Cuzco ou Cusco, du Quechua « Qusqu », qui signifie nombril, est une ville du Sud-Est du Pérou au milieu des Andes. C'est la capitale du Département de Cusco.
Ville d'altitude (~ 3 400 m) d'une taille modérée, avec environ 300 000 habitants. Cuzco fut la capitale des Incas, ce qui n'est pas rien. On peut encore admirer quelques murs originels dans certaines rues de la ville. D'énormes blocs de pierre uniquement soutenues entre elles par leur poid et la précision ingénieuse de leurs tailleurs (l'une d'entre elle est célèbre pour posséder pas moins de douze faces!).
Au XVI ème siècle, les espagnols ont sauvagement ravagé la cité Inca et érigé églises et cathédrales en recyclant ses pierres. La ville a alors perdu beaucoup de son prestige. Mais la découverte du Machu Picchu en 1911 relança son essor au profit du tourisme. On peut en effet y trouver bon nombre de guides et d'excursions vers ce dernier et la vallée sacrée.
La visite passionante de ses lieux de cultes vaut le détour! Les ouvrage sont uniques, les architectures iconoclastes et l'art Cusqueño non moins surprenant. On peut notament contempler le célèbre tableau de la "cène", peint par un péruvien sous la pression catholico-espagnole, discrètement parcourue d'éléments Incas donc "blasphématoires" comme un cochon-dinde (specialité Cusqueña) remplaçant le pain occidental, des fruits introuvables sur nos terres, et en premier plan, la face traîtresse de Pizarro, ignoble (et peut être noble également, ce n'est pas incompatible...) espagnol qui, ne tenant pas parole après avoir accepté tout l'or proposé par l'Inca captif Atahualpa en échange de sa liberté, lui trancha la jugulaire et piétina la ville de Cusco. Tous les tableaux sont parcourus de résistances discrètes et subtiles que l'oeil peu artistique des colons n'a su relever. Et ce n'est qu'un exemple.
Histoire triste d'une cité d'or ravagée, désossée de manière barbare, inculte, sauvage et intéressée et transformée en ville coloniale. C'est ainsi que Cusco est cicatrisée de toute part entre les ruines incas et le style colonial. Ses rues n'en sont pas moins charmantes, pleines de surprises. Mais c'est un mauvais exemple pour avoir un premier aperçu du Pérou. Le tourisme bat tellement sont plein que Cusco ressemble à une ville européenne. Chacun de ses habitants vit d'une manière ou d'une autre du tourisme.
Nous logions quand à nous dans une auberge défiant toute concurrence (d'un point de vue financier bien sûr, car la ville coûte, et nous n'avions pas les moyens d'avoir ne serait-ce que de l'eau chaude... À cette altitude, c'est de la torture!), chez la famille affreux-sales-et-méchants. Mais je ne vais pas m'étaler sur leur cas. Ce serait trop d'honneur.
Nous avons donc traversé les rues et les âges, tout en cherchant une solution moindre-mal pour gagner le célèbre Machu Picchu (intact car jamais découvert par les espagnols). Nous nous sommes bien sûr largement fait enfler en payant le prix faible, car nous avons appris à notre retour qu'il y avait une autre voie (tenue secrète) pour s'y rendre, largement plus économique. Pour ceux que ça peut interresser...
Le Machu Picchu donc... Lieu tellement incroyable qu'on ne peut que le souiller en le racontant. Il se regarde, se traverse, se ressent, se vit. Site archéologique le plus célèbre et le plus visité du continent, cette cîté fût oubliée jusqu'au début du XXème siècle, redécouverte par l'explorateur américain Hiram Binghan, tout à fait par hasard (elle ne risque pas d'être oubliée aujourd'hui, puisque'il peut y avoir quelque chose comme 2 500 visiteurs par jour en période d'afflux violemment touristique!). Le site était alors couvert de végétation. Difficile aujourd'hui d'avoir une connaissance exhaustive du Machu Picchu et de son utilité. Elle était apparemment peuplée de gens de la "haute", de scientifiques, astonomes etc.
Nous avons entamé l'ascencion vers le site à 4h30 du matin sous la pluie et les vociférations de quelques visiteurs attardés (ceux qu'on comprenait, les compatriotes, Sarkosites à coup sûr), pour une grosse heure de marche nocturne et verticale, le bus étant trop coûteux. Tout cela pour attendre les six heures, ouverture du site.
Lorsque nous arrivons, les traits de l'ancienne ville inca sont effacés par le brouillard. Nous nous perdons un temps dans ce dédale somptueux pour entamer le plus tôt possible l'ascension (limitée) du Huaina Picchu (ou waina Picchu...). Pic vertical, au point que monter te paraît impossible vu d'en bas, mais les incas avaient plus d'un tour dans leur sac et ont frayé un chemin presque droit dans la roche. Un supplice pour les quelques mollets aventureux qui chancellaient et qu'il fallait tant bien que mal dépasser. Un chemin périlleux, exigü, glissant, mais vite oublié lorsque tu atteints sa cîme. De là-haut, patience, le brouillard va s'évaporer, lever son rideau diaphane sur une vallée gigantesque et te donner un recul de deux milles mètres de dénivellé sur le Machu Picchu! Les impatients taisent leur gueule car le site ôte les mots. Seuls quelques israëliens écervelés (comment peut il en être autrement?), le MP3 sur les oreilles, n'ont rien vu du spectacle, regardant du mauvais côté... Sans commentaire.
Par chance, le Machu Picchu connu ce jour là un faible pourcentage de visiteurs, pour notre plus grande joie et qualité de visite. Il n'y a plus qu'a se perdre, attraper à la volée quelques bribes d'infos louées à quelques guides par d'autre visiteurs, s'émouvoir etc. Comme d'habitude, les fotographies vous donneront quelques détails plus précis que les vues d'ensemble que nous connaissons tous dans notre inconscient collectif.
Anecdote : nous avons rencontré un specimen tout à fait unique composé de trois hommes illuminés, type occidental, perchés sur les sommets de ruines, et s'appliquant à méditer en frottant et tapottant de manière cérémoniale de petits cailloux. Avec le plus grand sérieux du monde. Ces visiteurs inspirés venaient s'imbiber des énergies toutes spéciales, cosmiques (et comiques) du Machu Picchu. Peut être invoquaient-ils les incas, le solstice, les extras terrestres, mais ils étaient trop en transe pour pouvoir nous en informer...
Après pas moins de dix heures de marche, de rêve, d'allucinations, de découvertes etc. il fallait accepter tristement la clôture du site et repartir comme nous sommes venus... A pied. Pour prendre le train, qui constituait la plus grosse et coûteuse arnaque, vers Cusco ; afin de mourir de fatigue dans l'antre bon marché de la famille affreux-sales-moches-et-méchants.
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