vendredi 30 mai 2008

Rurrenabaque côté... Selva !!!

Retour le Pampa... re-trois heures de l'antiquité annoncée comme un 4x4, dans la chaleur et la poussière, et la poussière, et la poussière... Et oh surprise, sur la route l'oeil perçant de notre guide repère ce qui pourrait être un singe au sommet d'un arbre...
Que nenni ! En fait d'un singe il s'agissait d'un bon gros paresseux pendouillant !
Terminée la pause, le chemin de terre nous attend...
Arrivés à Rurrenabaque nous n'avions qu'une obsession en tête : la douche froide...
Jamais au grand jamais, mon corps n'avait produit une eau de cette couleur... au nom de tous les saints de France et de Navarre et de la sainte trinité du pain du vin et du boursin, je le jure ! Vous avez pu constater la pureté de l'eaude la rivière aux pirhañas sur les photos... et ben même couleur !
Un exquissime surubi au fond du ventre ( oui, nous passons un certain à manger certe, mais nous savons déjà que la saveur de ces poissons ne viendra pas délecter nos palais de sitôt... alors ne nous privons pas ! ) et une courte nuit de sommeil, et nous nous retrouvons une fois de plus dans le ventre d'une pirogue...

Mais où sont nos traditionnels joyeux touristes de compagnons ? Et là... oubliée la famille Lapoisse !Les tours se font au maximum avec 6 personnes et au minimum avec... 2... et nous sommes les 2 seuls blanc-becs à être inscrits !

C'est parti pour 3 heures au fil de l'eau, à remonter le fleuve Beni.Sous nos yeux défile déjà un paysage incroyable qui n'a rien en commun avec celui de la Pampa... Le fleuve s'enfonce entre des falaises recouvertes d'une végétation dense aux verts qui se déclinent à l'infini, succèdent des plages de galets ou de terre argileuse où sêchent barques et pirogues et à nouveau des falaises...

A l'arrivée nous sentons instantanément les brulures du soleil, mais très vite nous nous enfonçons de quelques mètres dans la forêt jusqu'aux cahutes qui vont nous servir d'hébergement. Cahutes peut-être, mais quel confort !
Surélevées, en prévention des crues ( durant la saison des pluies le niveau de l'eau peut monter de plus ou moins 6m... ), toutes en bois, avec un toit de feuilles tressées... Ça, c'est le travail de malade qui rend fou, pire que le supplice de la petite cuillère, j'en suis sûre ! Les feuilles on les a vues...des feuillounettes de rien du tout, qui payent pas de mine. Sur un toit il doit y en avoir des milliers entrelacées les unes à côté des autres, bien sérrées... je refuse même d'imaginer le temps que ça prend ! Résultat, le toit est là depuis 15 ans, et en 15 ans il n'a pas bougé, il n'a pas laissé passer une goutte d'eau... rien, nada, limite chiant-pas-drole !
Et de l'intérieur, ben c'est magnifique... Bon après, les lits avec moustiquaire... ben ils savent bien que les bronzés comme des bidets attirent les suceurs de sang comme le sol la confiture de ta tartine, et les hamacs devant la porte qui se prètent à merveille à une petite sieste...

Au programme...
-Jour 1 : On réembarque avec notre guide et le capitaine de notre pirogue... et ben même,
une pirogue c'est un bateau , donc celui qui conduit c'est un capitaine...
Après quelques passages difficiles où les garçons ont poussé ( moi j'ai fait la fille... ne poussez pas de hauts cris, de toute façon y'avait trop d'eau, à part nageoter je n'aurais rien pu faire ! ), nous accostons et nous nous enfonçons dans une végétation touffue comme la tête de Jérémi, avec les moustiques et autres bestioles volantes, grimpantes et rampantes... les petites fourmis rouges là... faut pas les toucher, parce que leurs piqures ne sont pas méchantes et vous serez bon pour 24h de fièvre...
...
Bon ok je zénifie ! Tout va bien se passer, tout va bien se passer...
Et comme le sol est tout boueux je grogne et regrette de ne pas avoir pris mes chaussures de marche... et là je lève le nez... et je constate que notre capitaine est en tongue mais pas pour longtemps... Pieds nus c'est quand même plus pratique ! Et puis comme ça tu salis pas tes godasses ! C'est marrant je n'y avais pas pensé...
Bref...
Les moustiques et la boue ont vite été oubliés... En très peu de temps nous sommes arrivés dans un... un je ne connais pas le mot français en fait... une sorte de marais boueux, lieu de résidence de cochons sauvages qui effectivement avaient laissé leur odeur... délicate !
Le fou fou pied nu est parti 5 min et est revenu avec une grosse tortue de terre, mais déçu car les cochons étaient trop loin... Et ensuite... nous avons marché et grimpé en pleine forêt ( au passage nous avons croisé des traces de jaguar toute fraiches, de tapir et de capibara, la bestiole drole avec une grosse tête placide dans les photos de la pampa, plus gros rongeur du monde ), pour arriver, à la tombée du jour au sommet d'une falaise... Nous avions sous les yeux une vue infinie sur la forêt, et sous nos pieds un précipice. Le grand malade a jeté une branche et de la falaise se sont envolés des dizaines de couples de perroquets... un son et lumière rien que pour nous...
( Message à caractère informatif : Les perroquets vivent en couple toute leur vie, si y'en un qui meurt et ben l'autre ne se remarie jamais et
madame pond 2 oeufs par an un garçon et une fille toujours... ça rigole pas chez les perroquets, attention ! )...
Ah... pour que tout le monde se marre... je pense que dans l'après-midi j'ai du me vautrer une bonne 20aines de fois ( et puis bien comme il faut... ) sous les yeux hilares de tous les garçons ( évidemment ! )... un coup ça glisse, un coup ça trébuche, un coup ça éboulise, un coup c'est trop grand à enjamber, un coup y'a un trou et je l'avais pas vu... cherchez pas, j'ai expérimenté toutes les possibilités de chutes !
Après ça sous la moustiquaire et nous nous endormons dans le silence.... ah ben non, la forêt vierge c'est pas silencieux du tout, c'est même super bruyant... et ça croasse, et ça grillone, et ça pioupioute, et ça craquète, et ça vrrrt vrrrt, et ça craquepouite (... ),et ça bzz bzz, et ça crognote... toute une symphonie ! Et j'allais oublié le singe hurleur... Alors celui là il est trop flippant... on dirait des feulements de puma ou de gros minous dangereux !
Les amis, c'était le paradis... des nuits pareilles, je voudrais bien en prendre pour quelques années...

-Jour 2 : pas de bateau... du coup le va-nu-pied ne nous a pas accompagnés... nous étions un peu déçus... ben oui, avec sa machette, ses chaussures naturelles et ses imitations de tous les animaux, c'était un peu le guide parfait..né dans la forêt ( en même temps il en a profité pour aller pêcher un poisson énorme que bien sûr nous avons déguster... mmm c'était trop bon ! ).
Mais pas grave, l'autre guide, le vrai, enfin celui payé pour ça, était marrant, avec lui aussi une machette dont il jouait très bien ! Chling chling... ah ben desuite ça fait plus vrai, plus aventure, plus Indiana Jones quoi... ceci dit y'a eu quelques fois où nous étions bien contents qu'il en ait une !
Et donc nous voilà parti pour 4h de marche dans la jungle. Au programme des arbres immenses qui essayent d'atteindre la lumière, des arbres qui mangent d'autres arbres ( si si, ils les entourent avec des branches-tentacules et les etouffent et après ils s'installent à leur place...tsss mauvaise mentalité... ), des lianes que moi je croyais que c'était des branches, voire des troncs (... ), des lianes toutes torsadées, des fleurs aux couleurs flamboyantes, des palmiers, des bananiers, des cocotiers, des papayers (??? je sais pas moi comment s'appelle l'arbre à Papayes... ), des plantes à yuccas ( Oh p... ça c'est trop bon ! ),des arbres qui marchent, des arbres aux troncs recouverts de grosses épines, des singes qui passent comme des fous au dessus de ta tête, des piafs, des moustiques ( ben oui sinon c'est pas drole ) et des cochons sauvages.... ah les cochons sauvages ça on en a vu... Nous avons croisé 4 groupes et bien sûr nous les avons approchés... d'abord ça pue ! Et puis ça fait un peu peur... bon ils ne sont pas très gros, mais ils sont nombreux et organisés... y'a des sentinelles... alors ça grogne, ça grogne et subitement nous entendons un claquement très fort qui se reproduit... ça veut juste dire que nous sommes trop proches et les sentinelles claquent leurs dents de devant pour le signaler au groupe... ainsi qu'à nous au passage ! C'est assourdissant et quand 40 cochons font ça et partent en courant et en passant à 10 m de toi... et ben je vous garantis que c'est impressionnant...moi j'étais pas fière !
Au fil de la promenade nous avons aussi ramassés des noyaux de fruits destinés à se tranformer en bague...
Retour au bercail et l'après-midi atelier bague donc... Bon je vous passe les détails... cisaille cisaille, ponce, ponce, ponce, ponce, et reponce, et reponce donc un peu va... et à la fin un peu de cendres et de terre et voilà une jolie bague que l'on retouve dans tous les marchés et magasins ethniques de France !
Ça a tellement plu à Jérémi que le lendemain il a du ramasser au moins 300 noyaux... pour faire des bagues et les ramener en France ...
Pour finir
la journée en beauté , nous sommes partis à nouveau dans la forêt.. mais de nuit...
Les bruits bien sûr, mais le ciel étoilé en plus, les odeurs et les lucioles...

-Jour 3 : Reballade de 4 heures dans la forêt... Un peu la même que la veille en fait...
Et non...
Nous marchions tranquillement sans parler ( d'abord le lieu prète au silence égoïste, et puis ce n'est pas en jacassant que nous riquions de voir ou entendre quoi que ce soit.. ), et là nous entendons des cris tout proche qui ressemblaient bien à ceux d'un cochon... mais seul, ce qui n'est pas normal... Notre guide, Robin ( j'avais oublié.. une fois sur deux ils ont des noms tout pourri mais je suis sûre que c'est pour que les touristes arrivent à les prononcer... ), s'enfonce dans un fouret touffu et nous plante pendant 20 minutes... Et vasy qu'il imite le bruit du cochon et que le cochon couine qu'il en peut plus...
Et au bout de 20 minutes le voilà qui ressort tout transpirant et enfeuillé avec dans les mains un bébé cochon de 2 semaines... il avait encore un bout de son cordon ombilical... Dés qu'il le posait parterre il tournait sur lui-même comme une toupie pour retrouver son chemin.. Mort de rire !
Nous sommes repartis, avec le cochonounet qui beuglait, à la recherche d'un groupe de cochons et bien sûr, nous ne l'avons jamais trouvé ! Du coup nous avons ramené porcinet avec nous ! Et nous l'avons laissé aux bons soins ( je reste dubitative.. ) du couple qui garde les lieux.
Voilà la forêt c'est fini...
Nous embarquons le coeur gros...
La pampa c'était vraiment bien... mais la forêt... nous y serions bien restés quelques...années de plus...

Nous revoilà à Rurrenabaque, où il fait toujours aussi bon vivre...
Bilan : quelques bleus pour moi, et quelques piqures de moustiques, pour Jérémi pas de bleu... mais en piqures de moustiques... il m'a largement battu ! Son mollet a d'ailleurs un peu gonflé !
Mais surtout... des images plein la tête et des bruits qui roulent encore dans nos oreilles...

Demain nous quittons la région tropicale pour rejoindre le froid et le manque d'oxygène de la haute et magnifique La Paz...









jeudi 29 mai 2008

Rurrenabaque côté Pampa...

Le temps que la compagnie prenne le retard règlementaire, que l'auxiliaire du chaffeur arrime toutes les bagages sur le toît, transpirant sous la chaleur de plomb, le bus klaxonne ses amis et sa famille, incertain de les retrouver un jour, pouet, pouet, pouet, c'est parti.

Pura tierra! Comme ils disent. Cela signifie simplement que durant quatorze heures, tu cahotes, tu dégustes la poussière, droit devant (autant que possible...) dans l'auto-cuiseur. Les pneumatiques du camion ont des dents de requin ou de tracteur. Et quand il roule, tu comprends pourquoi. La route de pura tierra, est comme souvent, une piste interminable. Le chauffeur ne transpire pas uniquement de la chaleur, mais surtout de ce que son métier relève de l'art du pilotage à moitié incontrôlable. Pour nous il faut compter 14 longues heures de tassage vertébral continu, mais pour lui c'est 24 heures! Sans changer, sans dormir. Et ça n'a rien d'une autoroute fluide et tranquille. Comment fait-il me direz-vous? Je n'en sais rien. Pourtant j'ai eu l'occasion de l'observer le bougre. Les seuls signes qui ont trahit son endurance surhumaine sont :

- Le masticage de feuilles de coca (comme pour les mineurs) jusqu'à ce que sa joue ressemble à un symptôme post-opératoire des dents de sagesse.
- À la tombée de la nuit, un paquet de cigarettes minutieusement allumées par l'auxiliaire.
- Être peu, très peu bavard, voire désagréable.

Quand à nous, nous avons acquis une faculté d'acceptation et d'endurance presque masochiste face aux multiples douleurs . Il faut dire que les pueblos et paisajes traversés compensent au-delà de toute mesure les affres de la transumance.
Vous pourrez entre autre observer, sur les quelques echantillons d'images que nous vous proposons, la végétation tropicale, les trois rios que nous avons traversés*, l'état de la piste dans ses meilleures conditions y todo eso.

(*Les rivières que vous pourrez reluquer à travers la lucarne pixelisée (sauf peut-être Jean Bard qui doit encore pédaler pour alimenter son ordinateur...) ont été pour nous très surprenantes à traverser :
Le bus s'arrête. Tout le monde descend. Et là, oh surprise, la route s'arrête. Deux possibilités s'offrent à ton imagination : "<>". La deuxième idée est la plus proche de la réalité. À la différence que ce n'est pas un ferry qui vient t'embarquer, c'est l'espèce de chose que tu prenais pour une ébauche de pont, qui va se détacher de la terre pour rejoindre l'autre rive. Et quand tu vois l'état de cette structure en vieilles planches de guinguois tu doutes franchement que la chose puisse supporter le bus (lui même en surpoid, évidemment...). Et puis bon... Tout tient et rien ne coule. Et quand tu aperçois ensuite la petite pirogue, avec un moteur pour petite pirogue qui vient se greffer au pont flottant, une seconde vague de doute te tombe dessus. Il croit vraiment qu'il va faire avancer le bus, l'equipage, et le morceaux de pont tordu celui là?! À l'aveuglette en plus!? Et ben... Oui! Ça avance. Ça se manie avec aisance! Après cela, une troisième vague de doute t'immerge, celle de croire en l'impossible. Comme le disaient si bien les surréalistes puis Mr bricolage :"soyons réalistes, croyons en l'impossible!")

Bref la parenthèse fut un peu longue. Vous vous dîtes "ils nous arnaquent là! Ils tournent autour du pot! Cachent un secret monstrueux etc." Ben non, on raconte, c'est un peu bavard ok, mais bon... On fait ce qu'on peut...C'est peu pouvoir direz vous... Fuck.


Vous vous en doutez, nous avons débarqué sur des pattes de colombe au beau milieu de la nuit, comme d'habituuudeee, avec les mêmes galères et quelques centimètres en moins...

Et nous nous sommes réveillés dans un village excessivement charmant. Tellement qu'on a failli poser nos valises. Si, si. de toute façon, la Bolivie c'est notre coup de coeur pour le moment, on s'y sent comme chez mémé. Je vais pas m'éterniser sur Rurrenabaque, ce serait dénaturer ce petit coin de paradis. Tout ce que j'énumérerai, c'est la splendeur de ses montagnes, recouvertes de forêts amazonnienes qui baignent dans le Beni, le calme de ses rues, la chaleur (sans exception) de ses habitants, les poissons aux goûts délectables, le climat, la puta madre de buena onda qui y règne, tout.
Rurrenabaque est aussi la porte ouverte à la Pampa (dont je vais vous parler plus bas) et d e la selva du Parc Madidi (soit 1 900 000 hectares de jungle vierge), un endroit qui attend sont tour pour figurer parmi les merveilles du monde, mais qui est surtout hautement protégé pour l'importance capitale qu'il représente pour l'avenir de la planète. (Il faut signaler que la Bolivie détient 3% de la forêt mondiale, le Brésil, on n'en parle même pas!)

Pour le moment parlons de la Pampa. Trois jours au total, avec une petite équipée et un guide, (sinon... ben... t'es mort!) Tout commence par une virée de trois heures vers le point de repaire, sur une piste horrible dans un 4*4 qui date de la libération de l'Amérique du sud de la main des espagnols. Eprouvant...

Durant les trois jours, tu navigues et navigues et navigues sur une petite barque à moteur, remontant l'eau marron-opaque et stagnante de la Pampa. Les quelques membres de notre équipage étaient en réalité des spécialistes invétérés des oiseaux. Ils ne sont venus que pour ça (et continuaient d'étudier le soir...). Il faut reconnaître qu'ils étaient rarissimes et spectaculaires les oiseaux, c'était un feu d'artifice d'espèces très différentes et très extravagantes. Un régal pour la curiosité, mais bon c'étaient un peu des fanatiques les zozos! Ils en savaient long sur les piafs, c'est sûr, mais j'ai connu plus passionnant comme passion. Chacun son truc. Ils avaient un sens de l'observation qui rendrait jaloux un aigle. Et pouvaient dire d'une tache noire au loin : " c'est le woody-woodpecker brun machin chose !". Il peuvent frimer, mais avec des jumelles c'est facile! Le plus drôle, c'est qu'ils se sont tapés je ne sais combien de kilomètres pour admirer ces porteurs de plumes colorées, et une fois repéré une espèce, les voilà complètement blasés, presque déçus de revoir le même poulet exotique, espérant découvrir d'autres volatils. Étrange Solange.

Et d'accord, tu viens admirer les piafs que t'as lu dans les bouquins de biologie, mais s'il-te-plaît! Ne reste pas indifférent aux milliers de Caïmans qui sont à un mètre de toi! Aux dauphins roses et gris d'eau douce qui cherchent des caresses. Putain! D'écolle l'oeil de ta lentille et admire les reptiles! Rien à voire avec les lézards de chez toi! Et c'est bien plus drôle et impressionnant que le punk-volant à 200 mètres! Encore une fois chacun son truc.

Lorsque je disais plus haut que l'eau est opaque c'est vraiment pas des blagues! Stagnante et impossible à traverser du regard. Tu ne sais qu'une chose : existe un monde là-dessous. Ça grouille! À ton approche, les caïmans sortent de leur oisiveté-camouflage et se mettent en fonction sous-marin en disparaissant dans le marron du rio ; histoire de voire s'ils peuvent se mettre un humain sous la dent. C'était ça tous les ciq mètres. Le caïman c'est du chienlit là-bas!

Le guide, dès que le rio s'évasait un peu, s'amusait à faire des tours de barque sur elle même pour faire aparaître les dauphins joueurs. Quand il n'y en avait pas assez, nous repartions. Une fois qu'ils étaient en nombre suffisant, nous nous jetions dans ce qui ressemble à de la boue liquide. Les dauphins t'encerclent, viennent te taquiner si t'es chanceux, mais sont surtout occupés à virer les caïmans qui viennent te croquer les jambes. C'est pas des conneries! On s'est retrouvé à nager au milieu des crocos, protégés par des poissons roses! Enormissime! En même temps qu'on barbotait, on voyait les gros carnivores excités se mettre en immersion à dix mètres de nous!

Ce n'est pas tout. Parmis nos occupations, la pêche était inévitable. Le plus simple apareil : un fil, un ameçon, un petit bout de viande rouge. Mais pourquoi un petit bout de viande rouge?Pourquoi pas un lombric? Un bout de pain? De croissant? Ben met le dans l'eau blanc-bec et tu vas saisir l'astuce...

Tu comptes jusqu'à un, et l'eau se met en ébulition directement. Quand tu tires, qu'est ce qui sort? Un pirhaña! Putain, vous êtes cinglés ou quoi! On s'est baigné dans une eau surpeuplée de poissons carnivores qui se bouffent entre eux! En moins d'une heure j'en ai pêché onze! Et le double est retombé à l'eau, juste accroché avec ses dents là, au petit morceau de viande. Je peux te dire un truc, tu fais pas le mâlin quand tu dois enlever l'ameçon de la gueule d'un de ces fauves. Les rouges sont même très dangereux! Bref.

Vos yeux se fatiguent et je ne peux pas tout raconter. Seulement quelques lignes sur la pêche à la ligne etc. La pampa est immense

Bonne nuit, ou bonjour. Difficile de savoir. Ça dépend d'où vous vous trouvez.
Salut les amis.

PS : Dès demain, vous aurez toutes les images depuis Cochabamba! Ça date! Mais bon. Peut être sont elles déjà en ligne, à l'exception de la jungle qu'on vous racontera entre deux moments libres également demain.

Coup de chaud...

Vous l'aurez compris bien que nous approchons de l'hiver, en Bolivie la saison importe peu...
D'un sommet à la forêt vierge en passant par la vallée, les températures varient de très très froid... à très très chaud !
Ces changements climatiques ne sont pas toujours facile à suppporter pour nos carcasses..
Et Jérémi s'est tout confondu !
Nous sommes bien arrivés au petit matin à Trinidad, mais il faisait loin de faire froid, je dirais même plus, c'est probablement la ville où nous avons subi la plus grosse chaleur...
...

mercredi 28 mai 2008

Pour la cohérence temporelle de la lecture...

Avant de lire "Trinidad", il y a "santa Cruz", un coup de molette plus bas...
Le service vous remercie pour votre compréhension.

Trinidad.

Je ne sais pas pourquoi, mais les compagnies de bus s'arrangent toujours pour te faire débarquer au beau milieux de la nuit. Dans cette absence de lumière, le terminal de terre battue procure toujours un petit frisson, auquel s'ajoute celui de la fraîcheur du matin.
Parachutés au milieu d'une place morte, les genoux ployant sous le poid des sacs, nous zigzaguons entre les paumés du petits matins titubants à la recherche d'un refuge bon marché.

Nos doigts gelés se brisent contre les portes muettes. C'est une heure pour dormir. Les plus vaillants, sensibles aux vibrations de nos appels claquants s'arrachent volontier à leur sommeil mais n'ont que pissotières à nous offrir. L'odeur de l'urine trouble le sommeil. Les cafards aussi. Les autres, n'ont qu'hotels de luxes tapissés de palmiers, et cette fois, c'est le prix qui rend insomniaque. Nous ricochons donc, de porches en porches, tenus par le froid brûlant, engourdis par une nuit de route. Le jour pointe, les travailleurs commencent également à pointer leur nez humides, trainant la grolle pour retarder le labeur, prêts à se laisser hâper par un café écumant d'odeurs chaleureuses. Et nous nous excentrons toujours davantage, bredouilles et éreintés.

Une fois satisfaits, délestés et rincés par une bonne douche froide et peu généreuse en eau regénératrice, notre curiosité peut aller prendre l'air.

Bon... Trinidad diffère guère de beaucoup de villes paumées. Mêmes rues, mêmes carrefours, mêmes cafés, mêmes vendeurs de jus de fruits frais... C'est étonnant combien parfois , même en bougeant, tu peux retrouver des lieux proches ou identiques.

Une chose pourtant diffère : une sorte d'électricité dans l'atmosphère, une effervescence sur la place publique.

"- Pardonnez-moi monsieur? Serait-ce un jour spécial?
- Et comment! C'est le jour de la sainte Trinité, vous ne le saviez pas?
- Ben non, on débarque... Et qu'est-ce qui se zone pour la sainte Trinité?
- Ça fait quatre jours que ça dure, amigo, et ça va durer encore deux ou trois jours!
- C'est pour ça qu'il y a des gens ronds comme des culs de pelles le matin?
- Et oui. C'est une grande orgie. Aujourd'hui, c'est le grand défilé, vous n'aurez qu'à suivre le cortège, il vous emmenera jusqu'à la place de la tradition. C'est là-bas que toute la fête se déroule."

Effectivement, le bougre ne mentait point. La place est devenue noire de monde. Les habits traditionnels ont commencé à hanter les rues (en cliquant sur les images qui défilent en haut à gauche vous aurez un échantillon d'aperçu).

(Oh purée! je perds le fil, un gringo va se faire éventrer dans mon dos par un bolivien ex-taulard furibond! Je suis aux premières loges! Je ne vais pas manquer ça! Je vais surtout essayer d'eviter un coup de lame maladroit...)

...(insultes)

...(échaufourrés)

... (l'amerloc se chie dessus et parle en ameringouin tramblotant)

... (la mayonnaise est retombée... je peux reprendre).

Donc, les habits traditionnels... défilé... foule... Ah oui!

Bon, nous avions autant d'energie qu'un paresseux dans l'ascension d'un cocotier, mais nous marchions au rythme solennel du cortège, pas après pas...

Il vont le faire combien de fois le tour de cette place?!
On va attendre, ils nous procurent le tournis... Laissons les prendre de l'avance, nous les rattraperons sans peine...

Le soir tombe, on enfourche une moto-taxi pour deux bolivianos cinquante (si tu veux le compte en euros heu... Ben...heu... divise par dix!). Décoiffés ont se fait larguer au centre nevralgique où sévissent bacchus et Dionysos. On se refait décoiffer par les watts des enceintes musicales et les fumées de fritures. Une immense féria, dans les champs. Des tentes montent sur d'autres tentes. Les stands sont aussi fournis que la jungle tropicale et jouent des coudes. La musique (chaque lieu possède la sienne) est dix fois trop forte et te perce les timpans. Les paris vont bon train. Un pauvre tauraux qui à toute l'apparence d'une vache, se fait traumatiser par une cinquantaine d'enragés-imbibés qui se battent en même temps qu'ils essaient d'exiter la bête. Les arènes débordent. La féria est immense et très éloignée de la sainte trinité.

Les nouveaux nés cahotant sous l'aisselle de leur môman, inhalent la musique, boivent les bouffées de tabac et écoutent les effluves d'alcool. C'est la fête. Les filles sont belles, les hommes au regard noyé sortent leur plus belle musculature ; pectoraux, biceps et épaules roulent, bousculant tout sur leur passage. C'est la fête. On s'amuse. Et nous ça nous défoule, la foule.

Les gens nous remarque facilement, puisque malgré la multitude, nous sommes les seuls visages pâles. Bon nombre trouvent cela génial et brandissent leur pouce en signe d'approbation, trinquent à notre bière, saluant le courage de venir dans la gueule du lion, (les touristes aiment peu se perdre dans les villes comme trinidad, alors dans ses férias! Faut être inconscient ou...perdu, alors ça étonne, d'autant plus que nous sommes venus de notre propre chef, et non par mésaventure ou nécessité). Mais bon nombre également désaprouvrent, déploient leur arrogance comme pour te signifier subtilement "t'es mort!", sortent leur doigt le plus civilisé, jouent du menton ou te bousculent. Mais faut pas s'arrêter à ces codes raffinés, le rire et l'indifférence désamorcent les teigneux dépeignés (on est mal placé pour parler en ce moment niveau teigne et coiffure...).

Bref, une bonne soirée. Vivante. Balayée par le retour en moto-taxi-slalom.
On ne va pas non plus s'éterniser, car une fois la fête consumée, Trinidad redeviendra Trinidad.
Petite bourgade tranquille, sage, travailleuse et isolée.

Demain matin, pour arriver de nuit, nous prendrons de nouveau notre bateau roulant et vibrant sur la terre défoncée.

La route sera merveilleuse vous verrez. Elle débouchera sur un autre endroit non moins sublime : Rurrenabaque! Reliefs, fleuves et rivières, jungles et pampas tropicales, habitants incroyables!
Je peux vous dire tout ça, car là encore c'est derriere nous. Nous sommes à la Paz. Chaque fois qu'on vous fait débarquer quelque part, nous en sommes sortis depuis belle lurette. Milles excuses.

Ce sera pour une autre fois. Car le soroche, mal des montagnes surpuissant, commence déjà à me scier l'organe cérébral (cf. Potosì). La Paz culmine à 4 000 mètres. Peut être sentez vous à l'incohérence du discours, la rareté de l'oxygène, la pesanteur qui règne ici... Je vais aller à la pharmacie comme on devance une bonne collique, en courant vite! (la beauté de cette image, c'est le soroche!)

Grosses bises à tous. Que la vie vous soit douce.

Santa cruz... etc.

Salut à vous, lecteurs-bloggers!

Une nouvelle page toute fraîche de nouvelles déjà bien derrières nous. Comme toujours. Mais pour ne pas priver les gourmands d'un épisode, je veux volontier m'appliquer à cet exercice de mémoire.

Villa Tunari, nous l'avons compris sur la route, hormis être le repaire invétéré de toutes les bêtes rampantes, volantes et courantes, est aussi le refuge top secret des narco-traficants de cocaïne. Même la petite mémé courante avec son awaïo peut en être... L'habit ne fait pas le dealer. Evidemment, nous avions repéré les champs de coca infinis et humé les feuilles en train de sécher, mais la plupart de la production est normalement destinée à être machouillée, non sniffée. Ce qui nous a surtout mis la puce à l'oreille, c'était l'intervention militaire (donc musclée) au poste de frontière du département de Santa Cruz : le bus est stoppé, puis vidé pour mieux en inspecter le contenu et enfin les soutes scrupuleusement mises à jour pour en dévoiler les entrailles. La technique est simple : l'homme décérebré que l'on nomme communément un soldat est munit d'une fine tige en fer qu'il introduit soigneusement, à la manière dont on relève le niveau d'huile d'une voiture, au travers des paquets suspicieux. Si le monsieur en treilli a un doute, il dépiaute sauvagement le colis, te laissant repartir avec des lambeaux, et si la tige en fer signale des traces de poudre blanche et ben... c'est pas ta journée mon gars! Tu vas croupir au trou. Pour l'éternité. Si t'es innocent, ton paquetage ressemble quand même à du gruyère...

Il faut dire que les U.S.A (toujours eux qui donnent le bon exemple...) ont fait pression et surtout un chantage à la Bolivie : on vous finance si vous arrêtez la production de coca, ainsi nos rues seront nettoyées de toute malhonnêteté. Encore un moyen d'accuser les autres et une belle preuve de l'ignorance crasse des américains. Primo, arrêter la production de coca serait une catastrophe économique et culturelle pour les Boliviens (c'est un peu comme si tu demandais aux polacs d'arrêter la vodka) ; secondo, 95 % de la production est destinée à un usage qui n'a rien de narcotique ; et terzio, ce n'est pas la coca qui fait la cocaïne, mais les chimistes veinaux.
Pour toute ces raisons, les autorités boliviennes interviennent de manière musculairement spectaculaire afin d'enrayer ce qui lui donne une mauvaise réputation, et de conserver ses cultures de coca (à mastiquer ou infuser).

Mais revenons en à nos moutons.

Santa Cruspz.

Ben là... tu vois la différence de niveau de vie entre les départements Boliviens. Ça fait un choque de voir l'hestétique de la mondialisation pénetrer ce pays. Une ville haute, propre, placardée d'affiches publicitaires, avec des parcs et jardins fleuris et bien dessinés. Des cafés wi-fi fifi à la parisiennes, à l'américaine, à l'Australienne etc.
Cette ville à la réputation d'avoir les plus belles filles du pays (et les boliviennes, croyez moi, en toute objectivité, sont belles commes des coeurs...), et nous trouvions cela étonnant que parmis les descriptions d'une ville figure : "les plus belles filles du pays"! Non? Moi ça m'intrigue... Y'a rien d'autre à voir là bas? Oh ben merde alors...
En fait, selon moi ce ne sont pas les plus belles filles du pays, mais les plus superficielles, fardées, mini-jupées et décoletées du pays! C'est la ville de la mode, ah... d'accord! Cela explique pourquoi les plus agées ressemblent au roi de la pop et que les plus jeunes ont toutes l'air clonées.... D'accord. J'avais oublié que les critères de la mode étaient avant tout ceux du conformisme de masse, de la consommation et de l'absence d'identité, de singularité... Je suis bête des fois...

La légèreté donc, ainsi que la lubricité hantent les rues de Santa Cruz. Et il y a aussi des artistes bien sûr! Beaucoup! De l'art, en revanche, nous n'en avons vu que très peu... C'est peut être pour toutes les raisons énumérées que la vie, dans cette ville très différente de celles que nous avions alors visitées, coûte le double qu'ailleurs. (le département de Santa Cruz (dont Santa Cruz est la capitale) concentre la grande majorité de l'industrie et du potentiel economique bolivien).

C'est de cette contrée, une des plus riche de Bolivie donc, que partent toutes les revendications d'autonomisation et tout le trouble interne contre Evo Morales (sur un siège éjectable). C'est le premier département à s'être affranchi de la tutelle avec la Paz (par référundum). Leur shémas est simple en vérité : la paz pompe notre fric, la campagne (pauvre, très pauvre....) pompe notre fric, y'a pas de raison qu'on paie pour les crèves la dalle! Et puis quoi encore! L'autre cul terreux du campo, non seulement il flirt avec Chavez et en plus il veut instaurer le commusisme! Guerre civile!!!! ou affranchissement de la Paz!

Bon, ça ne veut pas dire qu' Evo Morales est un saint! loin de là! On en apprend des vertes et des pas mûres sur son cas. Il est corrompu jusqu'aux sourcils celui-ci, et au-delà (de toute façon un autre réferendum va le destituer de son poste d'ici la fin de l'année. Ils n'ont personne pour le remplacer mais bon... Pourtant je leur ai dit que pour éradiquer la corruption, le vol et l'exploitation il fallait supprimer la transcendance Etatique, patronale et j'en passe... Je parle mal espagnole, mais quand même!) Non, je blague à moitié, mais les revendications de Santa Cruz sont vraiment individualistes et stupides. La fièvre de l'indépendance va jusqu'à habiller les niños de ses couleurs et les poster au bord des routes pour agiter de petits drapeaux propagandistes. Ils ne peuvent pas comprendre (à cinq ans tu parles!) et clament ces propos avec la même ferveur que les parents (qui ne bitent pas beaucoup plus il faut dire...).

L'indépendance ou l'autonomie, comme vous voulez, est le grand thème politique de la Bolivie. Avec la mise à mort de Morales. Les murs peuvent vous en dire long. Et baucoup de départements attendent leur tour, d'autres le craignent. Les avis sont tellement divisés ici que chaque fois que l'on en parle, une version différente nous tombe dessus. Alors pour bien comprendre... C'est loin d'être simple. Le mieux sans doute, est d'éviter l'opinion. Comme toujours..

Sinon, pour revenir à notre virée à Santa Cruz... Et ben... Ce fût court... Et déjà trop long. Son marché (plusieurs blocs! Des rues frayées entre les produits empilés, un dédale d'odeurs et de sons, de gens pour le coup très sympathiques) nous a bien sûr laissé sur le postérieur, comme à chaque fois. Ce dernier fût de loin le plus impressionnant. Mais nous avions un peu le voyage dans les chaussettes et souhaitions repartir vers plus d'aventure, de vie etc. etc. Et oui, tout voyage comporte ses creux. Dans ces moments là, difficile d'envisager des jours meilleurs, les deprimés connaissent ce sentiment. Le pied lourd et l'âme engourdie nous decidons de continuer de force à orienter notre cap vers la destination suivante au nominatif non moins imprégné de religiosité : Trinidad!

PS : On vous avait précédemment parlé de gens étranges, habillés comme dans la Rurh antique, au regard psychopate. Vous vous souvenez? Et bien nous avons décelé leur identité : ce sont des ménonites frappés de la citrouille! Et dans Santa Cruz, tu peux pas les manquer, ils hantent les marchés (j'en fais des cauchemars des ces fous blaffards!). Leur camp protecteur et conservatiste n'est pas très loin de là. Et pour les cruzeños leur présence est tout à fait banale... Il y aura peut être une photo pour vous montrer l'étrangeté de ces êtres, mais seulement de dos, j'ai trop peur de voir leur yeux.

PS dans le PS : Les ménonites, refusent absolument toute évolution et mélange sanguin (d'oû leur pâleur et apparence consanguine) mais il n'est pas rare d'en apercevoir un bloqué devant la télé qui tourne toute seule dans la rue, ou un autre en communication avec un cellulaire, ou encore un autre salivant devant une machine à laver dernier cri... Je me marre lesménonites, je me marre...

Salut les gens!
Je publie le message et je passe à l'étape suivante.

Bien à vous,
Galisps et jisps.

lundi 26 mai 2008

Précisions...

Merci à ceux qui laissent ( qui arrivent à laisser... ) un commentaire, ça fait très plaisir !
Juste... Ayez la gentillesse de signer, parce que les pseudos ne sont pas toujours évidents !
Mais qui es-tu Alscher ??

Sinon nous venons de rentrer de 6 jours de pampa et forêt amazonienne... demain nous filons à La Paz... Bon il va nous falloir dans les 18h de bus... donc soyez patients, dés que nous serons arrivés et reposés, nous vous donnerons des nouvelles et des photos !

A bientôt...

jeudi 15 mai 2008

Villa tu n'as ri

"- Bonjour comment aller de Cochabamba à Villa Tunari, por favor?



- Deux possibilités gringo : ou tu prends le gros bus tout terrain qui double les voitures sans aucune visibilité, en plein virage, et est obligé de se rabattre neuf fois sur dix pour ne pas provoquer d'accident, c'est le plus long mais le moins cher ; inspiration ; ou tu prends l'ex-corbillard défoncé, qui lui roule ventre a terre, met moins de temps que le gros bus tout terrain mais coûte quasiment le double.



- Et dans combien de temps partent le gros bus tout terrain et l'ex-corbillard toujours por favor?



- Ah, ben, ça on peut pas savoir gringo. Y'a pas d'horaires. Ça part quand c'est plein. Ça peut prendre quinze minutes comme trois heures.



- Ouais mais y'a dejà du monde là, ça ne devrait pas traîner c't'histoire? M'sieur? Hé M'sieur j'te cause!



- Hein heu, oui y'a déjà foule, mais on peut encore mettre du monde là!



- Quoi!? T'es zinzin!? C'est déjà quasi plein là!



- Mais non, y'a de la place sur les genoux, les accoudoires et le couloir. Le surpoid c'est bon pour l'adhérence à la route.



- Et pourquoi pas dans les soutes tant que vous y êtes!



- Quoi?!!!



- Heu rien muchas mercias, heu... gracias. On va s'empiffrer de Salteñas pour patienter."







Voici, grosso modo, comment nous nous disposions dans l'attente d'un nouveau lieu aux apparences tropicales.







La route, c'est la route, quoi. Virages, torticolis, nausée, envie de vomir, chaleur etc. Le bonheur. Et là, comment dire? Les paysages qui défilent à l'approche de Villa Tunari, changent complètement de caractère : dans la brume epaisse et l'humidité se dessinent des vallées dignes de l'époque jurassique : forêts entièrement tropicales, immenses, étendues, opaques. Palmiers, lianes, arbres féériques, plantes tropicales se montent les uns sur les autres, s'enchevêtrent et recellent une foule d'aminaux heu d'animaux splendides, sauvages, incroyables ou dangereux. C'est un peu comme une tignasse très fournie remplie d'habitants. Des perroquets aux oiseaux multicolores, des jaguars aux pumas, des Boas constrictors aux anacondas, des papillons aux fourmies de un centimètre agressives comme un petit sarko, et qui pîquent (l'avantage avec les fourmies de cette espèce, c'est que les douleurs et fièvres ne durent que vingt-quatre heures au lieu de cinq longues années...). Bref. Il y a de quoi contenter curiosités et frayeurs, fantasmes et phobies.







"-Hey les deux blancs becs! Arretez de bailler aux corneilles! Le bus tout terrain a dépassé Villa Tunari. Vous avez loupé la parada! Z'avez qu'à descendre par là et rebrousser chemin à pied."







C'est pas difficile de ne pas bien voir Villa Tunari. Y'a rien...



Enfin...



Presque...



Y'a bien quelques maisons, rangées de manière hirsute, selon une organisation toute ingénieuse : le long de la route.
Et si tu passes derrière la première ligne de bâtiments, tu peux y trouver une rue, en terre, ou cette fois les maison sont beaucoup plus rares ; et si tu passe cette rue en terre, tu pourra rencontrer, cette fois-ci, une autre rue, en gadoue, inondée ; et si tu franchies la rue de boue, tu trouve la jungle tropicale. Gardée par une orde de chiens en décomposition qui doivent avoir un croc contre la vie et te sautent dessus à la première occasion. Charmante bourgade que Villa Tunari.

Il y a bien ça et là quelques attractions pour les voyageurs les plus aventureux. Comme l'orquidario, parc au orchidées, avec UNE orquidée, malade.
Ou encore le parc machilla, maison de retraite pour les animaux maltraités ou du cirque. Quelques hectares de paradis pour les bonobos, ours, pumas, oiseaux colorés, qui ont besoin d'assistance. Cette structure qui ferait fondre le coeur de B.Bardo (elle aime les humains puisqu'elle aime les animaux...) repose majoritairement sur les fonds de "volontaires bénévoles", qui apprennent à s'occuper de ces victimes de la société. L'ironie, c'est que ces charmants "volontaires" paient quelque chose comme 150$US les quinze jours pour travailler comme des abrutis. C'est drôle non de voir des gens payer pour bosser. Ça rappelle une émission intitulée la "ferme". Ben oui, mais bosser dans un autre pays ça ne se fait pas pour de l'argent voyons, ça manquerait d'exotisme, on est pas des esclaves ! Nous, on s'achete nous même pour travailler. Enfin, travailler! C'est un bien grand mot, la subtilité de leur tâche consiste à faire le piquet ambulent pour promener le macaque, lui torcher la crotte, le remplir de groseilles pour pouvoir de nouveau lui torcher la crotte etc. etc. Moi j'étais aussi curieux de voir la trombine de ces énergumènes que le singe araignée. Et j'aurais dû m'en douter les trois quart étaient Israëliens... Ben oui faut être con et pas aimer les humains, à l'exeption de ses semblables.
Bref, fermons le chapitre sur le pîtres.

Y'a bien aussi un autre parc qui encadre Villa Tunari, mais d'en difficile c'est mal du dire . On vous laise lorgner les photographies.

Et les gens! les "tu n'as rien", certainement, disons que, étant donné la méchanceté avec laquelle ils te parlent et te regardent, ils doivent pas être habitués à voir du blanc souvent. Certains t'estiment tellement inférieurs qu'ils ne te parlent mème pas, et te regarder! encore moins! je préfère me faire fusiller du regard... Et ils ont un accent très étrange, quelques restes probables du Quechua. Par exemple, "si" devient "sisps", "pero","perosps", "arriba" "ajibasps", "Santa cruz", "Santa Crupsps", "el rio", "el jiosps" etc. etc. etc.
Et quand on te parle, ou qu'on te répond tu sautes de joie, tu t'accroches à la personne, mais très vite elle passe son temps à te demander "combien coûte ci et ça?", "combien tu paies ici ou là", que des questions de frics. Plusieurs fois la même de suite.
Bref, la population te fait bien comprendre que tu fais une grave erreur de venir t'aventurer dans leur bled. Alors, vu la chaleur de l'acceuil, on a décidé d'y rester un peu. Histoire de profiter des moustiques véhicules de dingue et de pallus, de la boîte de nuit qui est juste sous ta fenêtre, des pinbeches de dix huits ans qui se bourrent la gueule et se révèlent dans toute leur splendeur au beau millieu de ton sommeil réparateur, de la chaleur humaine, des bagarres titubantes, des accidents de moto-taxis-hytiliques, des "volontaires" qui, eux, connaissent la dureté du travail, de la diversité de Villa Tunari, Des voitures qui passent, du temps qui lui ne passe pas etc....

Moi j'ai adoré, je me suis éclaté. Hein Gali on s'est éclaté? Ah, ben je crois qu'elle n'est plus trop en mesure de répondre là, elle à grillé une gaufrette...
Je vais essayer de récupérer ce qu'il y a à récupérer et je vous raconterai (ou elle si c' est en sa mesure...) Santa Cru(sp)z, la ville très mouvementée qui fait trembler toute la Bolivie. Question d'autonomie avec la Paz. Ça à l'air de péter des câbles dans tous les sens par là bas.

Salut salut,
on va essayer de prendre le bus. Allez Gali, donne la main au monsieur, Gali! Non, ne mords pas! Aïe! Aïe! Aïe!...

Cochabamba

Alors y'a un truc avec les horaires de bus en Bolivie... et franchement je comprends pas...
A partir du moment où le trajet dépasse les 7 ou 8h de bus ( ce qui finalement est fréquent vu l'état des routes... et des bus ! ) les départs se font entre 18 et 19h30 en gros, et jamais plus tard...
Ce qui fait qu'en général nous arrivons entre 2h et 5h du matin... C'est super ! Moi j'adore débarquer dans un endroit inconnu, en pleine nuit, dans le froid ( ben oui c'est l'automne alors même dans les endroits oú il fait chaud, la nuit ça caille, un peu.. ), où tout est fermé ( normal à ces heures là... ) et où les seules âmes qui vivent sont les chauffeurs de taxi qui se déplacent en horde et te harcèlent pour t'emmener... OUI D'ACCORD MAIS OU ???? JE DEMANDE QUE CA MOI D'ALLER QUELQUE PART !!!

Bref...
Nous arrivons donc à Cochabamba au petit matin ( 5h... comme de coutume... ), et gràce à un couple de danemarkois fort organisé mais fort bête nous nous retouvons bien vite au creux d'un lit douillet ( la notion de " douillet" est finalement très relative... ) après avoir frolé l'incident diplomatique à cause de la stupide danemarkoise qui ne trouve rien de mieux que de péter une crise de nerfs au chauffeur de taxi pour qu'il s'arrète vérifier si nous n'avions pas perdu un sac en route ( bon 4 énormes sacs à dos dans le coffre font que le coffre est juste fermé avec une ficelle d'accord, mais les taxis ce sont des pros du "je fais rentrer 1 semi-remorque dans mon coffre minus.."), pour ensuite constater très fort en castillan ( ben, avec Ji nous ne parlons pas le danemarkois... ) " la Bolivie c'est pas cher... en fait c'est le pays le moins cher d'Amérique du Sud ! C'est super pour nous... "
Passons... je digresse, je digresse et y'en a que ça rend fou... mais je fais ce que je veux sur notre blog.. et ouais !!

Nous avions donc traversé les rues désertes de Cochabamba et nous ne savions pas...
Au réveil, nous avons eu une sorte de choc...
Cochabamba est une grosse ville bruyante, polluée et un aux dires des uns et des autres trrrrèèèès dangereuse... ( ben un peu plus que Tupiza et ses 3000 habitants... forcément ! ).
Fini nos déambulations le nez en l'air dans les rues de Sucre... Ici c'est plutôt apprentissage accéléré du slalom-je-traverse-la-rue ( les mecs ils s'en foutent de te tuer, ils te foncent dessus, t'as qu'à pas être piéton ! ), du slalom-je-vais-me-perdre-dans-le-marché, du slalom-je-marche-juste-sur-le-trottoir, ou du slalom-oh-c'est-mon-tour-d'acheter-du-pain-même-si-je-parle-pas-quechua-merde !
Bref, petit coup de bambou, nous avions un peu oublié les grandes villes ( et avec quel plaisir... ).

Du coup nous ne nous sommes pas vraiment éternisés... juste le temps de monter au sommet de la colline admirer le plus grand Jésus du monde ( si si, plus grand que celui de Rio de Janeiro, et ouais... ), lui aussi aux ailes déployés pour protéger les pauvres âmes cochabambines, de bien sur fouiner dans le marché, de visiter un musée et surtout d'aller visiter des ruines incas d'Inkarakaï à l'extérieur de la ville ce qui nous à fait le plus grand bien !

Nous avons réussi à attraper au vol ( y'a une technique ! ) un de ces mini bus, qui circulent du matin au soir à travers toute la ville et dans ces alentours, dans lesquels on peut expérimenter une vraie notion de promiscuité ( héhéhé ! ) et nous avons fini par attérir à Sipe Sipe... oú nos têtes de petits blancs ne passaient pas du tout inaperçus ( bon... on étaient les seuls...)... et n'étaient pas, de façon évidente, les bienvenues...
Bref, un taxi nous a anarqués pour nous grimper jusqu'aux ruines, et nous avons du nous énerver un peu pour qu'il nous abandonne là-bas afin que nous puissons redescendre à pattes !
Une fois seul, nous étions seuls !
Les ruines de l'ancienne forteresse incas se trouvent en haut d'une montagne déserte. Bon les ruines étaient là, mais j'avoue que nous n'aurions pas pu deviné leurs origines !
Qu'importe, nous avons découvert un lieu magnifique, que nous avons arpenté jusqu'à entamer la redescente par un chemin de pierre/escalier. Je vous passe la description des paysages, y'a déjà les photos !
Et en arrivant à l'entrée du village, un gars a commencé à nous parler ( Vous venez d'où ? pourquoi vous êtes là ? Comment vous trouvez la Bolivie ? Etc.. ) et nous nous sommes retrouvés dans la cour miteuse, et accessoirement débit de boissons, d'une maison en adobe à boire du guarapo ( alcool qui rend aussi célèbre Sipe Sipe, vu que c'est là qu'il est fabriqué... dans les cours miteuses ! ), avec notre compagnon... et le guarapo c'est très bon !
Et puis retour à Cochabamba... fatigués mais contents !

Demain on s'en va... à villa Tunari ( en pleine forêt tropicale ! )... mais ça c'est encore une autre histoire...

samedi 10 mai 2008

Daddy suc...Y'a des jours avec et des jours sans... ( humour )

Après 1 nuit de bus, fort dangereuse 1 fois de plus... ( c'est vrai que la nuit ça a un avantage... on n'y voit pas grand chose... et franchement ça vaut mieux ! ), nous débarquons à Sucre, la capitale !!

Bon enfin la capitale, tout dépend de la personne avec qui tu parles... En fait les 3 pouvoirs sont séparés, le juiciaire pour Sucre, et le législatif et l'exécutif pour La Paz ( avant les 3 se trouvaient à Sucre )... c'est un peu compliqué et chacun a son point de vue sur ce qu'il faudrait : tout à La Paz, tout à Sucre ou ne rien toucher...



Nous trouvons une auberge fort sympathique de prime abord, avec 2 patios, un joli palmier, une douche avec de l'eau chaude ( ça c'est une autre histoire... l'eau chaude... pas évident à trouver ! Alors quand le climat est tropical ça passe... mais en altitude, le matin et le soir au minimum, ça caille !!! ), et une vieille chambre poussiéreuse, avec un vieux parquet qui grince mais au charme irrésistible !

Alors de prime abord... pourquoi ??

En fait de voisins, nous avions les traditionnels sac-à-dosifiés comme nous, mais aussi des gens très très étranges... sorte de mormons aussi bronzés que nous ( ... non, nous étions largement plus bronzés qu'eux ! ), habillés version moyen-âge, qui nous ont dit ( ben oui nous sommes curieux.. ) vivre en Bolivie ( et être boliviens) tout en parlant un mauvais castillan mais un très bon "vieil allemand"... des Carpates... et ben vu la couleur de leur peau, ils appartenaient peut-être à la famille Dracul...

...

Franchement sur ce coup là on n'a pas compris ! Surtout le matin où la femme de ménage a sorti de sous le lit d'une de leur chambre une bonne 60aine de bouteilles en plastique vides ( de 2L... tout de même) !!!!

Ah c'était impressionnant, c'est sûr !



Bref.. et Sucre me direz vous, parce que les mormons on s'en fout un peu !

Sucre c'est la ville blanche... et c'est vrai, l'ensemble des maisons et batiments sont blancs, et lorsque le soleil est au rendez vous, c'est splendique bien qu'un peu éblouissant !

La ville est construite sur 7 collines ( oui oui comme Rome ) ce qui fait que les rues montent et descendent... Nous avons passé plusieurs jours à déambuler dans ses rues en essayant de visiter musées et églises...

Ah ben oui mais ils étaient soit fermés soit en rénovation, soit disparus mystérieusement !

Nous avons tout de même eu la chance de visiter la casa de la Libertad, dans laquelle l'indépendance de la Bolivie a été déclarée le 25 mai 1809 ( enfin le 1er gouvernement autonome... l'indépendance fut réellement effective le 6 aout 1825 après quelques batailles et autres affrontements... quelques morts aussi... ).

Du général Simón Bolívar ( le super pote pote de José San Martín, les libérateurs de, entre autres, l'Argentine, la Bolivie, le Pérou, la Colombie... ) à Evo Morales ( 1er président indigène du pays ), nous avons découvert les portraits de tous les présidents de la Bolivie...

Et chose curieuse, le 1er drapeau de l'Argentine est conservé dans ce musée, aujourd'hui il est tellement fragile qu'il ne peut être déplacé et que nous l'avons observé à travers une vitre et dans la pénombre...

Dans 1 an la Bolivie va fêter le bicentenaire de l'indépendance, à Sucre, avec une grande cérémonie dans la Casa de la Libertad, bien entendu ! La ville est déjà entrain de se refaire une beauté pour l'occasion, ce qui explique aussi la fermeture momentanée des églises et musées qui se doivent d'être nickel pour dans 1 an... tant pis pour nous !



Du coup on s'est promené...

On s'est promené et on s'est promené !

Une de nos activités favorites étant le marché central, donc nous pourrions vous parler pendant des heures...

Dans chaque ville il y en un, sa taille varie bien évidemment avec celle de la ville, mais à chaque fois on y mange incroyablement bien ( enfin incroyablement bon c'est sûr... bien, sain... je ne sais pas ! Notre estomac n'est pas toujours d'accord mais enfin... ), on y trouve tout ce que l'on peut imaginer et pour notre plus grand bonheur des fruits exotiques que nous savourons autant que possible ( ananas, mangues, caramboles, tumbo, chirimoya ( je ne sais pas ce que c'est alors forcément je ne peux pas vous le dire en français.. ), papayes etc... ).



Bon on s'est tellement promené que nous avons fini par faire le chemin de croix qui nous a emmené au sommet d'une colline surplombant Sucre où nous avons une fois de plus constaté l'immense beauté de la Bolivie... sous le regard bien veillant ( enfin j'espère... ) d'un grand Jésus aux ailes... heu, non.. aux bras déployés... qui en tout cas avait l'air de veiller sur Sucre et ses Beghin Saynois...

Oh oh oh !!! Attention blague !!!

(Ah non mais j'avais trop envie de la faire, même si elle est méga grave pourrie... )



A force le temps passe, et dimanche est enfin arrivé !

Nous avions, en fait, entendu parler d'un village, Tarabuco, à 1 h de Sucre, où tous les dimanches, se déroulent un magnifique marché artisanal... Ouais encore un marché !!!

( je m'en fous, si je peux je les fais tous ! ).

Pour y aller, 2 possibilités : un bus ou des minis vans qui dés qu'ils sont pleins partent. L'avantage, c'est que c'est vite plein, que c'est plus confortable et pas plus cher. Bon dans le van y'avait disons 8 places... nous on est parti à... 15 !

Dont 2 dans le coffre ( quand je dis coffre n'allais pas imaginer que c'est grand... ben non y'a des fauteuils jusqu'au fond.. ).

Ce qui est marrant c'est que ce sont exactement les mêmes véhicules qui font office de corbillard ( en France et ici ! ).

Bref nous sortons de la ville, nous grimpons un peu et s'en suit 1h de route sur les plateaux andins... ( je ne vous fais pas l'article sur comment c'était beau, vous connaissez la chanson.. ).

Nous voilà à Tarabuco où effectivement le centre du village est envahi de stands d'articles artisanaux, essentiellement des ponchos, des chemises, des écharpes, des sacs, bonnets, gants etc... Tout ça fait main, aux couleurs chatoyantes, et bien sûr je veux tout acheter.. Mais c'est pas possible, y'a pas assez de place dans le sac à dos... heureusement !

Nous repartons malgré toute la volonté du monde, avec de beaux ponchos ( ho ho ho les touristes !! Ben ouais ! ) qui ont surtout l'intéret d'être super chauds.

Retour en bus cette fois, fort sympathique car le chauffeur est accompagné de sa fille de 16 ans, qui nous repère desuite et nous fait assoir à l'avant afin de nous avoir sous la main pour nous poser une quirielle de questions ! Nous en profitons pour faire de même, en particulier sur le vote ayant lieu le jour même, pour l'indépendance du département de Santa Cruz... Pour l'instant nous avons eu un paquet de versions différentes, des pours, des contres, tout se contredit et on n'est pas bien sûr ce qui est entrain de se jouer... dès qu'on est au courant on vous appelle et on en parle autour d'une bonne bouffe...



Bon après ça on s'est dit qu'il était peut-être temps de refaire nos valises et d'aller vois ailleurs ce qu'il s'y passe... direction Cochabamba... qui nous rapproche de la forêt amazonienne et de toutes les bestioles à poils, rampantes, ou volantes qui se marrent déjà en voyant la famille La Poisse pointer le bout de son nez ! Nous avons survécu au mal des montagnes, aux chauffeurs de bus fous et aux précipices... nous allons bien survivre à la jungle !!!



Remarque : Jérémi en plus, de donner des torticolis aux enfants, de faire marrer les boliviennes depuis qu'il possède le sac à dos local ( le tissus que toutes les femmes utilisent pour trimballer tout et n'importe quoi ), traine derrière lui une ribambelle de petits cireurs de chaussures ( moyenne d'âge 8 ans... ça fait rêver... ) qui ne comprennent pas qu'il se ballade avec des baskets en cuir noir aussi sales !













Tarija, Tarijaaa!

Salut les jeunes et les pluvieux!

Si nous avons été comme muets pendant un moment, c'est seulement parce que nous sommes restés bouche bée en ce fabuleux pays de Bolivie. À en perdre le peu d'espagnol dont on disposait alors. Pourtant nous ne faisons rien d'exeptionnel : visites, marches, marches et re-marches, dégustations en tout genre, rencontres etc. Toujours la même rengaine. Vous connaissez le refrain...


Après Tupiza, nous fîmes étape dans la ville de Tarija. Ville qui avait plus l'apparence d'une ville.


Les rues étaient cette fois goudronnées, signalisées, regorgeant de commerces. Bon tu ne doutes pas une seconde que tu es toujours en Bolivie. Pas de problème!


Les femmes, toujours attifées de leurs habits traditionnels, sont chargées comme des mules ; soit avec un enfant (wawa) enrobé dans leur tissu (awaio), soit croulant sous une montagne de produits, de trucs, de bricoles, soit pour vendre soit pour... Vendre.


La rue est réellement un "espace publique", les vendeuses-vendeurs élisent négoce sur le trottoir, partout ou il y a de la place, du faiseur de jus de fruit exprimido, en passant par le cireur-harceleur de chaussures, jusqu'aux vendeurs de fleurs, de tissus, de machins, de coques pour cellulaires, de légumes et fruits, de pâtisseries, de sacs, etc. etc. etc.

La rue est aussi une fosse pour klaxon symphonique en râle majeur. Au milieu de délicieuses nuées de gaz à effet de serre, du son tonitruant des accélérations intempestives et contestataires, les oreilles les plus délicates peuvent apprécier un pannel infini de klaxons monocordes. Il faut beaucoup de pratique auditive pour en sentir les nuances et inflexions : Au bout d'une semaine vous pourrez identifier le klaxon qui dit "bouge ton cul connard", de celui qui dit "si tu traverses je vais t'écraser, tu es prévenu!", ou encore le taxi qui te sonne "Je suis Mr le taxi et je vois bien que tes mollets de blanc n'ont pas la force de faire cinq cent mètres", ou encore le gonze qui te klazonne parce que t'es pas d'ici etc. etc. etc. ad libitum.


Le centre nevralgique de toute ville Bolivienne qui se respecte , c'est son Mercado Central ! Vous savez, chez nous les euros-païens, c'est ce que nous avons remplacé par d'immenses et fantastiques centres de grande distribution. Où l'on a substitué les âmes multiples, les mondes imbriqués sous quelques jolies appelations comme Carrefour, Géant, leaders prices, E.D...

Au marché central, pas de vigiles qui vont jusqu'à suspecter les malhonnêtes grands mères, pas d'étiquettage, ni rayonnage ingénieusement agencé et étudié pour atiser,faciliter les désirs consuméristes, non non non... Pas d'unique, invisible et multirichissime patron omnipotent, ni de caissière uniformisée au sourire con-gelé, pas non plus de carte fidelité, de barrières bip-bip qui sonne les infractions, ou de caddie ventripotent.


Un autre monde, entièrement féminin. Un monde fait d'odeurs, de couleurs, de sons. Un monde imbriqué ou le moindre recoin est investi de petits stands bondés. Un lieu extrêmement vivant, à la manière des souks arabes. Chacune des boliviennes qui travaille est son propre chef, pas de concurrence déloyale, mais l'entraide. Chaque étalage est singulier, façonné par le caractère de celle qui l'occupe (et la place dont elle dispose). Tu te ferais presque arracher un bras pour venir dans celui-ci ou celui là. Les interpellations fusent. Les prix sont complètement aléatoires et se négocient à la sympathie-antipathie du client. La viande est trucidée sous tes yeux, scrupuleusement gardée par des bataillons de mouches. Les fruits et légumes sont soigneusement organisés en tas, monticules instables et gigantesques. Il y a des vendeuses en l'air, comme sur un mirrador,mais aussi par terre, au milieu...partout où c'est possible. Les chiens mendient craintivement les restes, jamais à l'abri d'un coup de savate. Les fruits se mixent en direct dans ton verre. Les épices embaument les étroits passages. Tu demandes deux tomates et tu repars avec cinq, accompagnées de concombres, poivrons, radis, avocats etc.

Les fruits (frais,goûtus), ah, les fruits! Tout ce qu'il y a de plus exotiques : papaya, chirimoya, mango, caramboles, ananas, oranges jaunes, bananes rouges etc. Un feu d'artifice juteux.


Rechercher une chose relève de l'aventure, de la comparaison, mais aussi de la sympathie, de celui qui sera le plus persuasif, de celle qui te tirera le plus vigoureusement à son étalage. Aucun assistanat, tu es livré a ton propre sens de l'anarchie!


Dans toute ville qui se respecte, qui possède un marché qui se respecte, se trouve une cantine (affiliée au marché) qui se respecte. Et là, même systeme qu'au mercado, le menu s'énumère à la criée, tu es presque assis de force à table, les cuisines alignées, engoncées, crachent flammes et odeurs incroyables. Les Boliviens sont souvent étonnés de nous voir humer les délices soigneusement préparés, épicés et nous sautent dessus, ou se marrent d'avance d'imaginer comment nos estomacs peu entraînés vont réagir. Chaque midi est pour nous une surprise gustative, une aventure estomacale. Peu de touristes s'aventurent dans ces cantines, trop appeurés de choper une colique. Mais des fois, ça vaut vraiment la peine de risquer une bonne chiasse. Et rien de plus. Tu ne vas pas devenir tout vert, plein de furoncles et te déformer sous les effets de cette succulente nourriture. En même temps si les touristes s'aventuraient majoritairement en dehors des pizzerias, restaurants de luxe, où autre lieux familliers, le marché perdrait vite de son charme et les prix s'affoleraient!


Vous disposerez sous peu d'images de tout cela, pour le moment c'est matériellement impossible.

Pour l'heure allons déjeuner, car parler de tout ça procure une dalle gigantesque.



Salut salut.



Ps : Prochain épisode : Sucre.



Ps2 : Un peu de vos nouvelles ne nous feraient pas de mal... Faites partager un peu les choses qui se passent par chez vous. Car écrire sur ce blog c'est un peu comme essayer l'eccho dans les montagnes...