(Les amis, vous avez de la lecture car nous avons pris du retard. Vous devez donc commencer par le bas de la page pour lire les messages dans l'ordre... ( "Potosí, donc...", "Uyuni, Uyuniiii "et enfin celui-ci... Compris ! )
Alors.
Apres le passage Uyuniesque, nous avons souffert le voyage vers Tupiza. Je passe le chapitre sur la beauté des lieux traversés et sur l'infernale torture physique.
Bon, Tupiza, petite bourgade tranquille et presque frontalière n'était censée être qu'une banale étape vers Tarija. Mais comme le bus ne décollait qu'à 20h... Il fallait bien occuper le temps sans le perdre.
Pourquoi ne pas faire une charmante balade dans ce coin très réputé et très vanté par ses habitants? Et pourquoi ne pas le faire en canasson!?
C'est sur ce coup de tête que nous avons crapahuté cinq heures durant dans les canyons incas, rouges, arides, hauts comme des cathédrales gothiques ; traversant entre autre la porte du diable : bouche par laquelle les espagnols sont venus coloniser Tupiza.
Le tout sans casque, à trotter, galoper, arpenter la terre poussiérieuse.
La selle : du fer recouvert de peau de mouton.... placebo...
Un pur régal pour les yeux, une épreuve pour le corps.
Nos deux accompagnateurs : 11 ans et un mètre 20 pour l'un, quinze ans pour l'autre. C'est dire si c'était encadré... Ils ont passé leur temps à déconner, à nous faire détaler, à frimer, faire du canasson comme des dieux, se chamailler etc.
Aujourd'hui nous avons le cul tané, brûlé par la selle, les muscles tétanisés, mais non d'un bouc, on s'est éclaté. Franchement, dans ce cadre, avec ces deux sauvageons, ventre à terre, tu t'y crois vraiment.
Limite on aurait voulu se tirer avec les bestiaux et continuer le voyage comme ça.
Mais bon, il fallait bien les rendre, même s'ils étaient un peu comme les nôtres.
Bus, bus, bus pour Tarija, nous voilà!
Mais, au fait, pourquoi n'y a-t-il qu'un seul horaire et qui plus est de 20h à cinq heure du matin?
Parce qu'il fait chaud et que la route est sinueuse répond la vendeuse de billet.
Mouais, j'ai vite compris.
J'ai eu le malheur d'ouvrir un oeil et d'apercevoir la route! Vous connaissez la route de la Mort, à la Paz? Et bien, tout pareil. Étroitesse, dénivelés et précipices sur le bord du chemin. Le bus qui s'emballe dans la pente, qui pile quand il rencontre un autre véhicule, et qui recule autant qu'il faut pour trouver un passage moins étroit pour pouvoir se croiser. Et quand ils se croisent! C'est à se faire dessus.
À chaque coup de frein, je sortais de mon pré-sommeil et faisait un bond sur mon siège. L'abuela à ma droite était dans le même état ce qui m'a rassuré sur mon comportement extrême.
S'il n'y a qu'un seul horaire et qui plus est de nuit, c'est juste parce qu'il est moins horrible de mourir dans son sommeil en cas d'accident, oui!
Ps : anecdote : Dans Tupiza, Gali, en l'échange de boisson alcoolisée, s'est faite soudoyer par un adolescent du coin pour faire ses devoirs d'anglais!
Tant pis, je dénonce!
Sans déconner, il ne manque pas de ressource ce petit jeune pour suppléer à ses lacunes en Anglais! Fallait oser.
toujours sans déconner, qu'est ce qu'elle ferait pas Gali pour pas payer sa bière!
Ps2 : Pardonnez le caractère décousu de ce message, mais ça fait exactement 3h45 et 46 sec que je me brule les yeux devant l'ecran. J'en peux pu! Salut.
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