samedi 19 juillet 2008

LIMA.

Bonjour chers amis,
Pour nous tout va bien aujourd'hui,
Charline, Manon, nous tiennent compagnie.

Avec un train d'avance,
Et quelques wagons,
Il faut d abord que je me lance,
dans le recit urbain et vagabond

de Lima.

Pour contempler cette ville depuis une hauteur, histoire de mesurer, de localiser ta place dans cette fourmillière, il est necéssaire de prendre un petit bus. Ce petit bus, tout à fait banal, jamais tu ne l'attends. C'est lui qui t'appelle. Une fois qu'il t'embarque pour les cîmes, une dame s'improvise speakerine. L'autorité de celle qui tient le micro pour s'exprimer lui laissait le plaisir de donner cours à son anthipathie pour le genre humain, et ses mômes en particulier... Une fois passé le pont qui délimite le centre ville (un point, une punaise), tu changes d'ambiance. C'est palpable dans l'air. La speakerine accariatre te somme avec insistance de fermer tes fenêtres, de mettre tes effets sous tes cuisses et de serrer les dents. L'équipe de caméramans et reporters Étasuniens qui occupent le siège en face rentrent vite leur exubérant matériel qui racole par la ventana. Ils fîrent bien, car je contemplais alors un gars aux yeux faibles et scintillants, la peau couleur bitume ou camboui, allongé sur le trottoir, attendant oisivement que le feu passe au rouge, et qu'un bus s'arrête. Ce que fît le nôtre. Les caméras, micros, ordinateurs etc. l'ont fait comme jaillir de sa torpeur, sont métabolisme s'est regénéré. Faisant glisser son corps contre la carrosserie, il semait des regards et des mains lestes vers les objets qu'il pouvait rencontrer, comme s'il faisait son marché. Si les gens avaient pu lui guillotiner la main avec la fenêtre, ils l'auraient fait sans remors. Toutes se sont mises à claquer.



Et le bus monte, monte verticalement, le petit cerro, tout droit dans le ghetto qui rampe sur ses flancs.

Vu d'en haut Lima n'a pas de limites. C'est un immense bidonville en dur. Briques, planches, ferrailles, antennes télévisées, immeubles abandonnés en construction ou détruits de vieillesse,


Tu peux voir quelques tours (miraflorès, centre historique etc), mais elles ressemblent à ces épis, ces mèches rebelles qui se distinguent de la broussaille. Tout le reste rase le sol. Et c'est immense.

C'est bien joli de prendre de la hauteur, mais ça donne un petit côté "La terre vue du ciel", une légère prétention aux ascensions transcendantes, non? Alors redescendons voir brièvement ce qui se passe dans cette capitale, non d'un chirimoya!

Ce serait trop simple de résumer hâtivement une ville à son remue ménage, sa pollution, ses bruits etc. La plupart des touristes rejettent Lima ("rien à voir", "rien à faire" etc.), il faut bien admettre qu'ils ne trouveront pas de "tours opérateurs" qui les aiguilleront loin des misères et laideurs péruviennes. Bien que Lima soit loin d'être une ville rebutante! Le quartier du marché est un infernal flux de vies, de gens, d'odeurs, de bruits et de couleurs. Les rues sont tellement denses en population que tu peux te sentir solitaire tout en jouant sempiternellement des épaules pour te frayer un chemin. Et oui, oui bien sûr il y a comme une délinquence palpable, des dangers citadins pour les gringos ; mais très franchement "l'insécurité"(comme aime à le dire le nain de jardin qui se torche et se mouche avec le drapeau de la France) n'est jamais arrivée jusqu'à nous. Au contraire, les gens étaient totalement disposés à nous renseigner, nous aiguiller, nous conseiller. Je crois que les gens mal intentionnés ne portent leur couroux que sur les gens effrayés et disposés à recevoir. Un peu comme lorsque l'on croise une "tête à claques" et qu'il est difficile de resister à la tentation de déclencher une avalanche de coups sur sa face. Bref.

En parlant de "têtes à claques", il y en a un qui a très bien compris qu'il faisait parti de cette cathégorie bien prisée des nerveux à la gachette facile. Et ce quelqu'un crèche tout justement au palais présidentiel. Il a même été réélu après avoir ruiné le pays. Le pays entier le déteste et rêve de voir sa tête joncher le sol. Il faut dire que ce fripon a complètement vendu le Pérou aux pays étrangers qui ont le monopole du monde. Lesquels revendent aux péruviens leur propres ressources. Et ces derniers, bien évidemment, ne peuvent suivrent le cours de l'économie qu'on leur inflige. Il y avait d'ailleurs, durant notre séjour à Lima toute une série de manifestations contre la privatisation et la vente des terres indigènes que ce bon président songeait offrir en pâture aux investissements étrangers. Pour éviter que les rumeurs du peuple en colère ne viennent heurter ses oreilles présidentielles, il a bien pris soin de bloquer tout le périmètre de sa demeure et de la plaza de armas par d'immenses grilles infranchissables ; lesquelles sont loyalement surveillées par tout un armada de "casseurs de crânes qui pensent" et de camions dotés de lances à eau. Le palais est d'ailleurs entièremnet sous surveillance millitaire (portes, fenêtres, serrures, courants d'air, fissures murales etc.) et hautement gardé par deux chars d'assault amphibiens sur lesquels trônent deux soldats, l'oeil dans le viseur de la mitraillette,tous disposés à arroser la foule en cas d'excitation. Vaudrait mieux pas que le nain dont je parlais plus haut voit ça, il aurait des orgasmes à répétition.


Les gens en ont tellement rien à carrer de leur représentant que sous ses fenêtres certains bars sont de véritables coffe chop dont les acteurs viennent librement racoler dans les rues qui longent le palais. La police ferme volontairement les yeux en échange d'un bon paquet de soles. La mafia règne sans pudeur en ces lieux et maintien volontairement le peuple dans l'illetrisme, l'analphabétisation et la peur. La politique est ailleurs...


Peut-être se trouve t'elle à Miraflorès, le quartier des montres Quartier, des gringos investisseurs, des caniches de luxe, des voitures tape à l'oeil, des buildings phalliques, de la plage etc. Certes, le parc aux amoureux a son charme, le vol en parapente hors de prix peut avoir du charme également, mais ces boutiques, espaces verts, flics-chiens-chiens-pour-richissimes et cette ambiance "Berverly hills" nous ont quelque peu débecté.... Faut dire qu'on a pas traîné dans ces quartiers, c'est pas sûr pour tout le monde. Ça donne l'impression dêtre dans une autre ville, un autre pays...

Nous avons d'autant plus apprécié la triste visite du musée Taurin, donc l'accès est hautement peligroso pour les gringitos que nous sommes. Les habitants ne cessaient de nous faire faire des tours et détours interminables pour éviter de rentrer en caleçon-chaussettes, ou prenaient soin (et le risque...) de nous accompagner pour éviter la casse. Il faut reconnaître qu'une fois passé la frontière de cette banlieue, Lima prend une autre saveur, celle de la trouille et du sang (et pas celui du taurau, le tiens).
Même si ce musée est franchement ennuyeux et qu'il est difficile de le visiter ( le guichetier est tellement content de voir enfin deux personnes en cinq ans qu'il ne te lache pas lagrappe est te sort constament du sujet.), au millieu de ces ruines, du danger et de la pauvreté, nous avons pu tout de même apprécier quelques uns des célèbres picassos sur la Corrida.
La sortie du musée fut chose stressante, car le guichetier en personne refusait de nous laisser rentrer à pied et nous tanait pour prendre un taxi. Alors que de la porte nous pouvions apercevoir le pont qui donne sur le côté sécurisé de la ville. Nous avons insisté, insisté, jusqu'à ce qu'il nous balance " Bon, très bien, il n'y a apparemment personne pour le moment, mais marchez très vite et ne vous retournez pas!" Il manquerait plus qu'on se mette à courrir de peur! Non mais des fois! Faut dire que le bougre a dû avoir des ennuis par le passé, car dans le genre "tete à claques" il se tient là.

Je finirais abruptement par le musée duquel nous avons tiré les images sexuelles qui défilent devant votre écran, votre pudeur et votre morale. Il s'agit d'oeuvres Moche (mochicas) vieilles de deux milles ans environs. Quasiment toutes les fouilles aboutissent sur cette civilisation aux oeuvres intactes. Ce que vous voyez appartient à une collection très privée d'un musée tout aussi privé excessivement luxueux et cher à l'entrée. Comme nous avions traversé la moitié de Lima pour venir mais qu'il fallait payer le prix fort et non négociable d'une autre visite pour voir cette dernière, nous avons mit toute notre innocence à passer les barrages gratuitement pour vous ramener quelques inédits.
Ne vous trompez pas, c'est de l'art Moche et religieux, non de la pornographie! Loin de vous rincer l'oeil je laisse votre curiosité se lancer à la pêche aux significations et déceler les liens entre sexe, pouvoir et religion dans ces sociétés pré-incas.

Âmes prudes, s'abstenir.

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