Ou comment le bout du monde c'est pas si facile à atteindre...
Mercredi 23 janvier nous laissons Puerto Madryn afin de rejoindre Comodoro Rivadavia ( 8h de bus plus bas sur la cote..) pour y passer 2 jours avant le GRAND et VRAI départ pour USHUAIA...
Passons rapidemment sur cette ville angoissante, triste, grise, moche et glauque remplie de gens à son image... 48h d'attente sans rien à faire, sous l'oeil cupide et vénal de notre aubergiste de jeunesse...
ENFIN vendredi 25, 21h15 arrive... Nous étions au moins 1h30 en avance au terminal de bus, sacadoifiés et préparés mentalement au trajet qui ns attendait... A ce moment là les 24h de voyage nous parraissait une broutille pour atteindre la ville la plus australe du monde...
Quelle naiveté !
Le bus arrive, et un peu désapointés, ns prenons place ,dans...comment dire...une sorte de poubelle en métal montée sur 4 roues... c'est pas grave, contre mauvaise fortune, bon coeur !
Hé hé hé...
Et là le cauchemar commence...Durant 12h il faut endurer la chaleur et la puanteur, à savoir un mélange d'odeurs de pieds, de transpiration et de pisse ( oui les toilettes me fonctionnaient pas très bien...) et tout ça en essayant de trouver une position permettant de vaguement somnoler.. Franchement je crois que je les ai toutes essayées : assise le dos bien droit et la tête qui ballade de droite à gauche pour finir par pendouiller lamentablement devant au rythme de la route ( en fait plus un chemin de terre...), enfoncée ds le fauteuil les pieds sous le fauteuil de devant, roulée en boule comme un chien dans son panier, vautrée sur Jérémi en imaginant que je suis devant la télé, la joue collée à la vitre les bras pendant ds le vide etc... Jérémi lui a adopté la position du cercueil assis : le corps en équerre, la tête bien calée sur l'appuie tête et les bras croisés sur la poitrine...
Enfin le jour se lève et nous arrivons à Rio Gallegos ( il est 8h du mat, il reste encore 12h de route..) et là surprise . il faut changer de bus mais avant il faut vite vite vite aller au bureau de la cie de bus juste pour leur dire que OUI JE VAIS A USHUAIA, C'EST ECRIT SUR MON BILLET P.... !
8h30 on saute ds le 2ème bus et oh merveille... il est propre, confortable et ne sent pas mauvais !
Allez cette fois c'est la bonne, la nuit c'est du passé et en route pr l'aventure...
Petite coupure informative : Les argentins et les chiliens se détestent du plus profond du coeur. Mais bien propre, hein.. Ils prétendent tous que la Terre de Feu leur appartient et qu'ils se la sont faite voler par ceux d'en face. Résultat géographiquement parlant c'est un peu n'importe nawak, à savoir que Ushuaia est en Argentine ( ds le prolongement ) mais séparée de l'Argentine par un bout du Chili... Oui ? Non ?
Bon si c'est pas clair googlelisez tt ça et vs verrez !
Ce qui est important pour nous, pauvres victimes ( ohhh choupinet et choupinette...) c'est qu' il faut passer 2 frontières...C'est à dire : on quitte l'Argentine, hop tout le monde descend du bus et passe la douane ( 1 heure ), on rentre au Chili, hop tout le monde descend du bus et passe la douane ( 1 heure ), on quitte le Chili, hop tout le monde descend du bus et passe la douane ( 1 heure ), on rentre en Argentine, hop tout le monde descend du bus et passe la douane ( 1 heure )....
C'est UN PEU CHIANT !!!! Et qu'est ce qu'on perd comme temps...
Ah ce moment là nous commençons à dégager une odeur nauséabonde... mais c'est pas gràve.. un jour on va arriver à Ushumachin...
Et puis là petit moment de paradis. Nous sommes en Terre de Feu et par la fenêtre ce qui s'offre à nos yeux est à couper le souffle... on peut essayer d'imaginer des paysages à partir de photos ou de reportages, on peut même être proche de la réalité, mais il y a une chose qu'on ne peut pas imaginer c'est l'émotion que procurent ces paysages. Des steppes à perte de vue, balayées par les vents, perdues au milieu de nulle part qques estancias, des troupeaux de moutons et de guanacos parfois encadrés de gauchos... Et subitement au détour d'une colline, le détroit de Magellan... Toute cette force, cette beauté, il m'a été difficile de retenir des larmes d'émotion...
Je ne pouvais pas croire que c'était bien moi qui contemplais cette région du monde...
Pouh..quel bonheur !
Mais le trajet n'est pas encore fini...
Non non non...
Vers les 17h nous arrivons à Rio Grande, nous ne sommes plus qu'à 3h30 de bus de Palavas les flots...
Et oh ! Il faut changer de bus...
Bon de toute façon à ce moment là on ressemble un peu à 2 vieilles serpillères toutes pourries qui puent, avec la volonté d'une palourde agonisante..
Et comme on est TRES fatigués on se retrouve les derniers à monter ds le bus qui se trouve être la copie conforme du 1er... mais quelle importance puisqu'il n'y a plus de place pour nous ! Et oui la cie a vendu un peu plus de billets que de places !
Presque ça devient drole...
Et ce qui aurait du ns achever, ns tuer, ns réduire à 2 petites crottes sèches, c'est en fait avérer la meilleure partie du voyage !
Mais comment est-ce possible ? Hein, comment !?!?!?!
Et bien le chauffeur, Jose, ns invite à le rejoindre à l'avant du bus ( il y a une séparation avec cloison, porte et tt entre l'avant du bus et les passagers ), Jérémi parterre et moi sur un magnifique strapontin. Et là en partageant un mate ( ah là on voit ceux qui suivent !!! Yek Yek Yek ! ) et des facturas ( miam ça ce sont des viennoiseries qui feraient pâlir de jalousie ts les croissants, pains au choc et autres de France et de Navarre... c'est sucré, confituré, dulce de lecheré, c'est gros et moelleux... bon c'est du bonheur, TRES MAUVAIS POUR LA LIGNE.. mais là on l'avait bien mérité ! ), Jose s'est improvisé guide touristique.
Et en plus on avait la meilleure vue possible...
Ca c'était vraiment chouette !
Là encore des paysages incroyables, des steppes qui se tranforment en forêt plein de lichen parce que l'air est pur, des champs de tourbe rouge, des forêts de troncs dévorés par les castors et la montée ds les Andes pour finir par redescendre sur Ushuaia..
Il est 21h..., on n'en peut plus.. on est au bout du monde ( ou presque, mais on s'en fout on est content de se le dire ), on est heureux même si on a un peu de mal à y croire...
On se regarde en souriant bêtement et soudainement on se demande si notre chambre à l'auberge de jeunesse ns attend toujours, vu que nous avons déjà 1h30 de retard et que nous ne savons pas du tout vers où se diriger...
...
Dans le prochain épisode, vous saurez si nos aventuriers ont dormi dehors dans le vent austral, vous découvrirez aussi Hector, Pastrick et Nicole, Carla et Bertholdo....
Vous naviguerez sur le canal Beaggle et boirez un chocolat chaud...
Que d'aventures extraordinaires attendent nos amis !!!
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