Après un Machu Picchu bien au-delà de ce dont nous avions rêvé, sportif et hélas coûteux, après un séjour dans la magnifique Cusco dont les venelles résonnent encore de quechua et du sanglant débarquement espagnol, après avoir supporté les affreux-sales-et-méchants de notre auberge et même fomenter l'assassinat de la vieille sorcière dont le postérieur " escarrifié " ne faisait plus qu'un avec le canapé, nous étions bien fatigués...
Pourquoi, alors, ne pas se reposer un peu en la 2ème ville du Perou, Arequipa ?
Sur les conseils avisés de Santi et Pilar rencontrés notre dernier jour cusqueño ( couple de la péninsule ibérique, résidant depuis 5 ans en France... pour ceux qui connaissent, à Mazamet ! ), nous nous sommes dirigés vers notre nouvelle maison de SDF..
Et là...
Pour nous ce fut le paradis...
La porte s'est ouverte sur un havre de paix, un accueil chaleureux, une chambre douillette et propre( ...), et comble du bonheur... une douche avec de l'eau chaude !
J'irais jusqu'à dire que de tels chocs peuvent être violents pour notre santé mentale !
Mais je vous rassure tout de suite ( ben oui j'imagine qu'en lisant ces lignes d'une rare violence, vous vous êtes inquiétés... ), notre santé mentale va bien... en revanche nous aurions du nous méfier du méchant virus rhumo-bronchiteux que Jérémi promenait dans ses valises depuis quelques temps... il a profité de notre relachement pour se faufiler traitreusement dans notre système ORL qui, lui, n'avait absolument rien demandé à personne.
Voilà comment nous avons passé 4 jours à nous trainer lamentablement de notre chambre au cyber-café, et du cyber-café à notre repère du moment, le joli petit bar-resto d'en face ! Dans lequel nous nous sommes soignés au baileys pour les unes et au whisky pour les autres... Match nul, 0-0... C'est notre copine Gloria, la magnifique serveuse, puits de connaissances, qui a trouvé la solution... un p´tit vin chaud ! De toute façon, ça ne pouvait pas nous faire de mal...
A travers nos déambulations fiévreuses nous avons, malgré tout, réussi à visiter un musée et le couvent de Santa Cantalina...
Commençons par ce qui fâche : Le couvent de Santa Catalina, qui occupe pas moins de 20 000 m2 et forme à l'intérieur de ses murs d'enceinte, une véritable petite citadelle.
Vous en conviendrez, il est fort tentant d'aller se perdre dans un tel lieu historico-religieux... et c'est bien entendu ce que nous avons fait... Nous nous sommes laissés aller au gré de ce dédale déconcertant aux couleurs chatoyantes, nous avons traversé les anciennes " chambres " des soeurs ( une trentaine de religieuses y vivent encore mais elles sont bien entendu invisibles ), leur cuisine, les lieux de prières et nous avons même croisé quelques cochons d'Inde qui je pense étaient alors destinés à la consommation... et oui ce petit animal de compagnie est ici un met fort apprécié que nous ne manquerons pas de gouter !
Alors quoi ?
Le soir venu, notre amie Gloria, nous a appris que le prix de notre visite serait tout simplement une contribution aux caisses de l'Opus Dei... Voilà le genre d'informations écoeurantes qui gâchent et entachent notre plaisir...
De même, elle nous a apporté quelques précisions sur la découverte controversée du Machu Picchu que les guides taisent pour y préférer un mystère plus attractif... mais enfin il s'agit d'un autre sujet dont nous disserterons avec vous à l'occasion...
Fort heureusement il nous reste le musée Santury... J'imagine que cela ne vous évoque pas grand chose !
Mais peut-être que si je vous dis " Juanita, princesse des glaces ", vous avez comme une impression de " ça me parle "... ou pas ! Honnêtement, en ce qui me concerne, cette découverte pourtant médiatisée, m'avait tout à fait échappée !
Arequipa est nichée au pied des volcans El Misti et Sabancaya et du sommet Nevado Ampato ( 6310 m tout de même ! ).
Dans les années 90 un alpiniste péruvien qui guidait une expédition sur le Nevado Ampato a découvert quelques fragments de bois et de cordes qui n'ont pas laissé indifférent son oeil avisé... alors que nous, pauvres gens aurions tout au plus écarté de notre chemin ses obstacles insignifiants...
Intrigué, il repart donc quelques années plus tard avec un copain nord-américain mais surtout archéologue.
Ils ont grimpé, farfouillé, gratouillé et déplacé quelques gros cailloux, pour finalement comprendre qu'ils se trouvaient sur un ancien site funéraire inca.
Et parmi leurs découvertes ( tombes, statues, poteries... ), la plus fantastique, des corps momifiés d'enfants.
Pourquoi des enfants, et pourquoi momifiés ?
Lorsque les dieux étaient en colère ( séismes, pluies torrentielles etc... ) les incas leurs offraient un enfant élu dès la naissance de par sa noblesse et sa beauté. Cet enfant était emmené au sommet de la montagne et sacrifié avec la promesse de rencontrer les dieux et de devenir l'un des leurs ce qui bien sûr était un grand honneur. Ils étaient richement vêtus et accompagnés de divers objets de valeur souvent en or et en argent. Une fois mort ( un bon coup de massue sur la tête et l'affaire est dans le sac ), ils étaient enterrés. Les conditions climatiques et la proximité de volcans ont permis leur momification. Malgré tout les corps retrouvés ont hélas souvent subi les épreuves du temps...
Mais pas Juanita...
Son histoire est identique à celle des autres enfants, une marche de plusieurs centaines de km depuis Cusco, le froid, la faim ( un peu de coca et de chicha, alcool de maïs, pas plus ), la fatigue ( je vous rappelle qu'ils faisaient l'ascension d'un sommet de plus de 6000m en tongues ! ) et un coup sur la tête.
La seule différence c'est la parfaite conservation de son corps ( à l'exception de son visage, qui à la suite d'un éboulement a été exposé au soleil, et s'est donc desseché ), qui a permis après nombres analyses de reconstruire son histoire... vieille de 500 ans !
Le musée nous emmène au fil des salles sombres à travers cette épopée fascinante... et dans la dernière chambre nous avons rencontré Juanita... bien au frais dans un caisson en verre à très basse température.
Quelle émotion ! Ses cheveux, ses dents, sa peau ses bras sont totalement intacts. Aucun de ses organes n'a disparu, son estomac a même offert aux scientifiques les restes de son dernier frugal repas...
Voilà le cadeau formidable que nous a offert Arequipa.
Ami-e-s je vous laisse, un bus ( étonnant ! ) nous attend pour nous emmener vers Nazca et ses lignes mystérieuses... Le voyage reprend ses droits sur le virus noyés dans l'alcool !
A bientôt !
jeudi 19 juin 2008
mardi 17 juin 2008
Prolifération de photos...
Et voilà ça devait arriver !
A force de vous innonder de nos oeuvres photographiques d'une rare beauté ( Et ben quoi ? Elles sont pas mâgnifiiiiiiques nos photos ?!?! ), nous avons atteint la limite d'espace disponible...
Oh... plus de photos...
Meuh non !
Comme nous sommes très malins ( non mais c'est vrai il fallait y penser... ;0D ), nous avons trouvé une solution... il suffit d'aller jeter un oeil en bas de la page... nouveau lien, y'a plus qu'à cliquer !
Bien entendu les anciens albums sont toujours au chaud, à leur place.
Allez, salut à tous !
A force de vous innonder de nos oeuvres photographiques d'une rare beauté ( Et ben quoi ? Elles sont pas mâgnifiiiiiiques nos photos ?!?! ), nous avons atteint la limite d'espace disponible...
Oh... plus de photos...
Meuh non !
Comme nous sommes très malins ( non mais c'est vrai il fallait y penser... ;0D ), nous avons trouvé une solution... il suffit d'aller jeter un oeil en bas de la page... nouveau lien, y'a plus qu'à cliquer !
Bien entendu les anciens albums sont toujours au chaud, à leur place.
Allez, salut à tous !
dimanche 15 juin 2008
Cusco (lado peruviano)
Cuzco ou Cusco, du Quechua « Qusqu », qui signifie nombril, est une ville du Sud-Est du Pérou au milieu des Andes. C'est la capitale du Département de Cusco.
Ville d'altitude (~ 3 400 m) d'une taille modérée, avec environ 300 000 habitants. Cuzco fut la capitale des Incas, ce qui n'est pas rien. On peut encore admirer quelques murs originels dans certaines rues de la ville. D'énormes blocs de pierre uniquement soutenues entre elles par leur poid et la précision ingénieuse de leurs tailleurs (l'une d'entre elle est célèbre pour posséder pas moins de douze faces!).
Au XVI ème siècle, les espagnols ont sauvagement ravagé la cité Inca et érigé églises et cathédrales en recyclant ses pierres. La ville a alors perdu beaucoup de son prestige. Mais la découverte du Machu Picchu en 1911 relança son essor au profit du tourisme. On peut en effet y trouver bon nombre de guides et d'excursions vers ce dernier et la vallée sacrée.
La visite passionante de ses lieux de cultes vaut le détour! Les ouvrage sont uniques, les architectures iconoclastes et l'art Cusqueño non moins surprenant. On peut notament contempler le célèbre tableau de la "cène", peint par un péruvien sous la pression catholico-espagnole, discrètement parcourue d'éléments Incas donc "blasphématoires" comme un cochon-dinde (specialité Cusqueña) remplaçant le pain occidental, des fruits introuvables sur nos terres, et en premier plan, la face traîtresse de Pizarro, ignoble (et peut être noble également, ce n'est pas incompatible...) espagnol qui, ne tenant pas parole après avoir accepté tout l'or proposé par l'Inca captif Atahualpa en échange de sa liberté, lui trancha la jugulaire et piétina la ville de Cusco. Tous les tableaux sont parcourus de résistances discrètes et subtiles que l'oeil peu artistique des colons n'a su relever. Et ce n'est qu'un exemple.
Histoire triste d'une cité d'or ravagée, désossée de manière barbare, inculte, sauvage et intéressée et transformée en ville coloniale. C'est ainsi que Cusco est cicatrisée de toute part entre les ruines incas et le style colonial. Ses rues n'en sont pas moins charmantes, pleines de surprises. Mais c'est un mauvais exemple pour avoir un premier aperçu du Pérou. Le tourisme bat tellement sont plein que Cusco ressemble à une ville européenne. Chacun de ses habitants vit d'une manière ou d'une autre du tourisme.
Nous logions quand à nous dans une auberge défiant toute concurrence (d'un point de vue financier bien sûr, car la ville coûte, et nous n'avions pas les moyens d'avoir ne serait-ce que de l'eau chaude... À cette altitude, c'est de la torture!), chez la famille affreux-sales-et-méchants. Mais je ne vais pas m'étaler sur leur cas. Ce serait trop d'honneur.
Nous avons donc traversé les rues et les âges, tout en cherchant une solution moindre-mal pour gagner le célèbre Machu Picchu (intact car jamais découvert par les espagnols). Nous nous sommes bien sûr largement fait enfler en payant le prix faible, car nous avons appris à notre retour qu'il y avait une autre voie (tenue secrète) pour s'y rendre, largement plus économique. Pour ceux que ça peut interresser...
Le Machu Picchu donc... Lieu tellement incroyable qu'on ne peut que le souiller en le racontant. Il se regarde, se traverse, se ressent, se vit. Site archéologique le plus célèbre et le plus visité du continent, cette cîté fût oubliée jusqu'au début du XXème siècle, redécouverte par l'explorateur américain Hiram Binghan, tout à fait par hasard (elle ne risque pas d'être oubliée aujourd'hui, puisque'il peut y avoir quelque chose comme 2 500 visiteurs par jour en période d'afflux violemment touristique!). Le site était alors couvert de végétation. Difficile aujourd'hui d'avoir une connaissance exhaustive du Machu Picchu et de son utilité. Elle était apparemment peuplée de gens de la "haute", de scientifiques, astonomes etc.
Nous avons entamé l'ascencion vers le site à 4h30 du matin sous la pluie et les vociférations de quelques visiteurs attardés (ceux qu'on comprenait, les compatriotes, Sarkosites à coup sûr), pour une grosse heure de marche nocturne et verticale, le bus étant trop coûteux. Tout cela pour attendre les six heures, ouverture du site.
Lorsque nous arrivons, les traits de l'ancienne ville inca sont effacés par le brouillard. Nous nous perdons un temps dans ce dédale somptueux pour entamer le plus tôt possible l'ascension (limitée) du Huaina Picchu (ou waina Picchu...). Pic vertical, au point que monter te paraît impossible vu d'en bas, mais les incas avaient plus d'un tour dans leur sac et ont frayé un chemin presque droit dans la roche. Un supplice pour les quelques mollets aventureux qui chancellaient et qu'il fallait tant bien que mal dépasser. Un chemin périlleux, exigü, glissant, mais vite oublié lorsque tu atteints sa cîme. De là-haut, patience, le brouillard va s'évaporer, lever son rideau diaphane sur une vallée gigantesque et te donner un recul de deux milles mètres de dénivellé sur le Machu Picchu! Les impatients taisent leur gueule car le site ôte les mots. Seuls quelques israëliens écervelés (comment peut il en être autrement?), le MP3 sur les oreilles, n'ont rien vu du spectacle, regardant du mauvais côté... Sans commentaire.
Par chance, le Machu Picchu connu ce jour là un faible pourcentage de visiteurs, pour notre plus grande joie et qualité de visite. Il n'y a plus qu'a se perdre, attraper à la volée quelques bribes d'infos louées à quelques guides par d'autre visiteurs, s'émouvoir etc. Comme d'habitude, les fotographies vous donneront quelques détails plus précis que les vues d'ensemble que nous connaissons tous dans notre inconscient collectif.
Anecdote : nous avons rencontré un specimen tout à fait unique composé de trois hommes illuminés, type occidental, perchés sur les sommets de ruines, et s'appliquant à méditer en frottant et tapottant de manière cérémoniale de petits cailloux. Avec le plus grand sérieux du monde. Ces visiteurs inspirés venaient s'imbiber des énergies toutes spéciales, cosmiques (et comiques) du Machu Picchu. Peut être invoquaient-ils les incas, le solstice, les extras terrestres, mais ils étaient trop en transe pour pouvoir nous en informer...
Après pas moins de dix heures de marche, de rêve, d'allucinations, de découvertes etc. il fallait accepter tristement la clôture du site et repartir comme nous sommes venus... A pied. Pour prendre le train, qui constituait la plus grosse et coûteuse arnaque, vers Cusco ; afin de mourir de fatigue dans l'antre bon marché de la famille affreux-sales-moches-et-méchants.
Ville d'altitude (~ 3 400 m) d'une taille modérée, avec environ 300 000 habitants. Cuzco fut la capitale des Incas, ce qui n'est pas rien. On peut encore admirer quelques murs originels dans certaines rues de la ville. D'énormes blocs de pierre uniquement soutenues entre elles par leur poid et la précision ingénieuse de leurs tailleurs (l'une d'entre elle est célèbre pour posséder pas moins de douze faces!).
Au XVI ème siècle, les espagnols ont sauvagement ravagé la cité Inca et érigé églises et cathédrales en recyclant ses pierres. La ville a alors perdu beaucoup de son prestige. Mais la découverte du Machu Picchu en 1911 relança son essor au profit du tourisme. On peut en effet y trouver bon nombre de guides et d'excursions vers ce dernier et la vallée sacrée.
La visite passionante de ses lieux de cultes vaut le détour! Les ouvrage sont uniques, les architectures iconoclastes et l'art Cusqueño non moins surprenant. On peut notament contempler le célèbre tableau de la "cène", peint par un péruvien sous la pression catholico-espagnole, discrètement parcourue d'éléments Incas donc "blasphématoires" comme un cochon-dinde (specialité Cusqueña) remplaçant le pain occidental, des fruits introuvables sur nos terres, et en premier plan, la face traîtresse de Pizarro, ignoble (et peut être noble également, ce n'est pas incompatible...) espagnol qui, ne tenant pas parole après avoir accepté tout l'or proposé par l'Inca captif Atahualpa en échange de sa liberté, lui trancha la jugulaire et piétina la ville de Cusco. Tous les tableaux sont parcourus de résistances discrètes et subtiles que l'oeil peu artistique des colons n'a su relever. Et ce n'est qu'un exemple.
Histoire triste d'une cité d'or ravagée, désossée de manière barbare, inculte, sauvage et intéressée et transformée en ville coloniale. C'est ainsi que Cusco est cicatrisée de toute part entre les ruines incas et le style colonial. Ses rues n'en sont pas moins charmantes, pleines de surprises. Mais c'est un mauvais exemple pour avoir un premier aperçu du Pérou. Le tourisme bat tellement sont plein que Cusco ressemble à une ville européenne. Chacun de ses habitants vit d'une manière ou d'une autre du tourisme.
Nous logions quand à nous dans une auberge défiant toute concurrence (d'un point de vue financier bien sûr, car la ville coûte, et nous n'avions pas les moyens d'avoir ne serait-ce que de l'eau chaude... À cette altitude, c'est de la torture!), chez la famille affreux-sales-et-méchants. Mais je ne vais pas m'étaler sur leur cas. Ce serait trop d'honneur.
Nous avons donc traversé les rues et les âges, tout en cherchant une solution moindre-mal pour gagner le célèbre Machu Picchu (intact car jamais découvert par les espagnols). Nous nous sommes bien sûr largement fait enfler en payant le prix faible, car nous avons appris à notre retour qu'il y avait une autre voie (tenue secrète) pour s'y rendre, largement plus économique. Pour ceux que ça peut interresser...
Le Machu Picchu donc... Lieu tellement incroyable qu'on ne peut que le souiller en le racontant. Il se regarde, se traverse, se ressent, se vit. Site archéologique le plus célèbre et le plus visité du continent, cette cîté fût oubliée jusqu'au début du XXème siècle, redécouverte par l'explorateur américain Hiram Binghan, tout à fait par hasard (elle ne risque pas d'être oubliée aujourd'hui, puisque'il peut y avoir quelque chose comme 2 500 visiteurs par jour en période d'afflux violemment touristique!). Le site était alors couvert de végétation. Difficile aujourd'hui d'avoir une connaissance exhaustive du Machu Picchu et de son utilité. Elle était apparemment peuplée de gens de la "haute", de scientifiques, astonomes etc.
Nous avons entamé l'ascencion vers le site à 4h30 du matin sous la pluie et les vociférations de quelques visiteurs attardés (ceux qu'on comprenait, les compatriotes, Sarkosites à coup sûr), pour une grosse heure de marche nocturne et verticale, le bus étant trop coûteux. Tout cela pour attendre les six heures, ouverture du site.
Lorsque nous arrivons, les traits de l'ancienne ville inca sont effacés par le brouillard. Nous nous perdons un temps dans ce dédale somptueux pour entamer le plus tôt possible l'ascension (limitée) du Huaina Picchu (ou waina Picchu...). Pic vertical, au point que monter te paraît impossible vu d'en bas, mais les incas avaient plus d'un tour dans leur sac et ont frayé un chemin presque droit dans la roche. Un supplice pour les quelques mollets aventureux qui chancellaient et qu'il fallait tant bien que mal dépasser. Un chemin périlleux, exigü, glissant, mais vite oublié lorsque tu atteints sa cîme. De là-haut, patience, le brouillard va s'évaporer, lever son rideau diaphane sur une vallée gigantesque et te donner un recul de deux milles mètres de dénivellé sur le Machu Picchu! Les impatients taisent leur gueule car le site ôte les mots. Seuls quelques israëliens écervelés (comment peut il en être autrement?), le MP3 sur les oreilles, n'ont rien vu du spectacle, regardant du mauvais côté... Sans commentaire.
Par chance, le Machu Picchu connu ce jour là un faible pourcentage de visiteurs, pour notre plus grande joie et qualité de visite. Il n'y a plus qu'a se perdre, attraper à la volée quelques bribes d'infos louées à quelques guides par d'autre visiteurs, s'émouvoir etc. Comme d'habitude, les fotographies vous donneront quelques détails plus précis que les vues d'ensemble que nous connaissons tous dans notre inconscient collectif.
Anecdote : nous avons rencontré un specimen tout à fait unique composé de trois hommes illuminés, type occidental, perchés sur les sommets de ruines, et s'appliquant à méditer en frottant et tapottant de manière cérémoniale de petits cailloux. Avec le plus grand sérieux du monde. Ces visiteurs inspirés venaient s'imbiber des énergies toutes spéciales, cosmiques (et comiques) du Machu Picchu. Peut être invoquaient-ils les incas, le solstice, les extras terrestres, mais ils étaient trop en transe pour pouvoir nous en informer...
Après pas moins de dix heures de marche, de rêve, d'allucinations, de découvertes etc. il fallait accepter tristement la clôture du site et repartir comme nous sommes venus... A pied. Pour prendre le train, qui constituait la plus grosse et coûteuse arnaque, vers Cusco ; afin de mourir de fatigue dans l'antre bon marché de la famille affreux-sales-moches-et-méchants.
Copacabana.
Salut lecteurs avides de voyage virtuel.
Voici pour vous la suite différée de notre promenade.
Je suis sûr et certain que vous connaissez de nom Copacabana.
Oui, oui, oui, ne faîtes pas les innocents!
Mais quel Copacabana?
En Colombie dans le département d'Antiocha?
En Argentine, dans le département Tinogasta de la province de Catamarca?
Toujours en Argentine dans le département Ischilín de la province de Córdoba?
Au Brésil, Rio de Janeiro avec sa celèbre plage?
Non, aucun de ceux là! Faut suivre les jeunes! Il n'y a pas si longtemps nous étions à la Paz! Il y a donc de fortes chances que ce soit la Copacabana bolivienne, de la région Manco Kapac, bordant le paisible et imposant Lac Titicaca!
Cette petite flaque d'eau au nom tellement exotique qu'on voudrait croquer dedans est réputée pour être le lac navigable le plus haut du monde. Pas moins de 8 500 km2! Y'a de quoi barboter les amis. Les boliviens et péruviens se partagent ce miroir céleste. Pas de manière très équitable, il faut le reconnaître, la Bolivie en a toujours un peu moins. Déjà que les Chiliens et Péruviens lui bloquent l'accès à l'océan... Ce n'est pas de chance! Mais bon, on ne va pas reclamer davantage, il leur faudrait moins de temps pour supprimer la Bolivie que pour traverser Titicaca!
Copacabana est encore un havre de paix. On peut y crapahuter d'un côté et barboter de l'autre. Les touristes, vite remarquables, n'ont eu d'influence que sur une seule rue, bien que centrale, ornée de commerces à touristes, et de "babos" vendeurs d'artisanat (ce sont des vrais ceux là, rien à voir avec les fils à papa déguisés qui gerbent dans les rues d'Aurillac..) Mais heureusement et mystérieusement, ce n'est pas une destination privilégiée par les gringos, et la petite ville garde ses caractéristiques boliviennes.
Tout est calme à Copacabana. On ne se presse pas à Copacabana. La vie est à l'image du lac, elle fait shuuu, puis shuuu et reshuuu (difficile de traduire en onomatopée les léchouilles des vagues sur le rivage...). On déguste avec les yeux, le coeur... certes... mais aussi avec la bouche! Des truites, bien fraîches que Titicaca recrache le matin dans ton assiette du midi. Leur chair est un délice, presque peux tu sentir en elle les mystères du lac. D'ailleurs sa plage n'a rien de sable fin, de bikinis, de monsieurs muscles exhibants leur thorax, de Mme de machin chose faisant reluire sa dernière épilation ou ses protubérances mammaires. Ça ne sent pas la crème solaire mais le poisson du diable rôtissant; on n'entend pas brailler les inepties creuses des vacanciers en repos cérébral, ni leurs mômes qui se prennent pour des singes hurleurs, mais les abuelas qui mettent tout leur talent pour te séquestrer dans un rapt culinaire.
Le dimanche, chose surprenante, les riches et supertitieux paceños quittent leur cité pour venir en famille plonger leur yeux dans le firmament liquide de Titicaca. Ils n'y plongent pas que le regard, mais également leurs habits et la viande qui les habite. Je dirais qu'il faut du courage vu la température, mais c'est davantage une affaire de croyance : Titicaca suscite beaucoup de croyances, c'est un peu Lourdes, les gens trempent leurs craintes et se lavent de toute infortune. Et ce qui pourrait ressembler à un petit dimanche en famille, au bord de l'eau, dans l'amour, la fidélité et la bonne humeur n'est en fait qu'une apparence trompeuse. Les Paceños font le trajet pour baptiser (ce n'est pas une image) leur tout nouveau 4X4 reluisant! C'est pas mignon ça! Ah les hommes et leurs voitures sont vraiment abrutissants... heu... attendrissants!
Bref, pour éviter autant de dévotion "mâle" placée mieux vaut prendre ses jambes à son cou et éviter la connerie en empruntant les sentiers lumineux des hauteurs de la ville. Cinq heures de marche devraient nous éviter d'en supporter davantage. Les cuisses n'éprouvent aucune fatigue lorsqu'il s'agit de découvrir l'arrière pays. Des plaines couleur feu. Des paysans à la peau de papirus, le soleil dans l'âme et l'accent quechua sont heureux de tailler un brin de causette pour retarder le labeur. Les chèvres détalent à ton approche,les vaches machouillent niaisement les herbes enflammées, les lamas arment leur salive, les cochons ronflent de paresse. Les boliviennes exécutent une sorte de danse piétinante, le pied nu foulant la terre ; danse qui n'est autre qu'une technique artisanale de broyage de "pommes de terre", dont le suc s'éponge dans un lit de paille, avant d'être récolté. Les maisons rosées d'albâtre semblent s'ériger tout droit de la terre puis réclamer leur droit à la pesanteur, tirant lassablement vers leur lieu d'origine. Tout est calme, encore plus calme. Aucun touriste n'aventure ses Rossignoles-tous-terrains vers ces lieux reculés. Nous sommes seuls.
En revanche, ces derniers passent inmanquablement une nuit à Copacabana afin de se rendre sur la Isla del sol, puis de repartir. Laquelle paraît accessible en deux coups de brasse depuis la plage. Il faut en fait deux heures... De bateau! et vingt bolivianos. Titicaca le mystique se joue des perspectives!
Ah, la Isla del sol! Un nord, un sud, un chemin caillouteux, et quelques ruines incas. En quatre heures de marche, tu peux réunir les deux pôles. Érintant (si tu rates le bateau tu es piégé là amigo!) et maravilioso! La nature en ces lieux s'est vêtue de sa plus belle parure. L'imagination s'égare en sa pointe où gît sous l'eau quelque ville oubliée (découverte par J. Cousteau), dont les dires se plaisent à raconter qu'il s'agit de la célèbre civilisation engloutie de l'Atlantide.
Bien évidemment, l'accès à la caminata n'est pas offert, il faut aligner quelques dix bolivianos supplémentaires (pour vous donner une idée de l'écart économique entre la Bolivie et l'Europe, dix bolivianos représentent un euro). Et le guide, ou plutôt le berger (car les touristes, que nous avons pris soin de semer, migrent en troupeau, bêlent en anglais, en françois, en étasunien, en argentin, en langue scandinave etc. et aiment être guidés sur le chemin à sens unique...) assure à ses ouailles que leur ticket précieux vaut pour toute l'île. Il ommet volontairement, par jeux, de signaler que les quelques huits tribus qui se partagent l'Isla del sol ont malicieusement quadrillé le chemin en secteurs et qu'ils font barrage, dôtés de fausses souches de tickets touts neufs, pour raquetter la crédulité des moutons appeurés qui préfèrent payer que d'essayer de balbutier quelques mots d'espagnol. Ça marche, ça marche même très bien! Il faut dire que les bougres deviennent vites violents si tu ne cèdes pas à leur arnaque. Nous sommes passés entre les mailles, mais il fallait faire preuve de beaucoup d'ingéniosité. Maintes fois renouvellée. Du petit de cinq ans qui tente sa chance, en passant par les deux poteaux alcoolico-agressifs, sans oublier le vieil abuelo grellotant à la morsure sans dents, les pièges sont nombreux! Ça rappelle les droits de passage moyen-âgeux cette histoire : "si tu veux passer le pont tu paies, te bats, ou fais demi-tour!". Chacun y va de sa petite histoire. Et là bas, sur cet endroit oublié (sauf par ses visiteurs), les enfants qui y vivent ne jouent pas, vont encore moins à l'école, ils travaillent. Ils tentent désespérement de te vendre quelque artisanat, ou bien les cailloux qu'ils viennent de ramasser, certifiant qu'ils ont quelque valeur ( si tu refuses, tu les reçoit en pleine poire), réclament le sou pour se faire prendre en photo etc. Quand tu cotoies un peu les habitants, l'île perd son charme de carte postale.
Peu importe. La bateau te ramène sur les berges de l'oubli. Un peu avant le crépuscule. D'ailleurs, je vous conseille vivement de cliquer sur le lien photographique du site, afin que vous ayez un aperçu du bain majestueux dont le roi soleil jouit en maître dans les eaux voilées du lac Titicaca...
La peine au coeur de quitter la Bolivie, nous étirons autant que possible notre séjour en Copacabana. Mais toute bonne chose connaît fatalement une fin. Et la route est encore longue...
Voici pour vous la suite différée de notre promenade.
Je suis sûr et certain que vous connaissez de nom Copacabana.
Oui, oui, oui, ne faîtes pas les innocents!
Mais quel Copacabana?
En Colombie dans le département d'Antiocha?
En Argentine, dans le département Tinogasta de la province de Catamarca?
Toujours en Argentine dans le département Ischilín de la province de Córdoba?
Au Brésil, Rio de Janeiro avec sa celèbre plage?
Non, aucun de ceux là! Faut suivre les jeunes! Il n'y a pas si longtemps nous étions à la Paz! Il y a donc de fortes chances que ce soit la Copacabana bolivienne, de la région Manco Kapac, bordant le paisible et imposant Lac Titicaca!
Cette petite flaque d'eau au nom tellement exotique qu'on voudrait croquer dedans est réputée pour être le lac navigable le plus haut du monde. Pas moins de 8 500 km2! Y'a de quoi barboter les amis. Les boliviens et péruviens se partagent ce miroir céleste. Pas de manière très équitable, il faut le reconnaître, la Bolivie en a toujours un peu moins. Déjà que les Chiliens et Péruviens lui bloquent l'accès à l'océan... Ce n'est pas de chance! Mais bon, on ne va pas reclamer davantage, il leur faudrait moins de temps pour supprimer la Bolivie que pour traverser Titicaca!
Copacabana est encore un havre de paix. On peut y crapahuter d'un côté et barboter de l'autre. Les touristes, vite remarquables, n'ont eu d'influence que sur une seule rue, bien que centrale, ornée de commerces à touristes, et de "babos" vendeurs d'artisanat (ce sont des vrais ceux là, rien à voir avec les fils à papa déguisés qui gerbent dans les rues d'Aurillac..) Mais heureusement et mystérieusement, ce n'est pas une destination privilégiée par les gringos, et la petite ville garde ses caractéristiques boliviennes.
Tout est calme à Copacabana. On ne se presse pas à Copacabana. La vie est à l'image du lac, elle fait shuuu, puis shuuu et reshuuu (difficile de traduire en onomatopée les léchouilles des vagues sur le rivage...). On déguste avec les yeux, le coeur... certes... mais aussi avec la bouche! Des truites, bien fraîches que Titicaca recrache le matin dans ton assiette du midi. Leur chair est un délice, presque peux tu sentir en elle les mystères du lac. D'ailleurs sa plage n'a rien de sable fin, de bikinis, de monsieurs muscles exhibants leur thorax, de Mme de machin chose faisant reluire sa dernière épilation ou ses protubérances mammaires. Ça ne sent pas la crème solaire mais le poisson du diable rôtissant; on n'entend pas brailler les inepties creuses des vacanciers en repos cérébral, ni leurs mômes qui se prennent pour des singes hurleurs, mais les abuelas qui mettent tout leur talent pour te séquestrer dans un rapt culinaire.
Le dimanche, chose surprenante, les riches et supertitieux paceños quittent leur cité pour venir en famille plonger leur yeux dans le firmament liquide de Titicaca. Ils n'y plongent pas que le regard, mais également leurs habits et la viande qui les habite. Je dirais qu'il faut du courage vu la température, mais c'est davantage une affaire de croyance : Titicaca suscite beaucoup de croyances, c'est un peu Lourdes, les gens trempent leurs craintes et se lavent de toute infortune. Et ce qui pourrait ressembler à un petit dimanche en famille, au bord de l'eau, dans l'amour, la fidélité et la bonne humeur n'est en fait qu'une apparence trompeuse. Les Paceños font le trajet pour baptiser (ce n'est pas une image) leur tout nouveau 4X4 reluisant! C'est pas mignon ça! Ah les hommes et leurs voitures sont vraiment abrutissants... heu... attendrissants!
Bref, pour éviter autant de dévotion "mâle" placée mieux vaut prendre ses jambes à son cou et éviter la connerie en empruntant les sentiers lumineux des hauteurs de la ville. Cinq heures de marche devraient nous éviter d'en supporter davantage. Les cuisses n'éprouvent aucune fatigue lorsqu'il s'agit de découvrir l'arrière pays. Des plaines couleur feu. Des paysans à la peau de papirus, le soleil dans l'âme et l'accent quechua sont heureux de tailler un brin de causette pour retarder le labeur. Les chèvres détalent à ton approche,les vaches machouillent niaisement les herbes enflammées, les lamas arment leur salive, les cochons ronflent de paresse. Les boliviennes exécutent une sorte de danse piétinante, le pied nu foulant la terre ; danse qui n'est autre qu'une technique artisanale de broyage de "pommes de terre", dont le suc s'éponge dans un lit de paille, avant d'être récolté. Les maisons rosées d'albâtre semblent s'ériger tout droit de la terre puis réclamer leur droit à la pesanteur, tirant lassablement vers leur lieu d'origine. Tout est calme, encore plus calme. Aucun touriste n'aventure ses Rossignoles-tous-terrains vers ces lieux reculés. Nous sommes seuls.
En revanche, ces derniers passent inmanquablement une nuit à Copacabana afin de se rendre sur la Isla del sol, puis de repartir. Laquelle paraît accessible en deux coups de brasse depuis la plage. Il faut en fait deux heures... De bateau! et vingt bolivianos. Titicaca le mystique se joue des perspectives!
Ah, la Isla del sol! Un nord, un sud, un chemin caillouteux, et quelques ruines incas. En quatre heures de marche, tu peux réunir les deux pôles. Érintant (si tu rates le bateau tu es piégé là amigo!) et maravilioso! La nature en ces lieux s'est vêtue de sa plus belle parure. L'imagination s'égare en sa pointe où gît sous l'eau quelque ville oubliée (découverte par J. Cousteau), dont les dires se plaisent à raconter qu'il s'agit de la célèbre civilisation engloutie de l'Atlantide.
Bien évidemment, l'accès à la caminata n'est pas offert, il faut aligner quelques dix bolivianos supplémentaires (pour vous donner une idée de l'écart économique entre la Bolivie et l'Europe, dix bolivianos représentent un euro). Et le guide, ou plutôt le berger (car les touristes, que nous avons pris soin de semer, migrent en troupeau, bêlent en anglais, en françois, en étasunien, en argentin, en langue scandinave etc. et aiment être guidés sur le chemin à sens unique...) assure à ses ouailles que leur ticket précieux vaut pour toute l'île. Il ommet volontairement, par jeux, de signaler que les quelques huits tribus qui se partagent l'Isla del sol ont malicieusement quadrillé le chemin en secteurs et qu'ils font barrage, dôtés de fausses souches de tickets touts neufs, pour raquetter la crédulité des moutons appeurés qui préfèrent payer que d'essayer de balbutier quelques mots d'espagnol. Ça marche, ça marche même très bien! Il faut dire que les bougres deviennent vites violents si tu ne cèdes pas à leur arnaque. Nous sommes passés entre les mailles, mais il fallait faire preuve de beaucoup d'ingéniosité. Maintes fois renouvellée. Du petit de cinq ans qui tente sa chance, en passant par les deux poteaux alcoolico-agressifs, sans oublier le vieil abuelo grellotant à la morsure sans dents, les pièges sont nombreux! Ça rappelle les droits de passage moyen-âgeux cette histoire : "si tu veux passer le pont tu paies, te bats, ou fais demi-tour!". Chacun y va de sa petite histoire. Et là bas, sur cet endroit oublié (sauf par ses visiteurs), les enfants qui y vivent ne jouent pas, vont encore moins à l'école, ils travaillent. Ils tentent désespérement de te vendre quelque artisanat, ou bien les cailloux qu'ils viennent de ramasser, certifiant qu'ils ont quelque valeur ( si tu refuses, tu les reçoit en pleine poire), réclament le sou pour se faire prendre en photo etc. Quand tu cotoies un peu les habitants, l'île perd son charme de carte postale.
Peu importe. La bateau te ramène sur les berges de l'oubli. Un peu avant le crépuscule. D'ailleurs, je vous conseille vivement de cliquer sur le lien photographique du site, afin que vous ayez un aperçu du bain majestueux dont le roi soleil jouit en maître dans les eaux voilées du lac Titicaca...
La peine au coeur de quitter la Bolivie, nous étirons autant que possible notre séjour en Copacabana. Mais toute bonne chose connaît fatalement une fin. Et la route est encore longue...
dimanche 8 juin 2008
La Pâ-La Paz !! ( même histoire qu'à Uyuni... )
La Paz... Arrivée au petit matin, une fois n'est pas coutume... parait-il !
Routine habituelle... froid, taxi, froid, recherche d'un endroit où écrouler sa carcasse perclue, froid, découverte d'une ville morte, froid, etc...
Et puis le soleil finit par revenir ( Merci le soleil d'être le soleil ! Vital le soleil sur l'Altiplano... je vous le dis, vital ! ), et à peine avions mis un pied dans la rue que nous nous sommes laissés emporter par La Paz la Relinda...
Cette ville est totalement immense, totalement folle, totalement magnifique.
C'est pas mal résumé, en fait...
Alors voilà, nous sommes dans une ville dont l'altitude varie de 3200 à 4200m... ce qui nous donne un dénivelé tout à fait interressant pour une ville.
Et cette ville est nichée en plein milieu de la Cordillère des Andes, entourée de montagnes dont certains sommets enneigés atteignent les 6000m... Elle est immense, et s'étale sur les flancs des montagnes telle une toile d'araignée. Et toujours ce climat sec, un ciel bleu sans fin, et le soleil qui réchauffe les journées et brule la peau. Voilà, c'est la Paz... vue dans haut...
Et d'en bas... un dédale de rues qui montent et descendent, qui déboulent sur un marché ou sur une grosse avenue... et partout tout le temps les rues sont pleines de vie, les gens vivent dans la rue, ils achètent dans la rue ( oubliez tout ce qui pourrait se rapprocher d'un supermarché... ) tout ce dont ils ont besoin, des habits à l'alimentaire en passant par les télés ou les fournitures scolaires, ils mangent dans la rue debout ou au coin d'une table etc... tout le monde crie, pour vendre ses salteñas, cirer tes chaussures, te proposer un jus de fruits frais, ou un pseudo caillou de valeur ( ça c'est pour nous, les blancs becs...), les klaxons sont omniprésents, ainsi que l'appel sempiternel des conducteurs de minibus qui sillonnent la ville en hurlant leurs destinations pour les personnes ne sachant pas lire...
Et au milieu de tout ça la police... Non mais à La Paz c'est quelque chose... D'abord y'en a partout tout le temps... et en plus ils font très peur... ce sont des hommes de... 20 ans en moyenne (... ) caparaçonés comme des tortues ninjas ! Des coques en plastique sur les jambes, dans le dos, sur le torse et les bras ( et certainement ailleurs... mais enfin il eut fallu que je m'approche un peu plus pour une plus grande précision... ), un casque et un gilet pare-balle et bien sûr des armes jusque pardessus la tête... le moindre agent de la sécurité devant une banque passe sa journée appuyé sur un fusil à pompe alors les flics... grenade, fusil à bayonette ( si, si à bayonette ) et à pompe, matraque, flingues etc... Et parfois tu vois passer un escadron à moto avec un qui conduit et un autre derrière entrain de mettre des cartouches dans son fusil à pompe ou de tenir son flingue prèt à tirer... ah ben on se croirait dans Matrix...
C'est des malades !
Et puis on les oublie vite... vu l'impact quasi inexistant qu'ils ont sur la population !
Et nous finissons une fois de plus par nous laisser happer par les éclats multicolores des étals d'artisanat de tissus, les odeurs épicées, les bruits, le mouvement particulier de ces gens.
Et c'est ainsi qu'au détour de quelques rues labyrintiques, nous nous sommes retrouvés en plein " mercado de las brujas ", le marché des sorcières.. houhouhou ! Nos habituelles grands-mères sont là disparaissant sous des montagnes de jupes et couvertures mais devant elles s'entassent une foultitude de talismans, porte-bonheurs et autres objets apportant amour, argent, santé etc... et au milieu de ce fouillis... oh.. mais quècecé cette horreur ?? Ah tiens... un foetus de lama ? Mais pourquoi ???? Tout simplement pour l'enterrer dans les fondations d'une nouvelle maison ou d'un nouveau négoce, afin que le batiment soit solide, fiable, le négoce fructueux... sans oublier ton avenir qui apparait miraculeusement au milieu des feuilles de coca, ou des boissons aux couleurs douteuses dans lesquelles on retrouve en autres ingrédients, de la grenouille... Non, merci sans façon, vraiment je n'ai pas soif... Je vais me contenter d'un p'tit foetus de lama que je vais enterrer dans la doublure de mon sac à dos... Ça va être bien...
Puis nous sautons à bord d'un mini-mini-minibussounet qui nous emporte dans l'alto qui comme son nom semble l'indiquer est la partie haute de La Paz. 2 fois par semaine, une espèce de marché aux puces /brocantes se déroule sur un immense terrain vague qui surplombe toute la ville. Bon c'est simple y'a absolument de tout, partout, n'importe comment... et bien entendu, pour l'instant ne se rencontrent là-haut que les classes les plus défavorisées... ( pour l'instant... il sera bien assez tôt quand les foules curieuses et fortunées viendront se donner un petit coup d'angoisse en se promenant dans le marché de l'alto...)
Et puis la nuit finit par revenir, avec son froid pénètrant notre squelette, et... en cadeau La Paz qui scintille de mille feux, telle le magnifique ciel étoilé que nous ne nous lassons pas d'admirer tous les soirs depuis quelques mois... Le ciel semble se refléter dans le miroir La Paz. C'est beau, la vache !
C'est ainsi que s'écoulent nos journées, au fil des rues qui se dévoilent sous nos pas...
Et tout aurait pu continuer comme ça... mais...
De La Paz on peut faire plein de choses, plein... et au milieu de ce plein là, il y a " La carretera de la muerte " !
Un nom pareil, franchement, si ça donne pas envie d'aller y trainer ses baskets...
( interruption momentannée : Marie-Françoise avec ou sans les photos que tu m'avais envoyées, on l'aurait fait ! )
Bon en fait de baskets se sont des roues que nous sommes allés trainer.
Toute bonne agence paceña qui se respecte propose la descente en vélo de la route de la mort.
Et de bon matin nous nous retrouvons au-dessus de La Paz à 4300m d'altitude avec VTT ( par forcément en très bon état... ), et tout le costume du cycliste quoi ! Le casque, les gants, le maillot, le cuissard, et le Kway parce qu'au début ça caille... ( je vous laisse apprécier nos looks splendides et comment avec très peu on dirait que Jérémi est partie en vacances avec sa petite soeur de 12 ans... )
Les 1ers 20 km se font sur une route asphaltée, ça descent, c'est déjà magnifique... Bon y'a bien une sale montée de 8km, ( franchement j'ai failli mourrir arrivée en haut... ), mais à part ça traquille !
Et puis nous arrivons à une bifucation, la route bien propre qui part sur la gauche c'est la nouvelle route, " La carretera de la vida"... et le chemin de terre sur la droite, très étroit tout défoncé qui longe le précipice dont on ne voit pas le fond, c'est la route de la mort, c'est là qu'on va...
Jusqu'en 2006, il n'y avait que cette route, donc tout le traffic passait par là, en montant et en descendant.. camions, bus, 4X4, voitures privées, tracteurs... impossible de se croiser ( déjà que seul c'est presque pas assez large ) et toujours ce précipice gigantesque. Jusqu'en 2006 il y avait en moyenne 150 morts par an ( moi, à la vue de la route, j'aurais dit beaucoup plus ! ), et depuis 2006, la nouvelle route étant ouverte, il n'y a quasiment plus de traffic sur l'ancienne route, et surtout des descentes en vélo. En 2 ans il y a eu 15 morts tout de même... de chutes en vélo...
Donc c'est parti...
Et attention, on observe le sens de circulation de la Carretera de la Muerte, la montée se fait côté falaise et la descente côté précipice...
45 km de route cahoteuse, poussiéreuse, traversée par des ruisseaux, le long d'un vide immense mais avec une vue unique au monde, à couper le souffle...
Avec quelques moments un peu angoissants, il faut l'avouer... Mais surtout avec l'impression de réellement traverser ce paysage, d'y appartenir pour quelques heures...
Arrivée dans l'après-midi à Coroico, 1700m d'altitude et un climat tropical, les cuisses un peu chaudes et surtout un mal au cul qui me poursuit encore ! C'est pour ça que le vélo et moi, ça fait beaucoup trop !
Bon je vous passe les mésaventures et désagréments parfois liés à un groupe... Parce que sinon je vais grogner alors que par exemple voir les photos serait bien plus attractif !
Conclusion : une fois de plus la famille Lapoisse aura vaincu la mort...
" Ils sont vraiment trop forts !! " ( commentaire anonyme d'un fan... )
Retour à La Paz, morts de fatigue tout simplement, mais contents !
Pour finir ces quelques jours, nous sommes allés visités des ruines de la culture Tiwanaku ( y'a plein de version orthographiquement parlant... ), au milieu d'un plateau, plus ou moins désert, toujours aussi sec et ensoleillé. Nous avons passé la journée à nous promener de la porte du soleil, au murs d'un temple semi-souterrain, en écoutant le discours fluvial d'un archéologue bolivien, qui devait être en peine de relations humaines... interrechiant en fait...
Et puis bon... on est bien à La Paz, même on y resterait... mais comment allons-nous être à Copacabana sur les rives du la Lac Titicaca...
Nous voilà repartis, pour notre ( hélas ) ultime étape bolivienne...
A bientôt les amis !
Routine habituelle... froid, taxi, froid, recherche d'un endroit où écrouler sa carcasse perclue, froid, découverte d'une ville morte, froid, etc...
Et puis le soleil finit par revenir ( Merci le soleil d'être le soleil ! Vital le soleil sur l'Altiplano... je vous le dis, vital ! ), et à peine avions mis un pied dans la rue que nous nous sommes laissés emporter par La Paz la Relinda...
Cette ville est totalement immense, totalement folle, totalement magnifique.
C'est pas mal résumé, en fait...
Alors voilà, nous sommes dans une ville dont l'altitude varie de 3200 à 4200m... ce qui nous donne un dénivelé tout à fait interressant pour une ville.
Et cette ville est nichée en plein milieu de la Cordillère des Andes, entourée de montagnes dont certains sommets enneigés atteignent les 6000m... Elle est immense, et s'étale sur les flancs des montagnes telle une toile d'araignée. Et toujours ce climat sec, un ciel bleu sans fin, et le soleil qui réchauffe les journées et brule la peau. Voilà, c'est la Paz... vue dans haut...
Et d'en bas... un dédale de rues qui montent et descendent, qui déboulent sur un marché ou sur une grosse avenue... et partout tout le temps les rues sont pleines de vie, les gens vivent dans la rue, ils achètent dans la rue ( oubliez tout ce qui pourrait se rapprocher d'un supermarché... ) tout ce dont ils ont besoin, des habits à l'alimentaire en passant par les télés ou les fournitures scolaires, ils mangent dans la rue debout ou au coin d'une table etc... tout le monde crie, pour vendre ses salteñas, cirer tes chaussures, te proposer un jus de fruits frais, ou un pseudo caillou de valeur ( ça c'est pour nous, les blancs becs...), les klaxons sont omniprésents, ainsi que l'appel sempiternel des conducteurs de minibus qui sillonnent la ville en hurlant leurs destinations pour les personnes ne sachant pas lire...
Et au milieu de tout ça la police... Non mais à La Paz c'est quelque chose... D'abord y'en a partout tout le temps... et en plus ils font très peur... ce sont des hommes de... 20 ans en moyenne (... ) caparaçonés comme des tortues ninjas ! Des coques en plastique sur les jambes, dans le dos, sur le torse et les bras ( et certainement ailleurs... mais enfin il eut fallu que je m'approche un peu plus pour une plus grande précision... ), un casque et un gilet pare-balle et bien sûr des armes jusque pardessus la tête... le moindre agent de la sécurité devant une banque passe sa journée appuyé sur un fusil à pompe alors les flics... grenade, fusil à bayonette ( si, si à bayonette ) et à pompe, matraque, flingues etc... Et parfois tu vois passer un escadron à moto avec un qui conduit et un autre derrière entrain de mettre des cartouches dans son fusil à pompe ou de tenir son flingue prèt à tirer... ah ben on se croirait dans Matrix...
C'est des malades !
Et puis on les oublie vite... vu l'impact quasi inexistant qu'ils ont sur la population !
Et nous finissons une fois de plus par nous laisser happer par les éclats multicolores des étals d'artisanat de tissus, les odeurs épicées, les bruits, le mouvement particulier de ces gens.
Et c'est ainsi qu'au détour de quelques rues labyrintiques, nous nous sommes retrouvés en plein " mercado de las brujas ", le marché des sorcières.. houhouhou ! Nos habituelles grands-mères sont là disparaissant sous des montagnes de jupes et couvertures mais devant elles s'entassent une foultitude de talismans, porte-bonheurs et autres objets apportant amour, argent, santé etc... et au milieu de ce fouillis... oh.. mais quècecé cette horreur ?? Ah tiens... un foetus de lama ? Mais pourquoi ???? Tout simplement pour l'enterrer dans les fondations d'une nouvelle maison ou d'un nouveau négoce, afin que le batiment soit solide, fiable, le négoce fructueux... sans oublier ton avenir qui apparait miraculeusement au milieu des feuilles de coca, ou des boissons aux couleurs douteuses dans lesquelles on retrouve en autres ingrédients, de la grenouille... Non, merci sans façon, vraiment je n'ai pas soif... Je vais me contenter d'un p'tit foetus de lama que je vais enterrer dans la doublure de mon sac à dos... Ça va être bien...
Puis nous sautons à bord d'un mini-mini-minibussounet qui nous emporte dans l'alto qui comme son nom semble l'indiquer est la partie haute de La Paz. 2 fois par semaine, une espèce de marché aux puces /brocantes se déroule sur un immense terrain vague qui surplombe toute la ville. Bon c'est simple y'a absolument de tout, partout, n'importe comment... et bien entendu, pour l'instant ne se rencontrent là-haut que les classes les plus défavorisées... ( pour l'instant... il sera bien assez tôt quand les foules curieuses et fortunées viendront se donner un petit coup d'angoisse en se promenant dans le marché de l'alto...)
Et puis la nuit finit par revenir, avec son froid pénètrant notre squelette, et... en cadeau La Paz qui scintille de mille feux, telle le magnifique ciel étoilé que nous ne nous lassons pas d'admirer tous les soirs depuis quelques mois... Le ciel semble se refléter dans le miroir La Paz. C'est beau, la vache !
C'est ainsi que s'écoulent nos journées, au fil des rues qui se dévoilent sous nos pas...
Et tout aurait pu continuer comme ça... mais...
De La Paz on peut faire plein de choses, plein... et au milieu de ce plein là, il y a " La carretera de la muerte " !
Un nom pareil, franchement, si ça donne pas envie d'aller y trainer ses baskets...
( interruption momentannée : Marie-Françoise avec ou sans les photos que tu m'avais envoyées, on l'aurait fait ! )
Bon en fait de baskets se sont des roues que nous sommes allés trainer.
Toute bonne agence paceña qui se respecte propose la descente en vélo de la route de la mort.
Et de bon matin nous nous retrouvons au-dessus de La Paz à 4300m d'altitude avec VTT ( par forcément en très bon état... ), et tout le costume du cycliste quoi ! Le casque, les gants, le maillot, le cuissard, et le Kway parce qu'au début ça caille... ( je vous laisse apprécier nos looks splendides et comment avec très peu on dirait que Jérémi est partie en vacances avec sa petite soeur de 12 ans... )
Les 1ers 20 km se font sur une route asphaltée, ça descent, c'est déjà magnifique... Bon y'a bien une sale montée de 8km, ( franchement j'ai failli mourrir arrivée en haut... ), mais à part ça traquille !
Et puis nous arrivons à une bifucation, la route bien propre qui part sur la gauche c'est la nouvelle route, " La carretera de la vida"... et le chemin de terre sur la droite, très étroit tout défoncé qui longe le précipice dont on ne voit pas le fond, c'est la route de la mort, c'est là qu'on va...
Jusqu'en 2006, il n'y avait que cette route, donc tout le traffic passait par là, en montant et en descendant.. camions, bus, 4X4, voitures privées, tracteurs... impossible de se croiser ( déjà que seul c'est presque pas assez large ) et toujours ce précipice gigantesque. Jusqu'en 2006 il y avait en moyenne 150 morts par an ( moi, à la vue de la route, j'aurais dit beaucoup plus ! ), et depuis 2006, la nouvelle route étant ouverte, il n'y a quasiment plus de traffic sur l'ancienne route, et surtout des descentes en vélo. En 2 ans il y a eu 15 morts tout de même... de chutes en vélo...
Donc c'est parti...
Et attention, on observe le sens de circulation de la Carretera de la Muerte, la montée se fait côté falaise et la descente côté précipice...
45 km de route cahoteuse, poussiéreuse, traversée par des ruisseaux, le long d'un vide immense mais avec une vue unique au monde, à couper le souffle...
Avec quelques moments un peu angoissants, il faut l'avouer... Mais surtout avec l'impression de réellement traverser ce paysage, d'y appartenir pour quelques heures...
Arrivée dans l'après-midi à Coroico, 1700m d'altitude et un climat tropical, les cuisses un peu chaudes et surtout un mal au cul qui me poursuit encore ! C'est pour ça que le vélo et moi, ça fait beaucoup trop !
Bon je vous passe les mésaventures et désagréments parfois liés à un groupe... Parce que sinon je vais grogner alors que par exemple voir les photos serait bien plus attractif !
Conclusion : une fois de plus la famille Lapoisse aura vaincu la mort...
" Ils sont vraiment trop forts !! " ( commentaire anonyme d'un fan... )
Retour à La Paz, morts de fatigue tout simplement, mais contents !
Pour finir ces quelques jours, nous sommes allés visités des ruines de la culture Tiwanaku ( y'a plein de version orthographiquement parlant... ), au milieu d'un plateau, plus ou moins désert, toujours aussi sec et ensoleillé. Nous avons passé la journée à nous promener de la porte du soleil, au murs d'un temple semi-souterrain, en écoutant le discours fluvial d'un archéologue bolivien, qui devait être en peine de relations humaines... interrechiant en fait...
Et puis bon... on est bien à La Paz, même on y resterait... mais comment allons-nous être à Copacabana sur les rives du la Lac Titicaca...
Nous voilà repartis, pour notre ( hélas ) ultime étape bolivienne...
A bientôt les amis !
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