Bon là vous avez de quoi faire...
Surtout les amateurs de fonds d'écrans et de photoshop... ( Salut Alain ! Je pense qu'en terme de paysages tu vas avoir de quoi tripatouiller ;O) )
vendredi 25 avril 2008
Tupiza.Tous azimuts.
(Les amis, vous avez de la lecture car nous avons pris du retard. Vous devez donc commencer par le bas de la page pour lire les messages dans l'ordre... ( "Potosí, donc...", "Uyuni, Uyuniiii "et enfin celui-ci... Compris ! )
Alors.
Apres le passage Uyuniesque, nous avons souffert le voyage vers Tupiza. Je passe le chapitre sur la beauté des lieux traversés et sur l'infernale torture physique.
Bon, Tupiza, petite bourgade tranquille et presque frontalière n'était censée être qu'une banale étape vers Tarija. Mais comme le bus ne décollait qu'à 20h... Il fallait bien occuper le temps sans le perdre.
Pourquoi ne pas faire une charmante balade dans ce coin très réputé et très vanté par ses habitants? Et pourquoi ne pas le faire en canasson!?
C'est sur ce coup de tête que nous avons crapahuté cinq heures durant dans les canyons incas, rouges, arides, hauts comme des cathédrales gothiques ; traversant entre autre la porte du diable : bouche par laquelle les espagnols sont venus coloniser Tupiza.
Le tout sans casque, à trotter, galoper, arpenter la terre poussiérieuse.
La selle : du fer recouvert de peau de mouton.... placebo...
Un pur régal pour les yeux, une épreuve pour le corps.
Nos deux accompagnateurs : 11 ans et un mètre 20 pour l'un, quinze ans pour l'autre. C'est dire si c'était encadré... Ils ont passé leur temps à déconner, à nous faire détaler, à frimer, faire du canasson comme des dieux, se chamailler etc.
Aujourd'hui nous avons le cul tané, brûlé par la selle, les muscles tétanisés, mais non d'un bouc, on s'est éclaté. Franchement, dans ce cadre, avec ces deux sauvageons, ventre à terre, tu t'y crois vraiment.
Limite on aurait voulu se tirer avec les bestiaux et continuer le voyage comme ça.
Mais bon, il fallait bien les rendre, même s'ils étaient un peu comme les nôtres.
Bus, bus, bus pour Tarija, nous voilà!
Mais, au fait, pourquoi n'y a-t-il qu'un seul horaire et qui plus est de 20h à cinq heure du matin?
Parce qu'il fait chaud et que la route est sinueuse répond la vendeuse de billet.
Mouais, j'ai vite compris.
J'ai eu le malheur d'ouvrir un oeil et d'apercevoir la route! Vous connaissez la route de la Mort, à la Paz? Et bien, tout pareil. Étroitesse, dénivelés et précipices sur le bord du chemin. Le bus qui s'emballe dans la pente, qui pile quand il rencontre un autre véhicule, et qui recule autant qu'il faut pour trouver un passage moins étroit pour pouvoir se croiser. Et quand ils se croisent! C'est à se faire dessus.
À chaque coup de frein, je sortais de mon pré-sommeil et faisait un bond sur mon siège. L'abuela à ma droite était dans le même état ce qui m'a rassuré sur mon comportement extrême.
S'il n'y a qu'un seul horaire et qui plus est de nuit, c'est juste parce qu'il est moins horrible de mourir dans son sommeil en cas d'accident, oui!
Ps : anecdote : Dans Tupiza, Gali, en l'échange de boisson alcoolisée, s'est faite soudoyer par un adolescent du coin pour faire ses devoirs d'anglais!
Tant pis, je dénonce!
Sans déconner, il ne manque pas de ressource ce petit jeune pour suppléer à ses lacunes en Anglais! Fallait oser.
toujours sans déconner, qu'est ce qu'elle ferait pas Gali pour pas payer sa bière!
Ps2 : Pardonnez le caractère décousu de ce message, mais ça fait exactement 3h45 et 46 sec que je me brule les yeux devant l'ecran. J'en peux pu! Salut.
Alors.
Apres le passage Uyuniesque, nous avons souffert le voyage vers Tupiza. Je passe le chapitre sur la beauté des lieux traversés et sur l'infernale torture physique.
Bon, Tupiza, petite bourgade tranquille et presque frontalière n'était censée être qu'une banale étape vers Tarija. Mais comme le bus ne décollait qu'à 20h... Il fallait bien occuper le temps sans le perdre.
Pourquoi ne pas faire une charmante balade dans ce coin très réputé et très vanté par ses habitants? Et pourquoi ne pas le faire en canasson!?
C'est sur ce coup de tête que nous avons crapahuté cinq heures durant dans les canyons incas, rouges, arides, hauts comme des cathédrales gothiques ; traversant entre autre la porte du diable : bouche par laquelle les espagnols sont venus coloniser Tupiza.
Le tout sans casque, à trotter, galoper, arpenter la terre poussiérieuse.
La selle : du fer recouvert de peau de mouton.... placebo...
Un pur régal pour les yeux, une épreuve pour le corps.
Nos deux accompagnateurs : 11 ans et un mètre 20 pour l'un, quinze ans pour l'autre. C'est dire si c'était encadré... Ils ont passé leur temps à déconner, à nous faire détaler, à frimer, faire du canasson comme des dieux, se chamailler etc.
Aujourd'hui nous avons le cul tané, brûlé par la selle, les muscles tétanisés, mais non d'un bouc, on s'est éclaté. Franchement, dans ce cadre, avec ces deux sauvageons, ventre à terre, tu t'y crois vraiment.
Limite on aurait voulu se tirer avec les bestiaux et continuer le voyage comme ça.
Mais bon, il fallait bien les rendre, même s'ils étaient un peu comme les nôtres.
Bus, bus, bus pour Tarija, nous voilà!
Mais, au fait, pourquoi n'y a-t-il qu'un seul horaire et qui plus est de 20h à cinq heure du matin?
Parce qu'il fait chaud et que la route est sinueuse répond la vendeuse de billet.
Mouais, j'ai vite compris.
J'ai eu le malheur d'ouvrir un oeil et d'apercevoir la route! Vous connaissez la route de la Mort, à la Paz? Et bien, tout pareil. Étroitesse, dénivelés et précipices sur le bord du chemin. Le bus qui s'emballe dans la pente, qui pile quand il rencontre un autre véhicule, et qui recule autant qu'il faut pour trouver un passage moins étroit pour pouvoir se croiser. Et quand ils se croisent! C'est à se faire dessus.
À chaque coup de frein, je sortais de mon pré-sommeil et faisait un bond sur mon siège. L'abuela à ma droite était dans le même état ce qui m'a rassuré sur mon comportement extrême.
S'il n'y a qu'un seul horaire et qui plus est de nuit, c'est juste parce qu'il est moins horrible de mourir dans son sommeil en cas d'accident, oui!
Ps : anecdote : Dans Tupiza, Gali, en l'échange de boisson alcoolisée, s'est faite soudoyer par un adolescent du coin pour faire ses devoirs d'anglais!
Tant pis, je dénonce!
Sans déconner, il ne manque pas de ressource ce petit jeune pour suppléer à ses lacunes en Anglais! Fallait oser.
toujours sans déconner, qu'est ce qu'elle ferait pas Gali pour pas payer sa bière!
Ps2 : Pardonnez le caractère décousu de ce message, mais ça fait exactement 3h45 et 46 sec que je me brule les yeux devant l'ecran. J'en peux pu! Salut.
Uyuni, Uyuniiiiiiiiiii!
Uyuni, Uyuniiiiiiiiiii!
Ça c'est le cri de la vendeuse de billets de bus de Potosi. Charmante comme une bolivienne, mais dotée d'un porte voix en guise de cordes vocales.
Une fois que les abuelas ont acheté leurs cuisses de poulet frit qui vont hanter par leur odeur le bus, nous pouvons démarrer! Soit une demi-heure apres l'heure prévue. De vraies gitanes celles-là. Elles se foutent de tout. Et le chauffeur, certes concilliant, a tout intérêt à les attendre s'il veut arriver à bon port avec ses corrones intactes...
La route...comment dire...
Dans le bus c'est un peu la vie de village. On se parle d'un bout à l'autre du bus, on mange, on ronfle, on rie, on râle, on a mal au cul-cul, on cuit sous la chaleur, on tremble de toute parts sous les vibrations du bus, qui sont telles, que tu peux retrouver tes affaires cinq places plus loin, ou te faire assommer dans ton sommeil sous le poid des paquets qui ne peuvent tenir en place. On dirait un peu le mercado central.
En dehors du bus, tout n'est que terre battue, routes exigües en lacets (que je ne comprends toujours pas comment le bus peut rouler là-dessus sans tomber!!!), paysages infinis et infiniment variés (je n'ai rien vu d'aussi beau!), et des cîmes, des cîmes, des cîmes, on ne fait que fleurter avec des sommets, de passer de plis en plaines, de montagnes en deserts, de couleurs en couleurs.
Tiens, en parlant de couleurs, c'est qui les seuls blancs du bus? C'est qui qui fait peur aux enfants et qu'on prend pour un extra-terrestre? Non, les yeux verts ne sont pas une arme lazer destinée à faire fondre du regard les petits Boliviens innocents, et la peau blanche n'est pas une dépigmentation anormale dûe aux conditions climatiques de Mars...
J'exagère... Mais à peine.
Et la pause pipi, c'est au milieu de nulle part. Les abuelas ont juste à se baisser, leur jupe protégeant leurs flancs des regards et que ça coule... La pause repas quand à elle, s'effectue dans la cantine d'un pueblo de trois ou six maisons, au milieu des mouches, de la poussière et des regards étonnés de voir du gringo attablé parmi eux. Au début t'es mal à l'aise, après c'est un pur bonheur de te sentir complètement étranger. Y'a cinq minutes d'adaptation.
Uyuni, Uyuniiiiii! (cette voix, on l'a encore dans les oreilles...)
Et bien Uyuni, c'est très particulier. Très peu Bolivien en définitive. On dirait un peu une ville fantôme, posée maladroitement entre les montagnes, et réabilitée par de malins Boliviens pour le tourisme de blancs. Car c'est la porte d'un petit paradis. Mais Uyuni, c'est de la poussière, du froid, des maisons de guinguois, des rues desertiques où des zombis identiques et tous pâles, tatoués de "$", parlant dans une langue barbare qui doit être de l'anglais ou de l'Israëlien, errent dans l'attente qu'un 4x4 vienne les arracher à ce lieu lugubre vers des contrées plus colorées.
Les rues ne sont peuplées que d'agences de tours pour visiter : le salar, l'île des pêcheurs, le village de sel, les hôtels de sel, le cimetière tribal, le cimetière des trains, les lagunas colorada (rouges, vertes, bordeaux, bleues, blanches.....), les geisers, les eaux chaudes, le desert de Dalì, le Volcan en activité, le desert rouge à 4800m, l'arbol de piedra, des formations rocheuses surréalistes etc. etc.
Une petite excursion de trois jours qui coûte la peau d'un cul de Lama. D'où le fait qu'il y a autant de zombis tous blancs en forte concentration et en forte consommation. Par chance, notre anglais hollywood chewing-gum s'est volatilisé (comme par miracle...), ce qui est très pratique pour ne pas se faire d'amis indésirés. ANTI-SOCIAL TU PERDS TON SANG FROID! WAAAAAAAH!
Nous avons fouiné pour trouver un petit tour de manège pas cher, ce que nous avons obtenu, assumant notre tourisme- bôfitude, car le site est un peu incontournable. Et nous avons même payé moins cher que nos con(s)-(dé)génèr(é)s, car le gars de l'impresa, voyant que nous disposions de bolivianos et non de dollars américains à baissé encore le prix et augmenté celui des autres passagers (ils n'ont pas vu la différence...) qui ont tout de suite parlé pognon. Et ils en ont eu pour leur fric, même au-delà! ANTI-SOCIAL....etc.!
Le drame c'est que pour admirer les splendeurs boliviennes, (leur plus grande richesse en définitive, car le pays est très très pauvre en bolivianos, mais riche en lieux uniques, matériaux précieux et en gentillesse, dixit un ami furibond : "c'est beau la Beau-livie!") le drame, donc, c'est qu'il faut se coltiner des colons collants, et vivre en collectivité avec la bêtise la plus crasse pendant trois jours (ANTI-SOCIAL!!! Nininininin nin ninin etc.). Mais bon c'est ainsi, et rien n'oblige d'être sympa.
Et bien en matière de gros cons moux du cerveaux nous avons eu une belle brochette!
Un couple d'Australiens aussi coincés et froids qu'une porte d'église, (pendant une seconde j'ai cru qu'on s'était trompé et qu'on était à bord d'un convoi funéraire...), un anglais (tout est dit) et un charmant petit couple de Français de 27 ans que je les aurais bien noyés (Anti-social!! WAAAA!), dont la partie Mâle était un ridicule petit fils de .... nobles, un petit gars tout putride, tout laid, tout prétentieux, tout ridicule, tout mort ; et dont la partie féminine était.... Bête et jolie. Profondément.
Bon, pour ce qui est de la partie Sud-Ouest bolivienne, ce fût une claquasse visuelle, olfactive et corporelle. Difficile à décrire en réalité. Il y a bien les photos... Mais ça n'en dit pas grand chose non plus... Le mieux ce serait qu'à votre tour vous y alliez et que vous vous tapiez une brochette de gros blaireaux.
En trois lignes :
Le salar était autrefois une mer, réunissant la Bolivie bien sûr, le Pérou et les USA... Heu non, le Chili! Et cette mer, paix à son algue, est montée au ciel (la sainte évaporation) laissant au commun des mortels un désert de sel de 1200 km, par douze mètres de fond. C'est éblouissant. En son horizon apparaissent quelques mirages et des sommets ( avec l'effet d'optique dû à la chaleur, ont croirait que les montagnes lévitent!), rien d'autre.
L'entrée du Salar de Uyuni, Uyuniiiii! est un petit village tout en sel! Des briques de sel, des maisons de sel, des bancs, des sièges, des tables, des lits, tout tout tout en chlorure de sodium! Nous avons dormi dans un gîte en sel (jour1), c'est incroyablement isolant et chaleureux. Et le sol était une plage de... sel, de toute part. Ki c'est le con k'a renversé la salière non d'une dune !?
Au milieu de cet océan immaculé, pointe une colline érissée de cactus : l'île des pêcheurs! Une merveille perdue dans l'aridité, où seules les plus mauvaises plantes voient le jour : ces phallus géants tout piquants et des touristes. Sinon rien que de la roche! Cf les images.
Pour ce qui est du cimetière des trains et des anciens indiens, des lagunas multicolores, des déserts rouges perchés, des geysers, et de tout ce que j'ai cité plus haut, ma foi, les photos bien que loin de la réalité, seront plus éloquentes. Face à ces images il n'y a qu'à se taire et contempler. ( et pleurer... comme toujours pour Gali...)
J'ai pris un malin plaisir à écouter les réactions de nos cons-pagnons de route face aux splendeurs organisées que nous louait le tour, et c'est très drôle de constater combien, ces éléments naturels imposants apauvrissent le vocabulaire (: "waho, c'est bô, c'est vert, c'est grand, c'est désert, c'est comme quand j'étais ici ou là (on s'en tape l'ami!),c'est bon la nourriture, c'est bô la Bô-livie..." et j'en passe des vertes et des pas mûres). Autant de neurones, autant de limites. Un cerveau tout entier dévoué à la seule recognition, à la plus basique recognition. Vous trouvez que je dis du mal? Non non je fais aussi de la recognition!
Bref, regardez les photos.
Ce qu'il n'y a pas sur les photos c'est notre mauvaise odeur (va prendre une douche quand il n'y en a pas ou qu'il fait moins 15 dans un refuge troué de toute part et pas chauffé!), la fatigue, le poids sur nos corps des heures de route, le lever à cinq heure du mat dans un froid polaire qui rend bi-polaire, surtout vers le pôle obscur de la force. Tout ça tout ça quoi.
Pour parcourir tout cela, nous avions bien entendu un chauffeur : Léonardo. Un peu d'oxygène enfin. Enfin un gars du coin, un vrai. Un fou le gars, il passait son temps à faire la course, à prendre les sentiers les plus pourris et accidentés, à réparer la bagnole qu'il malmenait... Et heureusement, il ne parlait que bolivien, ce qui faisait un ami, dans les limites de son job évidemment. Le pauvre bougre fait ça 7 jours/7, sans pause, sans dimanche, sans voir sa famille... Alors en matière de "c'est bô, c'est grand, c'est rouge, hô un lama, photo svp photo!" il en connaît un rayon.
Ce chico avait toute l'allure d'un magicien : de trois pauvre caissounettes rangées dans le coffre de la voiture et d'une bombe de gas sur le toit, il faisait des pizzas, de la viande, des légumes, des lasagnes ( sans four ! ) etc. Le repas de roi quoi. Tu penses bien que l'aristo ne se serait pas contenté de pain, de jambon et de fromage! Et il râle en plus le nain! Il veut quoi? Une coupelle en or? Du caviar? Une grosse claque dans sa petite gueule? Ok, j'arrive! (ANTI-...!)
Breeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeef!
Le point de départ est devenu le point d'arrivée : Uyuni, Uyuniiii! La ville n'a pas bougée et digère de nouveaux arrivants.
Nous sommes rincés, les yeux brulés, les lèvres explosées par le froid, complètement empoussiérés et ravis... ... ... ( De quitter la folle équipe aussi ! )
Une nuit de repos.
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, nous partirons. Vois-tu, Tupiza, nous savons que tu attends. Nous irons par les forêts, nous irons par les montagnes .... Nous ne pouvons demeurer loin de toi plus longtemps...
Nous en revanche, on ne sait pas trop ce qui nous attend...
Ça c'est le cri de la vendeuse de billets de bus de Potosi. Charmante comme une bolivienne, mais dotée d'un porte voix en guise de cordes vocales.
Une fois que les abuelas ont acheté leurs cuisses de poulet frit qui vont hanter par leur odeur le bus, nous pouvons démarrer! Soit une demi-heure apres l'heure prévue. De vraies gitanes celles-là. Elles se foutent de tout. Et le chauffeur, certes concilliant, a tout intérêt à les attendre s'il veut arriver à bon port avec ses corrones intactes...
La route...comment dire...
Dans le bus c'est un peu la vie de village. On se parle d'un bout à l'autre du bus, on mange, on ronfle, on rie, on râle, on a mal au cul-cul, on cuit sous la chaleur, on tremble de toute parts sous les vibrations du bus, qui sont telles, que tu peux retrouver tes affaires cinq places plus loin, ou te faire assommer dans ton sommeil sous le poid des paquets qui ne peuvent tenir en place. On dirait un peu le mercado central.
En dehors du bus, tout n'est que terre battue, routes exigües en lacets (que je ne comprends toujours pas comment le bus peut rouler là-dessus sans tomber!!!), paysages infinis et infiniment variés (je n'ai rien vu d'aussi beau!), et des cîmes, des cîmes, des cîmes, on ne fait que fleurter avec des sommets, de passer de plis en plaines, de montagnes en deserts, de couleurs en couleurs.
Tiens, en parlant de couleurs, c'est qui les seuls blancs du bus? C'est qui qui fait peur aux enfants et qu'on prend pour un extra-terrestre? Non, les yeux verts ne sont pas une arme lazer destinée à faire fondre du regard les petits Boliviens innocents, et la peau blanche n'est pas une dépigmentation anormale dûe aux conditions climatiques de Mars...
J'exagère... Mais à peine.
Et la pause pipi, c'est au milieu de nulle part. Les abuelas ont juste à se baisser, leur jupe protégeant leurs flancs des regards et que ça coule... La pause repas quand à elle, s'effectue dans la cantine d'un pueblo de trois ou six maisons, au milieu des mouches, de la poussière et des regards étonnés de voir du gringo attablé parmi eux. Au début t'es mal à l'aise, après c'est un pur bonheur de te sentir complètement étranger. Y'a cinq minutes d'adaptation.
Uyuni, Uyuniiiiii! (cette voix, on l'a encore dans les oreilles...)
Et bien Uyuni, c'est très particulier. Très peu Bolivien en définitive. On dirait un peu une ville fantôme, posée maladroitement entre les montagnes, et réabilitée par de malins Boliviens pour le tourisme de blancs. Car c'est la porte d'un petit paradis. Mais Uyuni, c'est de la poussière, du froid, des maisons de guinguois, des rues desertiques où des zombis identiques et tous pâles, tatoués de "$", parlant dans une langue barbare qui doit être de l'anglais ou de l'Israëlien, errent dans l'attente qu'un 4x4 vienne les arracher à ce lieu lugubre vers des contrées plus colorées.
Les rues ne sont peuplées que d'agences de tours pour visiter : le salar, l'île des pêcheurs, le village de sel, les hôtels de sel, le cimetière tribal, le cimetière des trains, les lagunas colorada (rouges, vertes, bordeaux, bleues, blanches.....), les geisers, les eaux chaudes, le desert de Dalì, le Volcan en activité, le desert rouge à 4800m, l'arbol de piedra, des formations rocheuses surréalistes etc. etc.
Une petite excursion de trois jours qui coûte la peau d'un cul de Lama. D'où le fait qu'il y a autant de zombis tous blancs en forte concentration et en forte consommation. Par chance, notre anglais hollywood chewing-gum s'est volatilisé (comme par miracle...), ce qui est très pratique pour ne pas se faire d'amis indésirés. ANTI-SOCIAL TU PERDS TON SANG FROID! WAAAAAAAH!
Nous avons fouiné pour trouver un petit tour de manège pas cher, ce que nous avons obtenu, assumant notre tourisme- bôfitude, car le site est un peu incontournable. Et nous avons même payé moins cher que nos con(s)-(dé)génèr(é)s, car le gars de l'impresa, voyant que nous disposions de bolivianos et non de dollars américains à baissé encore le prix et augmenté celui des autres passagers (ils n'ont pas vu la différence...) qui ont tout de suite parlé pognon. Et ils en ont eu pour leur fric, même au-delà! ANTI-SOCIAL....etc.!
Le drame c'est que pour admirer les splendeurs boliviennes, (leur plus grande richesse en définitive, car le pays est très très pauvre en bolivianos, mais riche en lieux uniques, matériaux précieux et en gentillesse, dixit un ami furibond : "c'est beau la Beau-livie!") le drame, donc, c'est qu'il faut se coltiner des colons collants, et vivre en collectivité avec la bêtise la plus crasse pendant trois jours (ANTI-SOCIAL!!! Nininininin nin ninin etc.). Mais bon c'est ainsi, et rien n'oblige d'être sympa.
Et bien en matière de gros cons moux du cerveaux nous avons eu une belle brochette!
Un couple d'Australiens aussi coincés et froids qu'une porte d'église, (pendant une seconde j'ai cru qu'on s'était trompé et qu'on était à bord d'un convoi funéraire...), un anglais (tout est dit) et un charmant petit couple de Français de 27 ans que je les aurais bien noyés (Anti-social!! WAAAA!), dont la partie Mâle était un ridicule petit fils de .... nobles, un petit gars tout putride, tout laid, tout prétentieux, tout ridicule, tout mort ; et dont la partie féminine était.... Bête et jolie. Profondément.
Bon, pour ce qui est de la partie Sud-Ouest bolivienne, ce fût une claquasse visuelle, olfactive et corporelle. Difficile à décrire en réalité. Il y a bien les photos... Mais ça n'en dit pas grand chose non plus... Le mieux ce serait qu'à votre tour vous y alliez et que vous vous tapiez une brochette de gros blaireaux.
En trois lignes :
Le salar était autrefois une mer, réunissant la Bolivie bien sûr, le Pérou et les USA... Heu non, le Chili! Et cette mer, paix à son algue, est montée au ciel (la sainte évaporation) laissant au commun des mortels un désert de sel de 1200 km, par douze mètres de fond. C'est éblouissant. En son horizon apparaissent quelques mirages et des sommets ( avec l'effet d'optique dû à la chaleur, ont croirait que les montagnes lévitent!), rien d'autre.
L'entrée du Salar de Uyuni, Uyuniiiii! est un petit village tout en sel! Des briques de sel, des maisons de sel, des bancs, des sièges, des tables, des lits, tout tout tout en chlorure de sodium! Nous avons dormi dans un gîte en sel (jour1), c'est incroyablement isolant et chaleureux. Et le sol était une plage de... sel, de toute part. Ki c'est le con k'a renversé la salière non d'une dune !?
Au milieu de cet océan immaculé, pointe une colline érissée de cactus : l'île des pêcheurs! Une merveille perdue dans l'aridité, où seules les plus mauvaises plantes voient le jour : ces phallus géants tout piquants et des touristes. Sinon rien que de la roche! Cf les images.
Pour ce qui est du cimetière des trains et des anciens indiens, des lagunas multicolores, des déserts rouges perchés, des geysers, et de tout ce que j'ai cité plus haut, ma foi, les photos bien que loin de la réalité, seront plus éloquentes. Face à ces images il n'y a qu'à se taire et contempler. ( et pleurer... comme toujours pour Gali...)
J'ai pris un malin plaisir à écouter les réactions de nos cons-pagnons de route face aux splendeurs organisées que nous louait le tour, et c'est très drôle de constater combien, ces éléments naturels imposants apauvrissent le vocabulaire (: "waho, c'est bô, c'est vert, c'est grand, c'est désert, c'est comme quand j'étais ici ou là (on s'en tape l'ami!),c'est bon la nourriture, c'est bô la Bô-livie..." et j'en passe des vertes et des pas mûres). Autant de neurones, autant de limites. Un cerveau tout entier dévoué à la seule recognition, à la plus basique recognition. Vous trouvez que je dis du mal? Non non je fais aussi de la recognition!
Bref, regardez les photos.
Ce qu'il n'y a pas sur les photos c'est notre mauvaise odeur (va prendre une douche quand il n'y en a pas ou qu'il fait moins 15 dans un refuge troué de toute part et pas chauffé!), la fatigue, le poids sur nos corps des heures de route, le lever à cinq heure du mat dans un froid polaire qui rend bi-polaire, surtout vers le pôle obscur de la force. Tout ça tout ça quoi.
Pour parcourir tout cela, nous avions bien entendu un chauffeur : Léonardo. Un peu d'oxygène enfin. Enfin un gars du coin, un vrai. Un fou le gars, il passait son temps à faire la course, à prendre les sentiers les plus pourris et accidentés, à réparer la bagnole qu'il malmenait... Et heureusement, il ne parlait que bolivien, ce qui faisait un ami, dans les limites de son job évidemment. Le pauvre bougre fait ça 7 jours/7, sans pause, sans dimanche, sans voir sa famille... Alors en matière de "c'est bô, c'est grand, c'est rouge, hô un lama, photo svp photo!" il en connaît un rayon.
Ce chico avait toute l'allure d'un magicien : de trois pauvre caissounettes rangées dans le coffre de la voiture et d'une bombe de gas sur le toit, il faisait des pizzas, de la viande, des légumes, des lasagnes ( sans four ! ) etc. Le repas de roi quoi. Tu penses bien que l'aristo ne se serait pas contenté de pain, de jambon et de fromage! Et il râle en plus le nain! Il veut quoi? Une coupelle en or? Du caviar? Une grosse claque dans sa petite gueule? Ok, j'arrive! (ANTI-...!)
Breeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeef!
Le point de départ est devenu le point d'arrivée : Uyuni, Uyuniiii! La ville n'a pas bougée et digère de nouveaux arrivants.
Nous sommes rincés, les yeux brulés, les lèvres explosées par le froid, complètement empoussiérés et ravis... ... ... ( De quitter la folle équipe aussi ! )
Une nuit de repos.
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, nous partirons. Vois-tu, Tupiza, nous savons que tu attends. Nous irons par les forêts, nous irons par les montagnes .... Nous ne pouvons demeurer loin de toi plus longtemps...
Nous en revanche, on ne sait pas trop ce qui nous attend...
samedi 19 avril 2008
Potosí donc...
Potosí, aux 15ème et 16ème siècles, a été la ville la plus riche et la plus peuplée du monde ! Plus que Rome, Paris, Londres...
A une altitude de 4050 m, elle est accrochée aux flancs du Cerro Rico, qui lui, culimine a 4500 m et qui n'est autre qu'une montagne minière... mais il ne s'agit pas ici de mines de charbon mais... d'argent !Pour faire court et simple disons que tout allait bien jusqu'à l'arrivée des espagnols, qui n'étaient franchement pas des rigolos...ils n'avaient pas vraiment le sens de l'humour... Et donc quand ils ont vu tout cet argent ( il y avait d'autres métaux mais à l'époque ça ne les interressait pas.. ), ils se sont dit : " Chouette, on va se faire plein de pognon et en plus c'est pratique tous ces "indigènes" là qui savent pas quoi faire de leurs journées, on va en faire des esclaves et comme ça nous on se fatigue pas... " Ni vu ni connu j´t'embrouille, l'affaire est dans le sac... Ils ont fait la razzia dans les villages, tout ce qui ressemblait à un homme se retrouvait dans les mines, travail forcé, et ce pour 6 mois sans sortir... et si au bout de 6 mois il en restait quelques uns de vivants, ils ressortaient et 6 mois après, paf rebelotte...
Je vous passe, les viols, les tortures et tout ça, tout ça...
Aujourd'hui il reste une ville dont certains annoncent la fin pour dans 10 ans... d'autres plus optimistes, lui donnent une trentaine d'années... Les mines sont toujours ouvertes, mais d'argent, il n'y en plus guère, des mineurs en revanche, il y en a trop... 12h de travail par jour pour parfois gagner 50 bolivianos ( en gros 5 euros... ) dans des conditions misérables, et c'est eux qui doivent acheter tout le matériel nécessaire ( pioches, dynamites, masques, lampes etc... ) et comme c'est cher, la plupart du temps ils n'ont aucune protection et meurent donc très jeunes... Voilà... Sympa comme devenir... Au moins ça nous remet les idées en place...
La ville en elle même est très belle. Des églises à tous les coins de rues ( durant sa grande époque, sa richesse ne provenait pas seulement des mines, mais aussi de ses écoles de peintures, des centres religieux, et bien sur du commerce ), et des restes de maisons coloniales incroyables aux couleurs, rouge, jaune et bleu...
Les 2 1ers jours nous étions tellement mal que la seule chose que nous avons pu faire a été de déambuler dans les ruelles ( sachant que dés que nous attaquions une montée, notre coeur s'emballait, nos poumons s'étouffaient, et que nous nous faisions doubler par les petites vieilles boliviennes, chargées comme des mulles.... des loques ! ).
C'est comme ça que nous sommes tombés sur le "Mercado Central ".
Alors ici point de supermarchés, ou de quelconques centres de distribution... Non non non...
Plutôt des sortes de Souks où l'on peut absolument tout trouver, de l'alimentaire à un ordinateur, en passant par des savons, et des habits...
Bien sûr il y a un ordre, ce qui se mange avec ce qui se mange et le reste avec le reste !
Et au milieu de tout ça toujours les boliviennes avec des petits stands de bouffe ( tout est possible : des empanadas, des glaces, des plats que tu manges à côté parce qu'il faut rendre l'assiette, des jus de fruits frais, des desserts en gelée,( ça c'est horrible ! ), et tout plein de choses tout à fait non identifiées, mais dont les odeurs ne présagent que du bon...pour le palais.. en revanche pour l'estomac..va savoir ! ).
Au rayon boucherie, nous sommes tombés nez à nez avec une peau de chèvre ( entière ), des museaux de vaches avec les babines, les dents et la langue qui pendouille, des tête de cochon et j'en passe...
Et aux rayons fruits et légumes, des tas de fruits que nous sommes incapables de reconnaitre, et dans ceux qu'on a reconnu, de la papaye et encore de la papaye ( miam ! ) et attention, MOSCOU spéciale dédicace....
Entre les papayes, les bananes, les poires et les raisins qu'est ce que j'ai trouvé... Je te le donne dans le mile Mimile : DES POMMES CANELLES ENORMES !!!!! Tu le crois ça ? Des pommes canelles.... que de bons souvenirs.... ( Yek Yek Yek... manque plus que des quenettes et là je crois qu'il faut que tu démissionnes de l'éducation nationale pour venir compléter la famille Lapoisse !! )
Bref, où en étais-je ?
Ah oui le marché....
N'oublions pas les épices, les fèves séches et salées, et le plus important la Coca...
Chapitre Coca : Ben c'est tout simplement la feuille de coca qu'ils font sécher... Ils ont des énormes sacs en toiles de jute remplis de feuilles de coca, et n'importe qui peut en acheter.
Il y a 2 façons de la prendre. Soit un maté ( une infusion ) soit ils la mâchent, en général avec une espèce de pate noirâtre, qu'ils se collent dans la joue... Partout tout le temps ça machouille, et ça crachouille un peu aussi.
Les mineurs, lorsqu'ils travaillent ne mangent pas ( oh ben manquerait plus que ça !! ), et pour tenir... coca, tout le temps.Ici c'est en vente libre, mais en Argentine, non !
Effectivement c'est à partir de là qu'est produite la cocaïne... mais enfin entre la feuille et la cocaïne, le chemin doit être bien long...
La coca a aussi la réputation d'aider à lutter contre le mal des montagnes... bon pour nous ça n'a pas suffit... mais je crois qu'il nous en aurait fallu une quantité éléphantesque !
Ce qui est drôle dans le marché c'est qu'en général ce sont de petites emplacements, et par exemple, au milieu d'énormes sacs de coca on va apercevoir ( et encore, en cherchant bien ! ) une bolivienne, qui ne peut presque pas bouger !
Chapitre les femmes boliviennes : Une grande majorité des femmes portent l'habit traditionnel, à savoir ( mais vous devez déjà avoir cette image en tête...) une jupe qui arrive aux genoux, plissée et qui recouvre je ne sais combien de jupons, de laquelle émergent une paire de jambes chaussées de sandales ( magnifiques les jambes en général ), un tablier, une bonne épaisseur de chandails, un chapeau ( souvent un chapeau melon noir, mais parfois chapeau de paille, ou bonnet, ou chapeau de toutes façons ) vissé sur le sommet du crane ( je comprends toujours pas comment il tient ! ), 2 nattes noirs de jeais ( on a très peu vu de cheveux gris ou blancs... noirs et noirs et encore noirs ) immenses, reliées entre elles par un cordon noir avec des pompons, et le fameux carré de tissus, plein de couleurs dont elles se servent de sacs à dos, dans lequel on peut trouver de tout y compris un enfant...
Leurs visages sont incroyablement beaux....
Elles sont fascinantes tout simplement...
De déambulations en tribulations nous avons parcouru une bonne partie de la ville et visité en particulier le couvent de Santa Teresa et la Casa de la Moneda.
Nous sommes restés quelques 2h30 dans le couvent à suivre notre petite guide passionante, à travers les siècles et la vie de ces frangines ( au maximum 21 et bien souvent moins, aujourd'hui elles sont 5 ) qui une fois rentrée dans le couvent à l'âge de 15 ans ( jour le plus beau de leur vie... car jour de leur mariage avec Dieu... bon chacun son truc ! ) ne mettaient plus le nez dehors. Leur vie était consacrée à la prière ( dévouement total à Dieu ), au jardinage aux travaux de tissage et à l'étude... et tout ça dans le silence... elles pouvaient discuter entre elles 2h par jour tout en travaillant et pis c'est tout. Pour ce qui est des relations avec leur famille, parloirs ( aveugles pendant très longtemps... ), sous la surveillance d'une frangine... et si la famille apportait quelques sucreries, elles utilisaient un système de tourniquet dans le mur afin qu'il n'y ait aucun contact physique...
Cette vie aussi dure qu'elle puisse paraitre était un grand privilège pour les jeunes filles qui y avaient accès.
( Dans un des patios, survit un pommier de 470 ans... qui fournit encore des fruits ! Moi je dis, ça fait douter... )
La casa de la moneda était le lieu de fabrication d'un grand nombre de monnaies d'Amérique du Sud mais aussi espagnoles ( et oui avec les mines d'argent y'avait de quoi faire... ). ll reste encore les machines énormes ( 2 étages tout de même ) qui permettaient d'affiner l'argent actionnées par 4 mules ) mais aussi les machines plus récentes. Les monnaies partaient par bateaux en descendant le Rio de la Plata ( Plata en castillan c'est l'argent, utilisé de la même façon que nous, pour signifier le métal et les sous sous... ) jusqu'à l'océan... je vous laisse imaginer les pirates, les trésors au fond de l'eau et tout ça tout ça... ( anecdote : les etats-uniens ont retrouvé un de ces " trésors ", qui donc appartient à la Bolivie... mais bon ces eux qui ont trouvé les caisses remplies de monnaies alors ils les ont gardées, mais comme ce sont des gens bien ils ont quand même donné 2 pièces ( Ouhou !!! ) à la Casa de la Moneda.... )
Pour finir notre visite, nous sommes allés visités les mines...
Au détour d'une rue, nous avons été aborés par Roberto, un bolivien édenté qui prétendait parler 7 langues ( pas flagrant... ) et connaitre les mines mieux que sa poche ( complètement flagrant ! ).
La ville est remplie d'agences qui proposent des visites à la mine et nous on tombe sur le seul gars qui fait ça tout seul, juste en abordant les gens... Ils nous donne rendez-vous sur la place principale le lendemain à 14h...Nous passons la soirée à nous demander si c'est une arnaque ou pas... et puis le lendemain nous décidons de lui faire confiance...
Nous étions seuls avec lui ( un tour dans les mines c'est par groupe de au moins 4 à 6 personnes... ). En parlant avec lui, nous apprenons, que Roberto est un ancien mineur, il a commencé à l'âge de 14 ans et à l'âge de 20 ans, pendant Noël ( c'est à dire quand tout le monde fait la fête et boit plein d'alcool pour oublier pendant quelques jours la dureté extrème de sa vie ), il s'est perdu dans les mines... tout seul... sans lumière.. pendant 3 jours ! (il nous a mis dans le noir pour nous montrer.. moins d'une minute... moi j'étais déjà hystérique ! ). Pour survivre il s'est assis et pour ne pas mourir de soif il a bu le seul liquide qu'il avait en sa possession... Sa famille l'a retrouvé et quand il est sorti il n'est plus jamais retourné travailler à la mine... alors il s'est mis à lire l'histoire de son pays et de sa ville... il parle Quechua courament ( c'est une langue aux sonorités incroyables, impossible à reproduire pour nos pauvres cordes vocales ! ) et de toute façon c'est la langue qu'ils utilisent la plupart du temps entre eux, le castillan c'est pour nous et pour les nouvelles générations qui ne veulent pas apprendre cette vieille langue... ( heureusement Evo Morales a réinstauré l'apprentissage du Quechua et de l'Aymara dans certaines écoles ). Bref on en autant appris sur la mine que sur Potosí et l'invasion des espagnols ( plus j'en apprends sur l'invasion des espagnols plus je me dis qu'ils arrivent en bonne place dans la cruauté... à l'époque bien sûr... ).
Donc cette visite...
Nous voilà parti avec Roberto.
1er arrét, le marché des mineurs.Il s'agit, à mon avis, de la rue la plus dangereuse du monde !
En effet tout le long de cette rue, se succèdent de petits locaux remplis de tout le matériel nécessaire aux mineurs... casques, lampes, masques, TNT, mèches et explosifs !! Comme ça, entassés un peu n'importe comment... une étincelle et c'est une explosion en chaine... et des explosifs et du TNT y'en a par centaines de kilos !
Bref il embarque un explosif ( il nous le montre en nous disant qu'il ne faut surtout pas le laisser tomber, et puis il le fourre dans son sac à dos ! ), 1 mèche et 1 kilo de TNT...
On repart.
2ème arret, le marché des cadeaux pour les mineurs... on ne visite pas les mines sans emporter des cadeaux pour les mineurs... coca, cloppes, coca, alcool ( 95 degrés... pour boire ! ), coca, chocolat pour les enfants, coca, coca, coca et encore un peu de coca !
On repart...
3ème arret, on s'habille. Ben oui c'est poussiéreux et dangereux ( ah bon !! ) la mine... Pantalon, veste, lampe ( ah j'ai oublié le nom du combustible... mais pas électrique donc ! A la flamme ! ) et casque bien sûr. )
On repart !!!!!
Et enfin nous voilà à l'entrée de la mine...
Et la visite commence... l'angoisse... un dédale de galeries, en général très basses, et très mal ettayées... on écoute et au bruit on rejoint les mineurs, qui ( ils ont l'habitude ) nous laisse passer un peu de temps avec eux ( bon l'avantage c'est que Roberto connait tout le monde ! )... bon c'est simple leurs conditions de travail c'est l'enfer.
Quelques feuilles de coca et nous repartons.
Et puis nous arrivons à La Rencontre... El Tio.
Précision : les mineurs sont généralement catholiques, très catholiques... à l'extérieur... parce qu'à l'intérieur, la divinité c'est le diable... el Tio.
Dans une galerie sans issue, nous nous retrouvons nez à nez avec une sculpture le représentant, assis, des cornes immenses et bien sur un sexe démesuré en érection ! il est recouvert de feuilles de coca, de confettis, de mégots et autres offrandes.
Tous les vendredis soirs les mineurs se retrouvent, pour lui faire ces offrandes, accompagnées de prières ( pour protéger leur famille, les aider à trouver un bon filon etc.. ), et ils passent quelques heures à discuter entre eux en prenant de la coca et en buvant leur alcool à 95 degrés (evidemment ils sortent tout bourrés ! )... et nous nous avons fait pareil, avec Roberto ( Jérémi a goutté l'alcool, moi j'a pas osé ! ) ! C'était génial... nous avons écouté Roberto nous raconter les histoires de la mine ( les apparitions du diable sous l'apparence d'un mineur pour acheter les âmes des mineurs contre un filon etc... ) et bien sur nous lui avons un peu parlé de la mine en France... On est resté plus longtemps que prévu car il y a eu 8 explosions pas loin de nous....
Franchement on risque notre vie tous les 4 matins !!!
Et à la sortie... tout n'était pas fini !
Roberto a sorti le TNT et tout le toutim... et il nous a fait une belle démonstration d'explosion ( sur les photos je tiens bien le sachet de TNT avec l'explosif et la mèche... alumée ! ).
C'était impressionnant...
Bref nous sommes rentrés remplis d'images, de mots, d'histoires...
Et puis le lendemain, nous quittons Potosí pour Uyuni...
A suivre...
PS : tous les enfants et toutes les filles se tordent le cou pour admirer Jérémi le flamboyant aux yeux verts !!! Moi en revanche... à part que je suis un peu pâle... nada !
mardi 15 avril 2008
La Bolivie ca se mérite...
Une fois la dame du consulat un peu secouée, elle nous a finalement annoncé qu'elle était vraiment navrée désolée mais qu'elle ne pouvait rien faire pour nous... non non vraiment... non il faut aller à Buenos Aires...
A Buenos Aires ? La très grande ville, géniale certe, mais qui est à 22h de bus de Salta ?!?!?!
...
Mais à quoi il sert votre p..... de consulat !!!!
Nous avons ralé, déprimé de ce retour en arrière et de cette énorme perte de temps et puis nous nous sommes résignés...
Des environs de Salta nous n'avons rien vu et il est clair que nous avons loupé beaucoup de sites magnifiques... Salta en revanche, nous l'avons traversée dans tous les sens et c'est très jolie ( comme vous l'avez peut-être vu sur les photos ).
Bref, nous revoilà à Buenos Aires.
Soyons honnêtes, nous étions aussi ravis de revoir l'ami Dorian à qui nous avions fait la surprise de débarquer chez son grand ami Dany.
Nous avons passé la semaine dans sa nouvelle maison et une fois nos nouveaux passeports en poche ( attention ils ne sont valables qu'un an et ne possèdent que 10 pages... ) nous n'avions qu'une envie c'est de repartir direction LA BOLIVIE !!!!!
Et nous, naïfs, qui pensions qu'une fois les passeports récupérés tout allait rouler....
Héhéhé...
Vendredi 11 avril 13h45 nous montons dans le bus qui doit nous ammener à Jujuy.
Samedi 12 avril 13h30 nous arrivons à Jujuy ( je vous passe la nuit fabuleuse remplie de ronflements, des discussions entre 2 vieux à 2h du mat et du jeune qui passe son temps à écouter sa clef USB très très fort !!! ), on est fatigué et fourbu mais c'est pas grave, la Bolivie est là toute proche !
Pour passer en Bolivie d'Argentine il y a 3 postes frontières desquels on peut aller dans différentes villes.
Nous, nous voulions aller à Aguas Blancas, mais ( c'est là que ça commence... ce "mais" c'est quelque chose de terrible ! ) toutes les cies de bus nous expliquent que ça n'est pas possible car des manifestants bloquent les routes et ce pour une durée indeterminée, évidemment... ( dans la famille Lapoisse je demande : Gali et Ji....)
Bon vu que nous voulons tout voir en Bolivie ( et ben on rêve, oui oui oui ! ), nous changeons de tactique et cette fois direction La Quiaca. Là pas de problème de bus... juste il part à 1h du mat pour arriver là-bas à 6h30 du matin... Non, nous ne ralerons pas...
Dimanche 13 avril 6h30 arrivée à la Quiaca... On n'a pas dormi, il fait froid et nuit et il faut traverser la frontière à pied.... et comme c'est dimanche les postes de frontières ne sont pas pressés d'ouvrir...
Nous finissons pas traverser cette fichue frontière et nous voilà à Villazon, Bolivía !!!!
Et là c'est effectivement le choc, en quelques mètres nous passons dans une autre culture, des visages complètement différents, les bruits, les odeurs, les couleurs... Les gens sont magnifiques, et surtout les femmes. Avec Jérémi nous ne savons plus où regarder, on voudrait les prendre tous en photos..
Mais le temps manque, il nous faut une correspondance pour Potosí... A peine approchons nous du terminal de bus que nous nous faisons assaillir par tous les vendeurs de billets de bus :" La Paz, Sucre, Tupiza, Santa Cruz, Potosí... " Ah ça c'est pour nous.
Et à 8h nous remontons dans l'ultime bus de ce trajet... et les bus aussi, sont différents, très différents... et les routes.. les quoi ? Ah oui... il n'y a que très peu de route asphaltée ici, grosso modo uniquement entre les grandes destinations, pour le reste il faudra faire avec les chemins de terre poussiéreux...
C'était du tout terrain, franchement ce sont des pros de la conduite !
Et là plus le temps passe plus nous nous sentons mal... moi je m'endors tout le temps ( ce qui, aux vues des conditions de voyage, est totalement impossible ! ), des maux de tête nous envahissent, et nos jambes gomflent, gonflent, gonflent... ( en fait moi je gonfle de partout... de la tête aux pieds... V'est très laid, je ressemble à un Barbapapa...)
Même jour 16h nous arrivons à Potosí et nous sommes franchement en mauvais état, mais nous mettons ça sur le compte du voyage. Nous repérons une auberge, nous attrapons un taxi qui nous laisse 10 min après devant une porte close... l'auberge est en réparation ( dans la famille Lapoisse je demande : les 2 morts-vivants... ).
Et là nous errons dans les rues de Potosí ( je ne sais même pas oú nous avons trouvé la force de marcher ), et tout est complet ou très cher... Nous arrivons dans un endroit glauqe, dans une chambre miteuse, mais enfin la responsable nous assure que la douche est chaude... 10 min après je suis sous la douche... 3 gouttes d'eau gelée me tombent sur la tête...
...
...
Et là je vois rouge, j'ai l'impression que mon crane va exploser, j'ai froid, je n'arrive plus à respirer. Jérémi pareil...
On remballe, Jérémi descend en lui expliquant que non c'est pas possible, que nous partons, mais avec notre argent... et évidemment ça coince... Je débarque, avec ma tête toute gonflée, les yeux au milieu de la figure, l'air tout à fait fou et très méchant...
Nous revoilà dans la rue avec nos 70 bolivianos... et SDF...
Enfin nous trouvons, une chambre, dans une auberge fort jolie et fort calme...
Mais ( no comment.. ) contairement à ce que nous croyions, il n'est pas encore temps pour nous de se reposer tranquillement.
Les maux de tête, les gonflements, les nausées, les pertes d'équilibre, les difficultés à respirer ne font qu'empirer... Et là nous posons LA question au responsable de l'auberge : " A quelle altitude sommes nous exactement ? "
....
Et LA réponse fatidique tombe : · 4050 m....
En 2 jours et demi nous avons parcouru quasiment 2500 km, sans dormir, et nous sommes passés du niveau de la mer à pas loin de l'altitude du Mont Blanc....
Nous sommes entrain de souffrir du mal des montagnes... ( dans la famille lapoisse je demande : Le joker.. Sarah qu'istifou en Algérie ? )
Les 2 nuits suivantes ont été cauchemardesques... des maux de tête à croire que notre cerveau ne survrivait pas ( l'un comme l'autre on se tapait la tête pour calmer la douleur ), des nausées encore et encore, impossible de manger ou boire, des palpitations en permanence et une fatigue démesurée...
Dans la journée nous n'arrivions à rien, car le moinde effort nous essouflés ( surtout que la ville est à flanc de montagne dc ça monte... )... Nous avons essayé le remède local : la mastication de feuilles de coca ou l'infusion.
Résultat en plus de tout ça maintenant nous sommes drogués....
Mais non ! je deconne... la feuille de coca c'est bien de là que vient la cocaïne, mais ça n'a pas plus d'effet qu'une bonne verveine !
Et puis un peu d'oxygène est parvenu jusqu'à notre cerveau tout sec et nous avons eu l'idée géniale d'aller à la pharmacie ! Ouhouhou !!!
Depuis ça va beaucoup mieux... mais enfin, c'est pas evident !
Bientôt on vous raconte vraiment Potosí... Parce que c'est absolument grandiose !
mardi 1 avril 2008
1er Avril...et joyeux anniversaire !
Ceci n'est pas un poisson d'avril... c'est un mail d'avril, c'est tout !
Alors le 1er avril c'est 1 mois après le 1er mars...
Cela fait donc 1 mois, que nous avons oublié de souhaiter l'anniversaire de notre grand Sylvain... Honte sur nous !
Alors Sylvain nous te souhaitons un très joyeux anniversaire plus 1 mois !
Je dirais même un excellent anniversaire plus 1 mois !
On t'embrasse très fort !
Alors le 1er avril c'est 1 mois après le 1er mars...
Cela fait donc 1 mois, que nous avons oublié de souhaiter l'anniversaire de notre grand Sylvain... Honte sur nous !
Alors Sylvain nous te souhaitons un très joyeux anniversaire plus 1 mois !
Je dirais même un excellent anniversaire plus 1 mois !
On t'embrasse très fort !
Tête d'oeuf
Pas mal Juan, la metaphore des oeufs! même une poulette avertie peut faire de l'omelette...
Bisous chico!
Bisous chico!
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