"- Bonjour comment aller de Cochabamba à Villa Tunari, por favor?
- Deux possibilités gringo : ou tu prends le gros bus tout terrain qui double les voitures sans aucune visibilité, en plein virage, et est obligé de se rabattre neuf fois sur dix pour ne pas provoquer d'accident, c'est le plus long mais le moins cher ; inspiration ; ou tu prends l'ex-corbillard défoncé, qui lui roule ventre a terre, met moins de temps que le gros bus tout terrain mais coûte quasiment le double.
- Et dans combien de temps partent le gros bus tout terrain et l'ex-corbillard toujours por favor?
- Ah, ben, ça on peut pas savoir gringo. Y'a pas d'horaires. Ça part quand c'est plein. Ça peut prendre quinze minutes comme trois heures.
- Ouais mais y'a dejà du monde là, ça ne devrait pas traîner c't'histoire? M'sieur? Hé M'sieur j'te cause!
- Hein heu, oui y'a déjà foule, mais on peut encore mettre du monde là!
- Quoi!? T'es zinzin!? C'est déjà quasi plein là!
- Mais non, y'a de la place sur les genoux, les accoudoires et le couloir. Le surpoid c'est bon pour l'adhérence à la route.
- Et pourquoi pas dans les soutes tant que vous y êtes!
- Quoi?!!!
- Heu rien muchas mercias, heu... gracias. On va s'empiffrer de Salteñas pour patienter."
Voici, grosso modo, comment nous nous disposions dans l'attente d'un nouveau lieu aux apparences tropicales.
La route, c'est la route, quoi. Virages, torticolis, nausée, envie de vomir, chaleur etc. Le bonheur. Et là, comment dire? Les paysages qui défilent à l'approche de Villa Tunari, changent complètement de caractère : dans la brume epaisse et l'humidité se dessinent des vallées dignes de l'époque jurassique : forêts entièrement tropicales, immenses, étendues, opaques. Palmiers, lianes, arbres féériques, plantes tropicales se montent les uns sur les autres, s'enchevêtrent et recellent une foule d'aminaux heu d'animaux splendides, sauvages, incroyables ou dangereux. C'est un peu comme une tignasse très fournie remplie d'habitants. Des perroquets aux oiseaux multicolores, des jaguars aux pumas, des Boas constrictors aux anacondas, des papillons aux fourmies de un centimètre agressives comme un petit sarko, et qui pîquent (l'avantage avec les fourmies de cette espèce, c'est que les douleurs et fièvres ne durent que vingt-quatre heures au lieu de cinq longues années...). Bref. Il y a de quoi contenter curiosités et frayeurs, fantasmes et phobies.
"-Hey les deux blancs becs! Arretez de bailler aux corneilles! Le bus tout terrain a dépassé Villa Tunari. Vous avez loupé la parada! Z'avez qu'à descendre par là et rebrousser chemin à pied."
C'est pas difficile de ne pas bien voir Villa Tunari. Y'a rien...
Enfin...
Presque...
Y'a bien quelques maisons, rangées de manière hirsute, selon une organisation toute ingénieuse : le long de la route.
Et si tu passes derrière la première ligne de bâtiments, tu peux y trouver une rue, en terre, ou cette fois les maison sont beaucoup plus rares ; et si tu passe cette rue en terre, tu pourra rencontrer, cette fois-ci, une autre rue, en gadoue, inondée ; et si tu franchies la rue de boue, tu trouve la jungle tropicale. Gardée par une orde de chiens en décomposition qui doivent avoir un croc contre la vie et te sautent dessus à la première occasion. Charmante bourgade que Villa Tunari.
Il y a bien ça et là quelques attractions pour les voyageurs les plus aventureux. Comme l'orquidario, parc au orchidées, avec UNE orquidée, malade.
Ou encore le parc machilla, maison de retraite pour les animaux maltraités ou du cirque. Quelques hectares de paradis pour les bonobos, ours, pumas, oiseaux colorés, qui ont besoin d'assistance. Cette structure qui ferait fondre le coeur de B.Bardo (elle aime les humains puisqu'elle aime les animaux...) repose majoritairement sur les fonds de "volontaires bénévoles", qui apprennent à s'occuper de ces victimes de la société. L'ironie, c'est que ces charmants "volontaires" paient quelque chose comme 150$US les quinze jours pour travailler comme des abrutis. C'est drôle non de voir des gens payer pour bosser. Ça rappelle une émission intitulée la "ferme". Ben oui, mais bosser dans un autre pays ça ne se fait pas pour de l'argent voyons, ça manquerait d'exotisme, on est pas des esclaves ! Nous, on s'achete nous même pour travailler. Enfin, travailler! C'est un bien grand mot, la subtilité de leur tâche consiste à faire le piquet ambulent pour promener le macaque, lui torcher la crotte, le remplir de groseilles pour pouvoir de nouveau lui torcher la crotte etc. etc. Moi j'étais aussi curieux de voir la trombine de ces énergumènes que le singe araignée. Et j'aurais dû m'en douter les trois quart étaient Israëliens... Ben oui faut être con et pas aimer les humains, à l'exeption de ses semblables.
Bref, fermons le chapitre sur le pîtres.
Y'a bien aussi un autre parc qui encadre Villa Tunari, mais d'en difficile c'est mal du dire . On vous laise lorgner les photographies.
Et les gens! les "tu n'as rien", certainement, disons que, étant donné la méchanceté avec laquelle ils te parlent et te regardent, ils doivent pas être habitués à voir du blanc souvent. Certains t'estiment tellement inférieurs qu'ils ne te parlent mème pas, et te regarder! encore moins! je préfère me faire fusiller du regard... Et ils ont un accent très étrange, quelques restes probables du Quechua. Par exemple, "si" devient "sisps", "pero","perosps", "arriba" "ajibasps", "Santa cruz", "Santa Crupsps", "el rio", "el jiosps" etc. etc. etc.
Et quand on te parle, ou qu'on te répond tu sautes de joie, tu t'accroches à la personne, mais très vite elle passe son temps à te demander "combien coûte ci et ça?", "combien tu paies ici ou là", que des questions de frics. Plusieurs fois la même de suite.
Bref, la population te fait bien comprendre que tu fais une grave erreur de venir t'aventurer dans leur bled. Alors, vu la chaleur de l'acceuil, on a décidé d'y rester un peu. Histoire de profiter des moustiques véhicules de dingue et de pallus, de la boîte de nuit qui est juste sous ta fenêtre, des pinbeches de dix huits ans qui se bourrent la gueule et se révèlent dans toute leur splendeur au beau millieu de ton sommeil réparateur, de la chaleur humaine, des bagarres titubantes, des accidents de moto-taxis-hytiliques, des "volontaires" qui, eux, connaissent la dureté du travail, de la diversité de Villa Tunari, Des voitures qui passent, du temps qui lui ne passe pas etc....
Moi j'ai adoré, je me suis éclaté. Hein Gali on s'est éclaté? Ah, ben je crois qu'elle n'est plus trop en mesure de répondre là, elle à grillé une gaufrette...
Je vais essayer de récupérer ce qu'il y a à récupérer et je vous raconterai (ou elle si c' est en sa mesure...) Santa Cru(sp)z, la ville très mouvementée qui fait trembler toute la Bolivie. Question d'autonomie avec la Paz. Ça à l'air de péter des câbles dans tous les sens par là bas.
Salut salut,
on va essayer de prendre le bus. Allez Gali, donne la main au monsieur, Gali! Non, ne mords pas! Aïe! Aïe! Aïe!...
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2 commentaires:
dis, Mag, quand tu prends le bus, souviens toi de ce qu'écrivait César à son Marius de fils embarqué sur le "Malaisie" - quand tu vas commencer à mesurer la mer, fais bien attention de ne pas trop te pencher, et de ne pas tomber par dessus bord; et là ou ça sera trop profond laisse un peu mesurer les autres -
Bonne continuation.
tout a fait geniale votre verve de gauchiiiiiiiiste trés cher !!!!
Bon, on s'est raté sur Rurre ou alors vous n'etes pas sortis pour etre certains de ne plus voir ma gueule de blanc bec !
Tant pis pour vous, j'avais des cloppes...
Adios petits ! Soyez prudents et hasta la vista ! Je suivrais vos aventures quand mëme ! (saloperies d'accents sur ces claviers bizzaroides...)
-jeff-
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