Uyuni, Uyuniiiiiiiiiii!
Ça c'est le cri de la vendeuse de billets de bus de Potosi. Charmante comme une bolivienne, mais dotée d'un porte voix en guise de cordes vocales.
Une fois que les abuelas ont acheté leurs cuisses de poulet frit qui vont hanter par leur odeur le bus, nous pouvons démarrer! Soit une demi-heure apres l'heure prévue. De vraies gitanes celles-là. Elles se foutent de tout. Et le chauffeur, certes concilliant, a tout intérêt à les attendre s'il veut arriver à bon port avec ses corrones intactes...
La route...comment dire...
Dans le bus c'est un peu la vie de village. On se parle d'un bout à l'autre du bus, on mange, on ronfle, on rie, on râle, on a mal au cul-cul, on cuit sous la chaleur, on tremble de toute parts sous les vibrations du bus, qui sont telles, que tu peux retrouver tes affaires cinq places plus loin, ou te faire assommer dans ton sommeil sous le poid des paquets qui ne peuvent tenir en place. On dirait un peu le mercado central.
En dehors du bus, tout n'est que terre battue, routes exigües en lacets (que je ne comprends toujours pas comment le bus peut rouler là-dessus sans tomber!!!), paysages infinis et infiniment variés (je n'ai rien vu d'aussi beau!), et des cîmes, des cîmes, des cîmes, on ne fait que fleurter avec des sommets, de passer de plis en plaines, de montagnes en deserts, de couleurs en couleurs.
Tiens, en parlant de couleurs, c'est qui les seuls blancs du bus? C'est qui qui fait peur aux enfants et qu'on prend pour un extra-terrestre? Non, les yeux verts ne sont pas une arme lazer destinée à faire fondre du regard les petits Boliviens innocents, et la peau blanche n'est pas une dépigmentation anormale dûe aux conditions climatiques de Mars...
J'exagère... Mais à peine.
Et la pause pipi, c'est au milieu de nulle part. Les abuelas ont juste à se baisser, leur jupe protégeant leurs flancs des regards et que ça coule... La pause repas quand à elle, s'effectue dans la cantine d'un pueblo de trois ou six maisons, au milieu des mouches, de la poussière et des regards étonnés de voir du gringo attablé parmi eux. Au début t'es mal à l'aise, après c'est un pur bonheur de te sentir complètement étranger. Y'a cinq minutes d'adaptation.
Uyuni, Uyuniiiiii! (cette voix, on l'a encore dans les oreilles...)
Et bien Uyuni, c'est très particulier. Très peu Bolivien en définitive. On dirait un peu une ville fantôme, posée maladroitement entre les montagnes, et réabilitée par de malins Boliviens pour le tourisme de blancs. Car c'est la porte d'un petit paradis. Mais Uyuni, c'est de la poussière, du froid, des maisons de guinguois, des rues desertiques où des zombis identiques et tous pâles, tatoués de "$", parlant dans une langue barbare qui doit être de l'anglais ou de l'Israëlien, errent dans l'attente qu'un 4x4 vienne les arracher à ce lieu lugubre vers des contrées plus colorées.
Les rues ne sont peuplées que d'agences de tours pour visiter : le salar, l'île des pêcheurs, le village de sel, les hôtels de sel, le cimetière tribal, le cimetière des trains, les lagunas colorada (rouges, vertes, bordeaux, bleues, blanches.....), les geisers, les eaux chaudes, le desert de Dalì, le Volcan en activité, le desert rouge à 4800m, l'arbol de piedra, des formations rocheuses surréalistes etc. etc.
Une petite excursion de trois jours qui coûte la peau d'un cul de Lama. D'où le fait qu'il y a autant de zombis tous blancs en forte concentration et en forte consommation. Par chance, notre anglais hollywood chewing-gum s'est volatilisé (comme par miracle...), ce qui est très pratique pour ne pas se faire d'amis indésirés. ANTI-SOCIAL TU PERDS TON SANG FROID! WAAAAAAAH!
Nous avons fouiné pour trouver un petit tour de manège pas cher, ce que nous avons obtenu, assumant notre tourisme- bôfitude, car le site est un peu incontournable. Et nous avons même payé moins cher que nos con(s)-(dé)génèr(é)s, car le gars de l'impresa, voyant que nous disposions de bolivianos et non de dollars américains à baissé encore le prix et augmenté celui des autres passagers (ils n'ont pas vu la différence...) qui ont tout de suite parlé pognon. Et ils en ont eu pour leur fric, même au-delà! ANTI-SOCIAL....etc.!
Le drame c'est que pour admirer les splendeurs boliviennes, (leur plus grande richesse en définitive, car le pays est très très pauvre en bolivianos, mais riche en lieux uniques, matériaux précieux et en gentillesse, dixit un ami furibond : "c'est beau la Beau-livie!") le drame, donc, c'est qu'il faut se coltiner des colons collants, et vivre en collectivité avec la bêtise la plus crasse pendant trois jours (ANTI-SOCIAL!!! Nininininin nin ninin etc.). Mais bon c'est ainsi, et rien n'oblige d'être sympa.
Et bien en matière de gros cons moux du cerveaux nous avons eu une belle brochette!
Un couple d'Australiens aussi coincés et froids qu'une porte d'église, (pendant une seconde j'ai cru qu'on s'était trompé et qu'on était à bord d'un convoi funéraire...), un anglais (tout est dit) et un charmant petit couple de Français de 27 ans que je les aurais bien noyés (Anti-social!! WAAAA!), dont la partie Mâle était un ridicule petit fils de .... nobles, un petit gars tout putride, tout laid, tout prétentieux, tout ridicule, tout mort ; et dont la partie féminine était.... Bête et jolie. Profondément.
Bon, pour ce qui est de la partie Sud-Ouest bolivienne, ce fût une claquasse visuelle, olfactive et corporelle. Difficile à décrire en réalité. Il y a bien les photos... Mais ça n'en dit pas grand chose non plus... Le mieux ce serait qu'à votre tour vous y alliez et que vous vous tapiez une brochette de gros blaireaux.
En trois lignes :
Le salar était autrefois une mer, réunissant la Bolivie bien sûr, le Pérou et les USA... Heu non, le Chili! Et cette mer, paix à son algue, est montée au ciel (la sainte évaporation) laissant au commun des mortels un désert de sel de 1200 km, par douze mètres de fond. C'est éblouissant. En son horizon apparaissent quelques mirages et des sommets ( avec l'effet d'optique dû à la chaleur, ont croirait que les montagnes lévitent!), rien d'autre.
L'entrée du Salar de Uyuni, Uyuniiiii! est un petit village tout en sel! Des briques de sel, des maisons de sel, des bancs, des sièges, des tables, des lits, tout tout tout en chlorure de sodium! Nous avons dormi dans un gîte en sel (jour1), c'est incroyablement isolant et chaleureux. Et le sol était une plage de... sel, de toute part. Ki c'est le con k'a renversé la salière non d'une dune !?
Au milieu de cet océan immaculé, pointe une colline érissée de cactus : l'île des pêcheurs! Une merveille perdue dans l'aridité, où seules les plus mauvaises plantes voient le jour : ces phallus géants tout piquants et des touristes. Sinon rien que de la roche! Cf les images.
Pour ce qui est du cimetière des trains et des anciens indiens, des lagunas multicolores, des déserts rouges perchés, des geysers, et de tout ce que j'ai cité plus haut, ma foi, les photos bien que loin de la réalité, seront plus éloquentes. Face à ces images il n'y a qu'à se taire et contempler. ( et pleurer... comme toujours pour Gali...)
J'ai pris un malin plaisir à écouter les réactions de nos cons-pagnons de route face aux splendeurs organisées que nous louait le tour, et c'est très drôle de constater combien, ces éléments naturels imposants apauvrissent le vocabulaire (: "waho, c'est bô, c'est vert, c'est grand, c'est désert, c'est comme quand j'étais ici ou là (on s'en tape l'ami!),c'est bon la nourriture, c'est bô la Bô-livie..." et j'en passe des vertes et des pas mûres). Autant de neurones, autant de limites. Un cerveau tout entier dévoué à la seule recognition, à la plus basique recognition. Vous trouvez que je dis du mal? Non non je fais aussi de la recognition!
Bref, regardez les photos.
Ce qu'il n'y a pas sur les photos c'est notre mauvaise odeur (va prendre une douche quand il n'y en a pas ou qu'il fait moins 15 dans un refuge troué de toute part et pas chauffé!), la fatigue, le poids sur nos corps des heures de route, le lever à cinq heure du mat dans un froid polaire qui rend bi-polaire, surtout vers le pôle obscur de la force. Tout ça tout ça quoi.
Pour parcourir tout cela, nous avions bien entendu un chauffeur : Léonardo. Un peu d'oxygène enfin. Enfin un gars du coin, un vrai. Un fou le gars, il passait son temps à faire la course, à prendre les sentiers les plus pourris et accidentés, à réparer la bagnole qu'il malmenait... Et heureusement, il ne parlait que bolivien, ce qui faisait un ami, dans les limites de son job évidemment. Le pauvre bougre fait ça 7 jours/7, sans pause, sans dimanche, sans voir sa famille... Alors en matière de "c'est bô, c'est grand, c'est rouge, hô un lama, photo svp photo!" il en connaît un rayon.
Ce chico avait toute l'allure d'un magicien : de trois pauvre caissounettes rangées dans le coffre de la voiture et d'une bombe de gas sur le toit, il faisait des pizzas, de la viande, des légumes, des lasagnes ( sans four ! ) etc. Le repas de roi quoi. Tu penses bien que l'aristo ne se serait pas contenté de pain, de jambon et de fromage! Et il râle en plus le nain! Il veut quoi? Une coupelle en or? Du caviar? Une grosse claque dans sa petite gueule? Ok, j'arrive! (ANTI-...!)
Breeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeef!
Le point de départ est devenu le point d'arrivée : Uyuni, Uyuniiii! La ville n'a pas bougée et digère de nouveaux arrivants.
Nous sommes rincés, les yeux brulés, les lèvres explosées par le froid, complètement empoussiérés et ravis... ... ... ( De quitter la folle équipe aussi ! )
Une nuit de repos.
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, nous partirons. Vois-tu, Tupiza, nous savons que tu attends. Nous irons par les forêts, nous irons par les montagnes .... Nous ne pouvons demeurer loin de toi plus longtemps...
Nous en revanche, on ne sait pas trop ce qui nous attend...
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2 commentaires:
Coucou
Pour les photos , a quelle altitude êtes vous ?
Est ce c'est bien de la neige que l'on voit à un certain moment???
Bises
Françoise et Sylvain
Pour notre quotidien sous SARKO..Sachez que nous assistons à une pantalonnade entre les personnes du pouvoir et celles des média ..
Leur discours est faux ...mais personne ne vient les confronter et surtout pas les journalistes ....
Cela donne envie de crier ..plus fort qu'eux...mais à quoi cela sert et à qui adresser ces cris ????
En attendant , reste la grève au boulot qui aura lieu le 15/05
Bises
Françoise et Sylvain
Françoise
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