il décolle dans seulement 5 min. mieux vaut le taxi...) pour vous amener à une autre voiturette qui part de l'autre côté de l'éboulement.
-Merci. Salut."

5 Km plus loin, le centre ville...

"- Bonyour, kuf,kuf,kuf, elle est, kuf, déjà, kuf ,partie, kuf, la camionnette, kuf, pour , kuf, San Andrès de Pisimbala?
- (super mépris) Non, elle arrive d'un instant à l'autre, d'ici, une minute nada màs!
- Merci grosse "bip"."

Une heure et demi plus tard (et non une minute trente...) Arrive enfin cette foutue bagnole. Malgré tout, le moral des troupes reste bon. Pas d'insultes, pas de prise de bec, tous les cheveux restent sur la tête, Zen.
Hop, cinq minutes a l'arrière du pick-up et nous voici devant une sacrée chute de rocasses! Même en vélo il ne doit pas être évident de traverser ce bordel. Les pelles mécaniquent tentent de déblayer, pendant que de petits rochers trouvent encore amusant de dégringoler... Nous, on traverse religieusement les gravas, certains que la correspondance n'attend plus que nos miches...
Non, non, non, il faut attendre que le pick-up soit plein à craquer pour partir. Bien, patientons... Les gens devraient arriver vite! Non et non, il a fallu pas moins de deux heures! avant que la voiture ne soit pleine. Et deux heures nous attendent jusqu'à la San Andrès de Pisimbala...

Malgré tout, le moral des troupes reste bon. Pas d'insultes, pas de prises de bec, tous les cheveux restent sur la tête, Zen. Une journée pour normalement faire trois heures et demi de route... Normal. Routine.

SAN ANDRES DE PISIMBALA.

Nous voivi, enfin, à San Andrès de Pisimbala, au coeur de Tierradentro.
Ho ben dis donc... C'est plein de militaires ici! Qu'est ce qu'il se passe t-il donc? Y'a du FARC dans l'air ou quoi? Non non, contrôle du périmètre et sécurisation, pas de danger à l'horizon, R.A.S.
Ho ben dis donc... Les pré-pubères surarmés campent exactement juste devant la fenêtre de la cage à lapin que l'on vient de trouver. Oh, ils me parlent en plus, ils inspectent notre pièce par la fenêtre (simple mesure de curiosité), TU VEUX QUOI? Que je te prête MA guitare!?!?!? Mais heu, oui, bien sûr... Comment refuser à une si grande arme...heu si grande et... belle... âme... Tiens, vas-y, fout tes doigts sanguinaires sur le manche de ma gratte, il n'y a aucun problème. On peut faire un échange d'instrument de musique tant qu'on y est. Tu me prêtes la tienne et... Non? Non, d'accord. Tu n'as pas trop le sens de l'humour toi. Plus trop le sens de quoi que ce soit d'ailleurs.
(il faut savoir que l'ejercito colombien quadrille le périmètre comme je l'ai mentionné plus haut pour combattre d'éventuels FARCS. Mais ce n'est pas pour vérifier si l'épicier fait parti des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes (qui n'ont au demeurant plus rien de révolutionnaires, s'étant retranchées sur le Sarko heu... narcotrafique...), s'il s'en cache un sous les jupes ou dans les greniers des vieilles mamies, et encore moins pour protéger le peuple. Uribe à dû prendre cette mesure afin que les sites pétroliers et les mines d'or, aux mains des États-Unis d'Amérique au négroïde président (celui là, Sarko ne peut pas le renvoyer dans son pays!), pour fournir leur matières précieuses aux entreprises colonisatrices. Mais officiellement, ils combattent pour les colombiens... Alors chut, ne le répettez pas, cela pourrait se savoir...)
De toute manière, nous avons d'autres chats à fouetter. Tierradentro et ses énigmes nous attendent.

Durant toutes la journée nous avons foulé du pied les territoires Paeces (c'est le petit groupe ethnique qui possède les terres), vous constaterez leur toute "bôôté" sur les images. Nous avons marché, marché, marché, en haut, en bas, puis re en haut, toute la sainte journée. Les montées et descentes sont foutument raides non d'un crotin de bique.
Si nous avons ainsi galopé et gambaaaadé c'est pour pouvoir aprécier les Hypogées pré-incas, uniques au monde (tombes funéraires où étaient déposées les urnes des morts. Ces sortes de caveaux, subtériens, étaient creusés à la main, à même la roche volcanique. Certaines conservent encore leurs peintures rouges et noires dont les motifs ornent les cavités).
Alto de Ségovia (30 hypogées), el Duende (je sais plus), el Aguacate (6 hypogées), el Alto de San Andrès (8 hypogées), el Tablón (ah, pas une seule cette fois, mais 8 statues du type de celles de San Agustin) etc. Un fascinant gruyère. Civilisation énigmatique. Des taupes funestes.

Bref, brif, brouf. Hop, on est fracassés de la journée et demain, un bus doit nous attendre à six heures du mat sur la petite place principale.

Six heures du mat, le lendemain...

"-Olà. Il fout quoi le bus pour Cali?
- Y'aura pas de bus aujourd'hui.
-Ah, c'est embêtant cela. Et pourquoi?
- Parcequ'un volcan vient d'entrer en érection heu oups (encore pardon...) éruption, le pont qui traverse le fleuve à été emporté et dix autres risquent le même sort.
-C'est une bonne excuse, ma foi."

Et rebelote. Pour sortir, c'est comme pour entrer. On te parachute à un endroit (où une antenne télévisée est venue couvrir l'heureux évènement médiatique), tu poirautes deux heures pour reprendre la même voiture, et ensuite tu fais du 25 km/h pendant deux autres heures pour qu'on te largue au bord de la panaméricaine, où, très certainement mais tu commences à devenir dubitatif, un autre bus t'achemineras (à fond la caisse cette fois-ci) au bout de deux heures et demi à Cali. Troisième ville afro d'Amérique du sud, capitale de la salsa et de la fête, et des plus jolies femmes.

Malgré tout, le moral des troupes reste bon. Pas d'insultes, pas de prises de bec, tous les cheveux restent sur la tête, Zeeeeen.

lundi 10 novembre 2008

Chantal, Domi et Bernard en Equateur... Toute une histoire !

Ingrédients de cette aventure :


Incidents :
- Episodes divers et variés du mal des montagnes
-Turista
-Mal au coeur récurrent dans les bus.. surtout la nuit...
-Vomissements
-Trop froid... trop chaud... trop de pluie...
-Manque de sommeil


Accidents :
- Superbe entorse de la cheville après une chute spectaculaire dans le terminal de bus de Quito
-Magnifique écorchage de la jambe après une pauvre chute minable mais, à la Lagune de Quilotoa !


Rencontres :
-Un couple de hollandais tout à fait coincé, pincé et limite con
-Un guide voleur de couteau
-Une tarentule
-Chino et sa bande
-Galvan
-Un couple de hollandais (y'a eu un truc avec les hollandais !) super gentil, trop cool.. p'têt parce que c'était des jeunes... Rho, ça va je rigoooooooooooooole !


Tribulations :
-Ascension d'un volcan ( oui... heu... juste la fin ! )
-Ballade à cheval ( courte mais éprouvante pour certain...e ! )
-4 jours dans la jungle
-Passages réguliers de 0 à 4700m d'altitude ( le plus haut ) avec une moyenne de stagnation à 2500m
-Descente en vélo de Baños à Puyo ( presque.. la faute à la pluie.. ah... trop de pluie ! )
-Petit bain mouvementé dans l'océan pacifique qui ne porte pas bien son nom comme chacun sait



Hors donc, commençons par le commencement ça sera beaucoup plus simple pour tout le monde...

Lundi 20 octobre, 19h30 arrivée des parents à l'aéroport de Quito... Faut être honnête, nous étions un peu énervés-exités de les voir...
19h30, nous sommes en place derrière une poubelle surmontée d'un pot de fleurs... tactique tout voir sans être vu ! Bon, on a tout vu, tous les passagers de au moins 2 avions... mais de parents.. point...
Oh déception !
Rattage d'avion à Miami...
22h... même poubelle, même pot de fleurs... Mais cette fois les voilà ! 1ère impression : ce qu'ils sont blancs, les parents !!
Bisous bisous, embrassages, osculation de la tête aux pieds des mères, un taxi et nous voilà à l'hôtel... Fin de la 1ère journée, tout le monde au lit, mort de fatigue.
Mais dés le lendemain, efficacité oblige, 3 semaines pour faire tout ce qu'ils ont prévu, c'est chaud... En fait c'est impossible... Mais on va faire au mieux !


En 4 jours à Quito nous avons...
-choppé des torticolis à admirer églises, cathédrales et chapelles magnifiques avec de l'or, de l'or et encore un peu d'or parce que c'est joli l'or... et puis l'argent et l'or ça se mélange pas... parait-il... Dans ces mêmes lieux de cultes nous avons eu un aperçu de l'évangélisation violente et intransigeante des espagnols sur les indigènes ( nottamment à l'aide de peintures représentant les affres de l'enfer, ou encore l'ami Saint-Pierre choisissant les gentils blancs riches pour les envoyer direct au paradis alors que les méchants noirs pauvres et païens se retrouvaient direct dans le tableau précédent... ). Il y a eu aussi l'ascension du clocher à 70m de haut avec vue sur Quito ( Encore heureux ! A cette hauteur manquerait plus qu'il y ait un vis-à-vis !)... par... bibi... Abandon des autres en cours d'escaliers ou autres échelles branlantes... Nous ne sommes pas égaux devant le vertige !

-visité la maison de M. Rafael Correa, président de l'Equateur dont nous vous avons déjà parlé... en fait de maison le palais présidentiel, avec un petit aperçu sur l'entrée... pas plus... J'aurais quand même bien aimé voir l'Homme... et lui dire que bon.. maintenant fallait pas déconner ! Mais il était pas là... peut-être il avait piscine.. je sais pas...


-déambulé de nombreuses fois et à diverses heures sur la Plaza Grande, qui est très très yolie, arpenté les rues coloniales du vieux Quito très très yolies elles aussi. A Quito que du colonial rien de plus ancien, car à l'arrivée des conquistadors espagnols, l'Inca ( veuillez pardonner ma mémoire... son nom m'échappe...) décida de raser sa ville afin de ne rien laisser aux nouveaux envahisseurs ( ben oui les Incas en étaient déjà... pas tendres non plus... ).


-pris le téléphérique, nouvelle activité de Quito, qui nous a emporté à 4100 m d'altitude, à quelques 3h du sommet du volcan... Avant de commencer la grimpette, les appareils photos ont été largement dégainés dans le but de conserver la vue incroyable de cette ville qui s'étend tout en longueur coincée entre d'immenses sommets...
Précisions : A cet instant précis cela fait plusieurs jours que Chantal tente de se débarasser de ses maux de têtes et nausées, propres au mal des montagnes... mais sans grand succés... Quito est à environ 2500m et je vous rappelle que nous venons d'atteindre les 4100...
Le temps tourne mal, de gros nuages menaçants nous envahissent et nous cachent la vue... mais la tentation du volcan est trop grande... nous entamons la marche et là... un taxi à pattes et à poils, avec une grande queue et une belle crinière... se propose de nous avancer de 1h...
C'est parti, chacun sur sa monture... Oui mais.... pauvre Chantal, qui se laisse très vite envahir par une terreur certaine ! 1 h plus tard nous laissons repartir les chevaux avec les 2 guides adorables mais très angoissées de nous voir nous enfoncer dans cette mélasse et en nous faisant promettre qu'aux 1ères goutes de pluie nous ferions demi-tour pronto !
Coup de chance pas une goutte... mais le chemin est parfois difficile. Avant la dernière partie ( la plus hardue ), Domi et Chantal s'installent dans un renfoncement, à moitié frigorifiées et les 3 autres repartent...
Jérémi grimpe comme un chamoix, Bernard comme cabri et bibi comme une palourde... Finalement nous y arrivons ! Pas de vue trop de nuages, mais fiers comme si nous venions d'acquérir un bar-tabac tout neuf !


-nous avons... visité la Mitad del Mundo...

Quoi ? C'est long ??? Ah ben oui on a fait plein de trucs à Quito !

DONC...on ne niera pas que l'Equateur passe par l'Equateur ( héhéhé... ) et qu'en plus elle passe ( la ligne ) dans le coin. Nous arrivons donc dans un endroit dédié au milieu du monde et pardonnez moi, mais en dehors d'un batiment moche ( localisation que des zéros mais j'y comprends pas grand chose ) d'où part un beau tracé rouge ( LE MILIEU DU MONDE !!!!! Ouhouhou... ), quelques pavillons explicatifs et plein de restos et boutiques de souvenirs... pas grand chose à voir... Qui plus est... la ligne d'Equateur semble ne pas être bien localisée...elle serait 200m plus loin... Résultat la photo un pied de chaque côté de la ligne n'a aucun sens... mais qui y résiste ? Pas nous !
Au sortir de ce "parc d'attraction" un jeune homme nous accroche et nous propose de venir faire un tour dans son micro musée où il nous dévoilera la véritable histoire de l'Equateur ( la ligne... Faut suivre ! ). Nous nous laissons tenter et écoutons comme des enfants une conte, les recherches archéologiques, astrologiques et historiques réalisées autour de cet endroit un tant soit peu mythique et mystérieux. Je ne vais pas vous la refaire ( beaucoup trop compliqué de se rappeler de tout ! ) mais nous avons trouvé là, enfin, des informations sensées et interressantes, comme par exemple le fait que l'Equateur est le seul des pays traversés par la ligne possédant des montagnes ( et pas des montagnes de nains ! ) ce qui a permi de réaliser les mesures grâce à des repères fixes... bien entendu il nous a montré sur une carte la localisation de sites incas et pré-incas alignés sur diverses lignes géométriques d'équinoxes, solstices et autres trucs de soleil, saisons etc... Etrange tout de même, admettons le...
La Mitad del Mundo... oui, mais bon...


-un dernier petit truc !
Bernard a achevé Chantal ( toujour sous le joug du mal des montagnes ) en nous emmenant assisté à une corrida... enfin une corrida de bébé torreros... Malgré tout il faut reconnaitre que lorsque l'on n'est pas habitué, une mise à mort c'est toujours un peu hard core ! Mais Chantal va au bout de tout !

-PS : un concert de Malher gratuit dans le théatre Bolivar (ancien 1er théâtre d'Amérique du Sud, il est maintenant derrière celui de Buenos Aires)... Jusque là rien de bien extraodinaire... oui mais ce théâtre a été détruit à 70% par un incendie du Pizza Hut voisin ( je me passerai de faire des commentaires désobligeants sur ce type d'endroits... ), dont les propriétaires sont les plus célèbres avocats de Quito... Vous imaginez, que le pauvre théâtre Bolivar n'est pas prét d'être remis à neuf... Total, nous avons assisté à ce concert dans un décor de cinéma, les murs brulés, les blacons détruits, des structures métalliques surgissant de nulle-part et encore une légère odeur de brulé... Incroyable moment...



Voilà pour Quito, j'en ai probablement oublié, mais c'est comme ça, fallait venir si vous vouliez tout savoir !!
Rhooo mais oui je rigoooooooooooooooole encore...


Avant de vraiment quitter Quito, un petit aller-retour à Otavalo la ville de l'artisanat !
Otavalo possède un très grand marché allant de l'alimentation ( attention les yeux et les papilles dés que l'on s'approche des fruits !! ), à l'artisanat donc, en passant par tout ce que vous pouvez imaginer, si si, tout ! Le samedi c'est LE jour, donc nous y allons un samedi, pas con...
Chantal a du mal à profiter... toujours le soroche qui lui prend la tête, c'est le cas de le dire...
Les autres en revanche errent entre les stands de bijoux, habits, tissus, sacs, écharpes, tapis, attrape-rêves etc etc etc... Des couleurs plein les yeux, et le dollar en bandoulière...
Ici il est difficile de sortir de notre rôle de gringos plein de fric...
C'est aussi la loi...


Dernière nuit à Quito, avant de partir pour Lago Agrio.
Après quelques 4 jours à fouiner dans la capitale, nous prennons la route, direction la jungle.
Lever matinal, car 7h de bus nous attendent et nous devons arriver à tant pour trouver un guide ( pas le droit à l'erreur, aucune perte de temps sera tolérée... ).
Sacs à dos arnachés nous voilà tous les 5 à l'entrée du terminal de bus, moi en tête...
Et là, j'entends un " Domi ! " qui me glace le sang, je réalise le 1/2 tour le plus rapide du monde, juste à temps pour voir ma mère s'étaler de tout son long face contre terre, la tête heurtant le sol avec un sale bruit... genre poc...
Alors ça j'ai pas aimé, j'ai vraiment pas aimé ! Je veux dire, là j'ai au moins perdu 2 ans d'espérance de vie !
En un bond nous étions tous là, moi lui soulevant la tête... Et oui je sais FAUT SURTOUT PAS FAIRE ÇA... ben ouais mais j'ai même pas eu le temps d'y penser... Sont marrants eux... j'aurais bien aimé vous voir à ma place !
Bref... Soulevage de tête donc.. et ho surprise générale, rien... pas une goute de sang, pas une bosse, même pas un micro bleu ! Tour de controle intacte... ce qui n'est pas le cas des fondations. Dans la seconde maman nous dit que tout va bien sauf la magnifique entorse qu'elle vient de se faire à la cheville....

Oh B..... de P.... à M.... Comment on va faire !?!?!?!?

Nous n'en avons aucune idée mais c'est pas grave, nous ne louperons pas notre bus !
Et c'est claudiquante que Domi s'installe dans son fauteuil...
Ce sera un voyage long, quelque peu pénible, ( c'est toujours plus difficile quand il ya 2 fois plus de monde que de sièges... ), chaud, mais qu'importe les paysages sont grandioses et nous sentons déjà ce climat lourd, chaud et humide, que Jiji et moi affectionnons tant...
A peine arrivée, 2-3 questions et un coup de téléphone plus tard, et nous voilà installés face au président de la chambre de tourisme de Lago Agrio... A ce qu'il dit... aucune importance, ce que nous voulons c'est partir dés demain...
Ce qui bien entendu ne pose aucun problème... et le programme est alléchant...

9h du mat au garde à vous, on y va oui ou non ?!?
Oui mais avant il faut récupérer un couple de... je te le mets dans le mille mimile, un couple de Hollandais. Nous sautons dans le minibus... oui ma mère ne saute pas, elle grimpe comme elle peut... et nous fonçons à l'aéroport...
Débarassons nous d'rux dés maintenant : Arrivent alors Mr et Mme les hollandais ( aucun souvenir de leurs prénoms... ). 1er problème nous ne parlons pas hollandais, et eux pas espagnol... faudra se débrouiller avec un peu d'anglais et de français que Mr parle un peu.
Nous essayons de lier connaissance avec eux, après tout nous allons passer 4 jours ensemble autant que ce soit dans une bonne ambiance... Le truc c'est que pour ça il faut que tout le monde y mette du sien, ce qui n'arrivera pas.
En 4 jours nous sommes parvenus 1 seule fois à faire sourire Mme mais Mr... mission impossible, ils ont du perdre plein de kilos à force de ne pas manger les plats succulents concoctés pas Marco et Jennifer ( sauf les pates...ça les pates c'est bien, c'est sûr, on risque pas d'attraper des maladies rares et mortelles... ), leurs t-shirts blanc immaculé le sont restés ( alors ça je donnerais beaucoup pour savoir comment ils ont réussi ce coup là ), etc etc... Nous avons fini par savoir que leurs vacances de 3 semaines avaient débuté au Machu Picchu, vol direct ensuite pour les Galapagos et enfin la jungle... c'est sûr que ça a du leur faire drôle... tellement drôle qu'ils seront repartis avant la fin du 4ème jour !
Ça c'est fait n'en parlons plus...
Après 2h30 de mini-bus et 2h de pirogue nous arrivons à notre campement... pas d'électricité, pas de murs ( heureusement moustiquaire ), et l'eau de la lagune pour se doucher... Le rêve... Si si je suis très sérieuse, nous avons trouvé un coin de paradis dans lequel nous nous serions oubliés avec plaisir...
Notre guide "officiel" c'est Pato... Officiel ça veut dire que c'est lui notre meilleur ami, que nous allons tout faire avec lui, que c'est lui qui doit répondre à toutes nos questions etc... Et Pato est très gentil ( des cheveux à faire pâlir d'envie n'importe qui, vote unanime de la gente féminine ), très attentioné... mais se révèle un peu interressé par les gringos et tente d'oublier de me rendre MON couteau suisse offert par mon frangin avant le départ... Ça c'est pas beau et un peu décevant...
Mais ça n'est qu'une anecdote.
Le 1er soir nous partons de bottes chaussées faire une expédition nocturne ( à part Domi... )... Pendant 1h30 nous avançons dans la forêt, éclairée par nos frontales à la recherche d'insectes et autres bestioles... Nous croiserons araignées, vers luisants, oiseaux, cafards, papillons, feuilles phosphorescentes, chenilles...
Mais surtout chaque nuit passée se révèlera un concert extraordinaire et merveilleux que nous ne lasseront pas d'écouter...
Les jours suivants seront remplis de ballades en forêt mais de jour ( là encore faunes et flores incroyables pour nous pauvres européens, avec une belle tarentule en pochette surprise ! ), de navigations sur les lagunes et rivières labyrinthiques à la recherche d'oiseaux, anacondas dauphins, singes, caïmans et pirañas ( repérés : bébé ananconda de 1m de long... dauphins roses mais vite fait, les yeux des caïmans la nuit à fleur d'eau, une bande de singes qui nous ont observés avec la même tête d'ahuris que nous... Péchés : 2 pirañas par Domi ! ) et visite dans une communauté qui n'était autre chose qu'un apport financier pour la-dite communauté. Nous y avons fabriqué un pain de Yucca ( MIAM ! De toute façon la yucca ça rend fou... ), que nous avons payé un prix incohérent, puis nous avons du acheter des bijoux hors de prix aux enfants ( sous le regard attentif de la grand-mère ), et éviter de parler trop aux villageois qui de toute façon ne pouvaient pas articuler un mot pour cause d'états éthiliques avancés... franchement je ne vois pas trop l'intéret...
Et puis aussi... les courageux ( Domi, Jérémi et votre servitrice ou-teuse comme vous voulez ! ) ont plongés dans les eaux chaudes et marrons du rio, le soleil s'est montré le temps de darder ses rayons couchants sur la lagune... sons et lumières inoubliables et uniques, et... le meilleur pour la fin... Lors d'une sortie en pirogue, une PETITE tarentule s'est malicieusement glissée sous la main de Domi ( il faut savoir que ma mère est arachnophobe ! Sinon c'est franchement moins drôle !! ) , laquelle a oublié son entorse et s'est retouvé 3 fauteuils devant dans les bras de Chantal me laissant nez à nez avec la bête ! Wilson ( je vous en parle desuite... ) notre sauveur, s'est tranquillement levé, a fait office de support pour le monstre ( qui se promenait tranquillement sur son dos.... ) jusqu'à que nous la déposions proche de la rive... ni une ni deux elle a marché sur l'eau... SI ELLE A MARCHE SUR L'EAU et hop disparue dans un arbre !
Et maintenant un petit hommage à Wilson, qui lui n'était que l'homme des plantes et des animaux... voyez, c'était pas LE guide... Oui et ben, c'est avec lui que nous avons vu et appris le plus de choses, découvert les plantes et leurs vertus médicinales, manger des fourmis au gout de citrons, et observé beaucoup d'espèces soient repérés par ses yeux d'homme de la forêt soient attirés par ses imitations parfaites... Un soir il s'est éloigné de quelques mètres de notre campement, il a trifouillé 5 min et est revenu avec un bébé caïman que nous avons caliné même si lui il était pas trop calin !
Wilson...

La jungle nous y sommes vraiment bien, nous aimerions que le temps s'arrète un peu, mais heu... ça c'est pas possible !

Retour à Lago Agrio ( ce qui signifie lac amer... en référence à la ville du même nom aux USA et pour les mêmes raisons, à savoir un important gisement de pétrole qui fait se lécher les babines des puissances de ce beau monde, et qui bien sûr n'ont absolument rien à foutre ( pardonnez mais enfin là... ) de détruire encore et toujours le bassin amazonien qui ne l'oublions pas nous tient pas mal en vie... )... et départ le soir même pour Quito qui ne sera qu'une escale obligée dans le trajet.
Et là... bon je reconnais que les chauffeurs de bus sont fort peu délicats, j'irais même jusqu'à dire que la route c'est un jeu de voitures géants... A fond la caisse, les virages on les prend comme ils arrivent, ça passe... ça passe toujours ! Oui mais bon, il ne faut pas être trop sensible aux transports...
Ce qui n'est pas le cas de Chantal... qui passe une nuit horrible, mal au coeur et ce qui va avec ce genre de maux...

A peine arrivés à Quito, les yeux au milieu de la figure... surtout Chantal... nous repartons direction Latacunga et de Latacunga à Quilotoa...
Nous ferons ce dernier trajet à l'arrière d'une camionnette, avec quelques centaines de kilos, d'oignons, tomates, patates etc... en l'espace de 2 heures nous nous retrouvons à 4000m d'altitude en passant par des paysages une fois de plus abasourdissant de beauté...
Quilotoa, ce sont quelques maisons... enfin surtout des gites pour nous les blancos, qui flanquent la lagune de Quilotoa... qui n'est autre qu'un lac immense se reposant dans le cratère d'un volcan... Les photos parlent d'elles-mêmes...
A l'arrivée les troupes commencent à partir en débacle...Chantal épuisée par ce long trajet commence sa nuit vers 16h ( avec une vague pause 3 cuillères de soupe...) et maman résiste jusqu'après le repas, moment où elle subit une attaque en force de turista doublée... du mal des montagnes... elle sera morte jusqu'à ce que nous redescendions le lendemain après -midi...
Les autres se portent bien !
Ah j'oubliais.. en dehors de la salle à manger chauffée par un bon gros poële, les chambres sont glaciales et la douche un enfer... mais l'endroit est une merveille, qu'importe alors le froid...
Le lendemain matin nous décidons de vite aller faire un tour vers la Lagune, en espérant que maman ne trépasse pas dans son lit qu'elle n'envisage plus de quitter...
Jiji et moi abandonnons mon père et Chantal pour faire le plus possible du tour du volcan.. le tour entier est trop long... Et c'est en prenant une photo que je me vautre comme une pauvre crotte, et que je reviens la jambe en sang pour moi aussi faire mon interressante ! ;o)
Nous revenons bien vite afin de redescendre à Latacunga et filer vers Baños ce qui devrait sauver Domi... et c'est là que le côté obscur du village se révèle... Déjà, depuis le matin nous nous faisions harceler pour acheter,n'importe quoi mais acheter... ce que nous avions fait ( comment résiter aux écharpes et bonnets si yolis ! ), mais qu'importe ça n'était pas suffisant. Il était convenu que notre chauffeurde l'aller vienne nous reprendre et nous ramène... mais comme par hasard Balthazar, impossible de joindre le garçon au moment de partir... mais coup de chance, justement une autre chauffeur se présente ! Ça alors quand même, c'est vraiment du bol ! Sauf que lui nous demande 50 $ ! La montée nous en avait couté 10.... Connaissant un peu les prix pratiqués en Equateur, 50 $ c'est une somme énorme surtout pour ce trajet...
2 français se joignent à nous et nous partons pour 25 $... Hélas à l'arrivée notre chauffeur refuse l'argent et demande toujours plus... il faudra que je pique une bonne vieille colère et que Jérémi lui donne l'argent de force...
Ce sont des moments écoeurants et inévitables mais qui tachent un peu un voyage...

Passons...
Avant l'arrivée à Baños, c'était oublié et maman avait retrouvé une couleur humaine et l'espoir que oui son mal était curable !
Baños vit accrochée à un volcan ( y'a plein de volcans ici... l'Auvergne est insignifiante à côté ! ). Et ce volcan, il y a quelques années s'est un peu énervé ( coulées laves, cendres et tous les trucs de volcan )... la ville a été évacuée dans l'attente que le calme revienne... mais le temps passant , les risques de nouvelles éruptions étaient toujours présents et les habitants n'étaient pas autorisés à regagner leurs foyers... Lassés de patienter, les bañiens ( c'est un essai.. ) n'ont plus tenu compte de l'interdiction et sont rentrés chez eux... depuis le volcan crachotte et peut à tout moment se réveiller, mais les touristes équatoriens et étrangers sont revenus profiter de toutes les possibilités qu'offrent Baños.
Le doux climat de la ville a redonné des forces à tout le monde, et après s'être gavés de la spécialité, du caramel de sucre de canne que les fabriquants travaillent sous nos yeux toute la journée à la force des bras ( énormissimément délicieux... ), certains ont enfourché des VTT pourris pour faire la descente jusqu'à Puyo ( 61 km ), et certaines sont parties explorer les cascades du coin.
Tout le monde est revenu mouillé mais les cyclistes plus... la pluie les aura arrétés à quelques km de Puyo. Quelques dollars dépensés dans de jolis souvenirs et il faut déjà repartir le temps passe...

Prochaine étape... cette chère bonne vieille ville de Cuenca... soyons honnêtes, dans le bus y'en a deux qui sont surexcités... les km défilent et nous arrivons enfin... C'est un peu comme de rentrer chez nous... En peu de temps nous y avions ttrouvé nos repères, nos amis, nos habitudes...
passage express à l'hôtel, judicieusement choisi pour sa localisation... 2 cuadras de la Siembra !
Et nous filons faire la surpise à Chino...
... qui évidemment n'est pas là !
C'est Giovanni qui nous accueille, placide à son habitude, mais avec dans le fond de l'oeil une lumière qui nous émeut...
Nous nous installons et quelques minutes après Chino entre ( l'oeil vitreux pour le coup, et la barbe fatiguée, mais viennent de se dérouler les fêtes de Cuenca célèbres dans tout l'Equateur... ceci explique cela... ), et met quelques secondes à comprendre... Je crois qu'il a failli nous claquer sous le nez ! Après s'être retenu à une table, nous nous retrouvons, calins, bisous et larmes à l'oeil...
Les parents sont accueillis comme des rois et admettons-le, tout la bande craque pour Chantal !
Les jours que nous passons là-bas, sont consacrés à Cuenca tant que le soleil... heu la pluie pardon, est là et à la Siembra dés que la nuit arrive...
Comme prévu Bernard, Domi et Chantal tombent sous le charme de Cuenca ( et de Chino, et de Pablo, et de Martin et d'Esteban et... oh ça suffit là ! ).
En vrac, dans le désordre et de façon aléatoire : visite du musée du chapeau ( l'histoire du panama qui n'est pas un panama mais un Montechristi, si on ne vous l'a pas racontée, on vous la racontera à notre retour, promis juré ! ), dégustation du chancho al horno ( cochon entier au four ) et du chanco à la barbosa ( le même mais version méchoui ), visite à notre ancienne propriétaire, déambulations dans les rues de Cuenca, achats ,des tas d'achats ( ça c'est bien ! ), visite du museo del banco ( super déçus nous étions, mème si nous avons vu de vraies têtes réduites... ) et d'un vivarium, excursion à Ingapirca plus grand site inca et pré-inca d'Equateur, et apprentissage du cuarenta pour les parents en buvant plein de coups.
Et oh, j'oubliais... rencontre avec le Che, propriétaire du resto où l'on mange le délicieux chancho a la barbosa... C'est le même qui a fait travailler Jérémi toute une journée... Petit moment d'émotion quand nous l'avons quitté, surtout pour Jé.
Les soirs nous ( c'est à dire le grand roux...merde je me plante tout le temps...pardon... le grand blond vénitien et moi-même... ) les avons consacrés au maximum à notre potissime Chino...
Le dernier soir, l'ambiance était un peu lourde, et c'est la voix tremblotante que je suis retournée à l'hôtel, la mort dans l'âme... merde c'est dur de quitter les gens...
Mais c'était sans compter sur Chinito...
A 7h10 le lendemain matin nous étions sur le point de monter une fois de plus dans un bus, quand il est arrivé pour nous dire aurevoir une dernière fois...

Avant-dernier trajet : Cuenca-Guayaquil-Santa Elena-Ayampe...
Oui vous connaissez déjà... Nous y avions séjournés 2 jours, chez Galvan, lorsque nous étions aller voir les baleines...
Nous ne pouvions pas laisser partir les parents sans voir le paradis !
De nouveau l'ambiance chaude et moite ( et pluvieuse... ) de la forêt toute proche, les bruits et les odeurs, les fleurs multicolores et les colibris...
Galvan est absent.. mais heureusement un couple de... Hollandais est là pour nous accueillir, informé de notre arrivée.
Eux non plus, je ne me souviens pas de leurs prénoms, mais nous avons passé avec eux quelques moments vraiment sympathiques, et les mères sont tombées sous le charme du jeune hollandais !
Dés le retour de Galvan, c'est la fête, là encore une accueil d'une grande chaleur. Nous y passerons 1 nuit mais à chaque instant (et à chaque repas ! Indescriptible ce que nous avons mangé... ) Galvan fera en sorte que l'on soit bien..
Peu d'activités culturelles à Ayampe mais heureusement ! L'océan nous attend, tiède mais violent ! Nous prendrons presque tous un bain, malmenés par les vagues et les galets qui viennent frapper nos mollets, Jérémi fera sa 1ere tentative de surf... ( oui ben c'était la 1ère fois en même temps... A quoi vous vous attendiez !?!?! ), et tout le monde repartira avec sa petite collection de cailloux multicolores et coquillages.
Et puis l'heure fatidique arrive... Encore une fois quitter un ami. Ciao Galvan !
Il nous faut rejoindre Puerto Lopez pour le bus de nuit à Quito. Ce court trajet se fera dans une autre camionette, sous le ciel étoilée de la côte... dernier instant arrété et gravé dans nos mémoires.

Dernier trajet donc, de nuit au grand désespoir de Chantal, qui plie mais ne rompt pas (...) et pas de bol, un chauffeur super fou ! C'est bien simple, je crois qu'il a passé la nuit a essayé de renverser le bus... vous savez comme les 2-chevaux...
Dimanche , dernière journée passée ensemble... la fatigue l'emporte un peu... mais le soir venu, les sacs faits, nous nous retrouvons autour d'un bon vin et d'un bon repas.
La soirée se termine tôt, les paupières se font très lourdes et le réveil va sonner à 4h45...
Ce matin nous avons donc accompagné Chantal, Domi et Bernard à l'aéroport...
Avec la très nette impression que nous venions à peine de les accueillir...
En l'espace de quelques minutes ils ont disparus... Nous avions bien les yeux brillants de les quitter, mais bientôt il y aura de nouvelles retrouvailles.

Papa, Maman et Chantal, merci de ces 3 semaines passées avec nous, c'étaient de grands moments de joies et de bonheur. Et pour nous une nouvelle façon de voyager. Nous espérons que pour vous il n'y aura que de bons souvenirs.

Quant à nous, nous prennons quelques jours de repos à Quito, avant de partir vers la Colombie..
J'espère que ce récit n'aura pas été trop fastidieux...
A bientôt familles et ami-es...











lundi 20 octobre 2008

De Cuenca vers Quito.(avec et sans accent, fautes de clavier...)

Cuenca posséde ses attraits, ses coups de coeur, ses rencontres etc. Mais les lois de l'itinérance impliquent qu'á une arrivée succede un départ. De cette courte vie passée a Cuenca une chose füt difficile a laisser, ou plutöt une personne : Chino! Le meilleur moyen d'atténuer les affres de la séparation serait de l'emporter dans nos bagages. L'homme est facile a corrompre, surtout lorsqu'il n'a pas manqué, depuis cinq ans, une seule ouverture de son bar. Le bougre va mëme précipiter le départ. De sorte que nous sommes partis 1 matin comme des ombres, sans se préparer ni se retourner.

-MONTAÑITA-

Notre trio emprunte la mëme route que pour se rendre á Ayampe, mais en faisant étape trois nuits a Montañita. Ce nom ne sonne peut ëtre pas familierement á vos oreilles, mais ce petit village paisible connaït une renommée mondiale.
Pour le surf tout d'abord, car la baie fournit d'inlassables vagues. Lesquelles viennent écumer de larges plages vierges et sans fin. Juste une incitation á marcher, á errer sans obstacles.
Et pour la drogue aussi. 90% de la population est addict á quelque chose. Avant de te vendre un hébergement on te propose déjá marijuana, cocaïne, crack, héroïne etc. La ville s'éveille tranquilement vers les 13/14 heures, comme peuplée de zombies. Il faut dire que la raison de vivre de Montañita, c'est la fiesta. 365 nuits par an sans interruption avec orgies maximales les soirs de pleine lune. Ca pompe l'énergie tout ca, et ca trompe les oiseaux charognards qui survolent les rues pensant recevoir, d'ici peu, un cadavre tout chaud.
Pour toutes ces raisons, les européens, étatsuniens et israéliens sont trés friands du village... Ils restent trois semaines, un, deux, trois mois afin de bien s'imbiber de son ambiance.
Nous avons rencontré un trés bon ami de Chino qui vit lá-bas depuis trop longtemps. Ce fou furieux d'une cinquantaine d'année prétend cacher un livre (rédigé par ses soins) en Colombie relatant la vraie vie de J.C.. Toutes ces vérités que le Vatican, l'Opus Dei et autres organisations de criminalité théologique déforment(J.P.II a été assassiné au passage, juste avant de nous révéler toute l'affaire!).C'est ainsi que, ayant découvert (par pur hasard) les documents originaux écrits en hébreux ancien, il s'est mit á les déchiffrer, découvrant toute la vie du crucifié (qui n'a pas été crucifié, en fait...). C'est ainsi que depuis vingt ans il raconte sur les toits l'histoire (faussée, frelatée et incompléte) du "Da Vinci Code". Que Jésus aurait étudié entre autre la médecine en Grece. Qu'il était marié a´Marie Madeleine. Que Joseph n'était pas charpentier mais P.D.G d'une grosse entreprise de charpenterie au compte de l'Empire. Que Marie, sa mére, serait de la haute société et appartiendrait au sénat patatipataprout...
Ce cinglé, pas désagréable á écouter car excellent orateur, abreuve ses nuits de fëtes depuis vingt ans et ne vit plus que pour ca. Il a mëme organisé la fëte la plus longue d'Équateur : quatres jours pleins sans interruption, des milliers de litres de biére... Durant cette orgie, monsieur s'est donné la peine d'aller faire un arrët cardiaque á l'hopital, de revenir á la vie et d'aller finir la féte qu'il a lancée en étant le dernier á danser.
Y'a des personnages comme ca á Montañita. Et ils te somment de t'installer ici, te proposent mëme des prix pour des terrains ; car, selon leurs dires, c'est le paradis, un point á part du monde...Mouais...
Faut bien reconnaïtre que le troisiemme jour füt difficile. Nous restions davantage pour Chino que par envie. Déja´dés le deuxiéme jour nous voulions détruire du "babos", casser la gueule du premier pelé qui te dit "peace and love" ou "faut vivre l'instant présent, profiter du jour sans penser au lendemain", de botter le cul du premier gringo qui te regarde avec un regard bovin (lequel gringo sous ses allures de créve la faim, sous son style "baba cool" et ses cheveux emmëlés est vëtu Quicksilver jusqu'au cache sexe, se protége du soleil chez Ray Ban, décuve au Coca Cola, fume des Marlboros et paie sa came quatre fois le prix...). Toute une population friquée et branchée qui se donne des airs de débauche.
HOP! On fout Chino dans le bus qui part dans le sens opposé au nötre et nous sommes péperes, on se tire de ce trou á cons!
Ah non... La belge (ce mot concentre dans notre esprit toutes les injures du monde, c'est le plus grand boulet qu'on a jamais rencontré et qu'on se traine depuis Cuenca...) vient de débarquer (Montañita, c'est son fief) et vient nous sucer le peu de sang, d'énergie et de joie qui nous restait. Vite! On se bouffe un terrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrible Ceviche d'hüitres géantes au poivre et on part le plus loin possible!!!!

-PUERTO LOPEZ-

Aprés avoir bien rodé pour trouver une cabane nous sommes toujours investis du stress d'ëtre suivis par un de nos empëcheurs de tourner en rond, ou de tomber sur de nouveaux. On est pas assez loin, todavia! Le mieux c'est de s'aérer tranquilo la caboche en faisant d'interminables promenades en long, en large et en travers sur les plages de la ville. La seule chose á faire ici, c'est partir voir les baleines ou les fous á pattes bleues de la Isla de la Plata. Mais c'est déjá du passé pour nous.

-MANTA-

Aprés deux nuits de déprésurisation le besoin se ressent de s'éloigner toujours davantage. Aprés avoir traversé Agua Blanca, Jipijapa, Montecristi ( Oú sont fabriqués les plus beaux Panamas au monde) nous débarquons dans l'austére cité cötiére de Manta.

Notre hostel excentré nous impose une périlleuse et peu attrayante marche d'une heure vers la plage. Et bien que l'endroit soit trés prisé des Équatoriens en villégiature, nous n'avons pas vraiment été sensibles á ses charmes. Béton, asphalte, noirceur düe á la pollution et infrastructures touristiques nous ont rapidement écartés de l'aréne de sable pour faire un détour par la ville. Et lá encore, hormis nous perdre dans l'immense quadrillage et risquer á plusieurs reprises de se faire voler nos affaires, autant dire que le coup de coeur n'était pas au rendez-vous.
L'ambiance particuliére de Manta nous est un peu passée sous le pif (saison basse aussi...). Davantage frappés nous fúmes par la grisaille qui y régne, les grands axes routiers qui longent la cöte, imperméables aux piétons et le port cimenté tel un centre de détention, á l'activité frénétique (complétement fermés par les brises lames le long desquels ruisellent des eaux noirätres...)
Sur la plage de Tarqui (de l'autre cöté du complexe militaro-gringo-portuaire), dés le lever du jour, une marché quotidien se dresse oú les pëcheurs viennent vider leur filets et les commercants remplir leur négoce. Et bien que ces artisans peinent á concurrencer l'orgie industrielle du port, il régne une agitation qui ne s'est pas défraïchie. Des centaines de requins et de variétés de poissons gisent dans le sable ou sur les étals. Un musée marin autant qu'une boucherie. Les coups de couteaux, les bruits de chair et d'os pleuvent en symphonie. Lames sensibles, s'abstenir. Assister á cette scéne avec le ventre vide du petit matin t'incite trés vite á te retrancher sur un petit déj' composé de pain et de sucreries afin d'éponger les inhalations cadavériques qui sévissent dans ce marché.
D'autres perles nous attendent, vamonos!

-BAHIA DE CARAQUEZ-

Pour tirer rapidement le portrait de Bahia (comme disent les "bahianais") il s'agit d'une ville péninsulaire trés propre, dont le pourtour est inversti par de trés hautes bätisses blanches. Jusqu'au milieu du XXeme siécle cette baie était le principal port du pays (aujourd'hui largement dépassée par Manta et Gayaquil). Son déclassement est moins dü á des maladresses de gestion industrielles qu'á la guigne, la poisse, la malasuerte. En effet, dame nature a jeté sur Bahia un funeste sort : le phénomene naturel El Niño a provoqué glissements de terrains et déluges de boue dans les rues en 1998 ; ainsi qu'un (cerise sur le ghetto) terrible teremoto d'une force de 7.2 sur l'échelle de Richter (faut ëtre con aussi pour monter á sept sur l'échelle de Richter...). Toutes ces raisons ont insufflé une sorte de mentalité qui encaisse les coups durs et se redresse apres chaque atteinte et dévellope une culture du recyclage et du "dévelopement durable" (comme il est bien pensant de le dire) faisant de cette ville un exemple "d'éco-cité".
Nous pénétrons donc cette avancée de terre chargés comme des mules, faisant du porte á porte pour débusquer un hébergement.Allez comprendre pourquoi, mais mëme les cages á lapins te coütent la peau du slip. Alors quitte á dormir dans un terrier, autant qu'il ne soit pas onéreux! Galére...
Aprés une journéede marche le long des cötes de Bahia, en hau tde Bahia et en bas de Bahia, la nuit nous tombe dessus comme un couperet et finit par nous retrancher dans nos quartiers.
Va encore savoir pourquoi, mais ce taudis est équipé d'un tube cathodique mais pas de l'eau chaude (ben y'a des priorités dans la vie...). Comment dire?... nous avons passés une nuit de folie! Mais sans faire la fiesta puisque Bahia est morte.Plutöt en raison de l'épaisseur des cloisons qui te séparent (ou rapprochent, selon) des tes charmants et éduqués voisins... Impossible de fermer l'oeil de la nuit. Entre le gonze sourd comme un pot de chambre qui écoute la télé en survolume et qui remet le couvert á trois heures du matin parcequ'un cinglé sonne frénétiquement á la porte depuis vingt cinq minutes et l'empëche de dormir, les bourrés qui reviennent du mariage d'á cöté, les derniers fëtards qui confondent le hall de l'hotel avec un café philosophique et toujours le premier con qui regarde je ne sais quelle porcherie á sept heures du mat, je ne sais vraiment pas comment aucun de nous ne s'est munit d'une arme pour réinstaller la tranquilité, l'éternelle tranquilité.
C'est donc le moral dans les chaussettes, des valises sous les yeux et avec l'énergie d'un plancton que nous fuyons via un ferry vers l'autre rive, San Vicente, d'oú un bus peut nous emmener á quelques kilométres au nord.

-CANOA-

Le bus quitte la Panaméricaine pour longer la plage qui borde Canoa et nous fait découvrir ce petit village de pëcheurs aux airs paradisiaques. Nous plaignant á l'avance de la hauteur des prix dans le coin, le chauffeur nous dépose devant l'auberge de son beau pére et va lui mëme négocier la chambre tandis que les passagers patientent.
Voici comment, en deux coups de cuillere il ne nous reste plus qu'á apprécier les lieux. En haute saison, les lits manquent. Lá, c'est désert. Pas un cheveux blond de surfeur. Nous nous sommes, du coup, un peu éternisés dans ce havre de paix, profitant de longues marches sur les plages plus ou moins larges selon les marées. Délirant sur la faune des lieux (aussi bien les piafs que les micro-organismes du sable), de baignades dans les eaux chaudes de l'hiver, se gavant de ceviches,de poissons, de calamars, de coquillages (pas vu la couleur d'un pollo ou chancho dis donc!). Notre seule obligation lá-bas füt de nous laisser aller á ëtre.
Pour l'anecdote, si tu flanques un coup de pied ou frotte le sable la nuit, celui-ci se remplit de mille petites paillettes fluorescentes. Ce sont des sortes de vers luisants du sable. Rare, non? Nous n'en avons jamais revu ailleurs.
Mëme si tout est bien Chevere ici, l'appel du large a eu raison de nous, mëme si c'est pour retrouver les enfers. Tres töt, avant l'ouverture des écoles, nous attendons sur le bord de la route qu'un bus daigne pointer le bout de son nez et nous cueuillir.

-MOMPICHE-

Aprés avoir enchainé les correspondances, nous voici parachutés au croisement de la Panaméricaine et du chemin de terre qui conduit au petit village de Mompiche, en pleine jungle cötiére. De lá, il faut attendre qu'un bus vienne du nord et nous charrie, qu'un moto-taxi daigne montrer ses phares ou qu'un pick-up te . Apres une longue heure d'attente nous voici á l'arriére du 4X4 au sein d'une population variée (des écolieres au ramasseur de noix de cocos munit d'une lame qui ferait rougir Crocodile Dundy), arpentant cette forët peuplée de singes, aux allures de paradis terrestre. Méme les feuilles du plus petit palmier sont plus grandes que nous autres humains!
Le bourré qui conduit le Pick-up se décharge de ses occupants. Nous voici, encore une fois, au bord de l'eau, dans une autre havre de paix, mais encore plus isolé cette fois-ci. Pas un seul touriste! (enfin presque, sur les deux qu'il y avait, une s'est faite violer et son copain poignarder dans le ventre, durant une longue balade sur la plage, loin de Mompiche).
Le programme reste assez fidele á lui mëme : marches, ceviches, etc.
Le regard persant de Gali a pu dénicher nos amis les fous á pattes bleues á flanc de falaise (accessible en marée basse uniquement) ; nous avons également découvert, par un chemin embusqué, une plage isolée de chez isolée entre deux a-pics : son sable est entiérement noir!!!
En parlant de ca, nous sommes rentrés depuis Canoa dans une zone afro-équatorienne aux métissages allucinants. (les Équatoriens ont limite l'air de gringo tellement ils sont päles á cöté d'eux...), et avec des ambiances vraiment détendues : s'il y a du poisson á Mompiche, on en mange, s'il n'y en a pas, il faut attendre qu'il y en ai de nouveau. Pareil pour le pain, l'électricité etc.
Pour le reste, réferez-vous aux photos.

-SAME-

De Mompiche, un bus décolle vers 7h30 sans savoir s'il va arriver, ni a quelle heure. Les étudiants de tous äges qui vont étudier á Atacames, s'arrachent les cheveux face á la lenteur du transport. Il faut dire que le chauffeur connait tout le monde et fait en sorte de s'assurer que personne ne manque á l'appel. Et les trois quart de la population étrange qui prend ce bus est toujours en retard.
On se fait larguer au mauvais endroit, au bord de la panaméricaine. Rebroussant chemin vers Same á pied. Comme il est impossible de trouver une chambre á moins de 25 dollars par personne on décide de juste passer la journée ici , de se payer une douche, et de profiter jusqu'au bus de 22H30 pour Quito.
Par marée basse nous pouvons rejoindre un autre petit village charmant de purs pëcheurs artisanaux aux techniques aussi loufoques qu'efficaces, face auxquels des escadrons de pélicans s'exercent également á la chasse en mer. Nous profitons d'autant plus de cette plage que nous serons demain, 5h00 du matin, á Quito.
A l'opposé total du petit village de pëcheurs, en repassant pas Same, la plage s'élargie sur un endroit artificiel nommé Casablanca. Toute la montagne est recouverte d'une ville aux édifices blancs qui n'est autre qu'un ghetto pour riches de type Fisher Island en Floride. Musée de piscines avec gardiens pour s'assurer que les pauvres ne vont pás venir pourrir leurs eaux cristallines, apparts avec vue sur l'infini du Pacifique, luxe etc. En cette saison, c'est complétement vide et ca fout les chocotes ; alors imaginez quand c'est plein de richards... Nous nous sommes perdus lá-bas par pure nécessité et fumes bien content de sortir de cet univers asceptisé, cet ersatz pour privilégiés.
Same est si petit qu'au retour nocturne par la plage, nous n'arrivions plus á en trouver l'accés au point que nous avons failli rater le bus que nous attendions toute la soirée. Dernier coup de stress dont on se serait bien passés. Mais le Bus nous a attendu, alors que 8 heures de route l'attendaient.

Ca y est, la cöte est á present derriére nous et nous dans le bus. Encore une nuit sans sommeil, saupoudrée de musique toute la nuit, l'exces de chaleur puis de froid (Quito est á 2850 m tout de mëme...), des exces de vitesse aussi (on s'est d'ailleurs fait arrëter par les chapas (les condés quoi...) qui ont dü barrer la route avec leur véhicule pour neutraliser le bus et qui en ont profité, du coup, pour fouiller les soutes), l'exces de connerie du chauffeur qui nous a fait valdinguer comme des boeufs, et l'exces de connerie de la compagnie qui nous fout dans un bus avec des sieges qui ne se déplient pas, toute la nuit, assis.

Nous voici á Quito désormais. Aujourd'hui mëme nous attendons l'arrivée des parents qui viennent tailler un peu de route avec nous.

J'espere que ce trajet Cuenca-Quito n'aura pas été trop fastidieux pour vos yeux et votre mental (malgré l'anarchie des accents).

A la prochaine les amis.