mercredi 17 décembre 2008

Bonjour les amis. Un nouveau message à caractère informatif écrit à 2 mains...Enfin 4, hein... 2 grandes et 2 minus et en différé. Un peu long probablement, ce message... vos yeux peuvent se fatiguer, c'est vrai, mais le temps précieux s'enfuit alors nos visites internautiennes se font de plus en plus rares... Cette fois ça sera donc d'un coup d'un seul, la côte caraïbe !



Tolú.

Dans ce petit village de pêcheurs, tout se passe comme au ralenti. Tant que rayonne le soleil, mieux vaut ne pas faire de geste inutile. À Tolú, tout est paisible et reposé. Les gens ont l'air occupé… tout en paraissant ne rien faire. Le bord de la plage est investi par les pêcheurs, les paumés, les flâneurs, les vendeurs et les harceleuses enceintes qui veulent à tout prix, quitte à te pomper tout ton après-midi, te tresser le crâne, te mettre des machins dans les cheveux, ou te masser et t'enduire le cuire d'huile d'olive (Gali était déjà prête à offrir sa chevelure en pâture à ces doigts hystériques et n'en ressort pas déçue).

Quand tu changes de coin en Colombie, tu changes de paysage, certes, mais aussi d'accent, de manière de vivre, de caractère et de couleur. Là, c'est flagrant, à Tolú du grand-père au nourrisson, ils sont tous noirs comme l'ébène. Du coup c'est un peu comme changer de pays. Que des blacks, c'est toujours buena onda. Tu vois défiler les familles sur les taxis vélos, fiers et posés comme s'ils disposaient de tout l'or du monde. Alors que Tolú est un village pauvre, toujours les bouches sont pleines de dents qui sourient. Nous voici sur les rives de sable blanc de la mer caraïbe, impressionnante demoiselle bien agitée.


Pour la petite anecdote, durant les quelques jours passés ici, nous passâmes comme ça arrive devant le perron de l'église, entendant une musique festive que nous croyions plus éloignée et qui s'avérait sortir en vérité tout droit di la maison di Dieu li puissant. Nous nous laissons guider par le rythme endiablé et rentrons dans une messe comble, les gens debout, dansant, chantant et tapant des mains, guidés par une chanteuse sexy et débridée à la voix enchanteresse. Une vraie fête. Nous nous sommes pliés dans un coin pour assister à ce spectacle inattendu dans un lieu de coutume plus strict... Quand tout le monde se tait , que le calme revient tant bien que mal pour que monsieur le père puisse faire son travail et que c'est ce si particulier silence de mort qui s'installe, Jérémi ne trouve pas mieux que de renverser maladroitement une bicyclette qui s'éclate sur le sol attirant sur lui tous ces visages noirs qui pensaient "Y'a qu'un blanc dans toute l'église et il faut encore qu'il interrompe monsieur le curé en faisant du fracas, pffffuuuu bravo… viva Colombía…20 sobre 20 ! !".C'est ainsi que, Jérémi retenant sa honte et Gali son fou rire, nous nous dissipons le plus diagonalement et discrètement de la fête... heu... de la messe et nous allons nous gaver d’arepas au fromage sorte d’hosties… heu de crêpes fourrées au fromage… Mmmm… trop bon ! Mais trop bon parfois c’est pas bien, parce qu’après tu vomis beaucoup…erk…

De Tolù, circulant comme des moucheroles, de petits bus rouillés, vieux et pourris peuvent en un tour de main t'emmener vers Coveña et ses blanches plaaaages. Cf. Photo de la rubrique nature et découverte du blog.


Cartagena



Nietzsche eut dit dans Ainsi parlait Zarathoustra "Il faut brûler Carthage". Parole sûrement pleine de sagesse puisque proférée par ce fameux philosophe, mais néanmoins inutile dans notre cas puisque nous parlons de Carthagène et non de Carthage (qui doit péter, entre autre, en Tunisie, je crois).


Cette ville est réputée comme joyaux colonial de L'Unesco mais aussi pour son histoire. Entre le XVIème et XVII ème siècle, Carthagène était pour les colons le coffre fort ibérique du nouveau monde. Mais aussi le centre officiel de la traite des esclaves noirs africains. Le port jouissait d'une activité commerciale forte, faisant de grandes fortunes. Lesquelles ont laissé ces superbes bâtiments dont l'architecture fait l'âme du centre ville.

Tout comme Carcassonne mais sans dame Carcas, Carthagène est une ville caparaçonnée de remparts. Fortifications construites par les esclaves contres les attaques incessantes des pirates qui obligeaient de fréquentes reconstructions. (Des pirates comme les français Robert Boal en 1543 qui a volé 310 kilos d'or, ou J. B. Desjeans (surnommé le baron de Pointis) et Jean Ducasse en 1697, qui escortés de 4000 hommes ont pillés quelques 9 millions de pesos d'or. Mais aussi des anglais comme Vernón (1741), Martin Cote (1559) et le célèbre Francis Drake (1586)).

C'est pour les batailles qui s'y sont livrées que Carthagène est surnommée "la ville héroïque" mais aussi pour la concentration presque matricielle des richesses de cette ville (ici débarquèrent des esclaves noirs africains, d'ici partirent les colons espagnols et anglais en quête de l'Eldorado, d'ici partaient également les pillages et butins des conquistadors et en 1819, d'ici même parti le mouvement de libération et d'insurrection. Le libérateur Simon Bolivar à même dit : "Si Caracas m'a donné la vie, vous m'avez donné la gloire".


Bon en dehors du centre (tout simplement somptueux…et l’adjectif est faible), la ville est peu attrayante. Une avancée de terre piquée d'immenses buildings fait office de quartier pour riches. Ses plages sont une sorte de Miami ou les plus ridicules fastes de la richesse s'exhibent avec fierté. La mentalité carthagénoise est assez prout-prout bourgeois (pardonnez moi l'expression), la vie chère (si chère qu'elle nous a bien excentrée de la ville, avec vue sur la mer certes, mais après le premier plan de la deux fois deux voies dont les sons traversent la paroi de carton pleine de mites et couverte de cafards agiles et forts rapides qui sert de mur à notre chambre). Je vous laisse toutefois admirer les photos des ruelles de celle ville historique, avec ses arcades, ses fleurs, ses balcons de bois sculptés. Mais aussi ses couleurs pastel, ocre, mirabelle etc.
Après avoir lézardés sur « la plage de l’autre côté de la route » et sur « la plage de l’autre côté des buildings » et un peu avant de quitter Saint-Tropez, nos déambulations de ruelles en venelles nous ont emmenés au milieu d’un flot ininterrompu de cavaliers dont les fières montures réalisaient des prouesses (rien à envier au gardians de mon pays...) qui nous ont laissaient la croupe sur le trottoir ! Joli spectacle qui sera notre ultime souvenir de cette belle ville mais finalement peu attrayante.




Barranquilla

Cette étape a pour but avoué de rejoindre Mompox, bijou isolé par le fleuve Magdalena et dont Gabriel Garcia Marquez a dit : « Mompox no existe. A veces soñamos con ella pero no existe » (Mompox n’existe pas. Parfois nous rêvons d’elle mais elle n’existe pas.) Après un truc pareil, impossible de ne pas aller fureter dans ce coin là !
Sauf que… à l’impossible nul n’est tenu… oui oui impossible n’est pas français, c’est vrai aussi… (Nicolas Sauron… Nicolas Sarkozy, pardonnez la méprise, nous le prouve chaque jour…), mais enfin cette fois, les inondations auront raison de nous. Reconnaissons-le, la météo est venu, nous a vu et bien sûr nous a vaincu…
Mompox est coupé du reste de la Colombie, la flotte a emporté le pont !
C’est con, parce qu’en plus de louper un joyau classé, nous nous retrouvons dans une énième ville moche…
Heureusement pas loin de Baranquilla, il y a… c’est original, une jolie plage qui ensable un petit village endormie.
Du coup, ne trainons pas plus que nécessaire, suivons la côte jusqu’à…


Santa Marta

Ca ne vous étonnera certainement pas, si je vous dis, que Santa Marta est aussi jolie que Barranquilla… et dangereuse semble-t-il vu que le taxi se fait des cheveux blancs rien qu’à rouler dans le quartier où se trouve notre hôtel.
Bon moche c’est pas faux… quant à dangereux c’est aussi vrai que pour la Colombie…
En revanche, la côte des caraïbes s’étendant du Panama au Venezuela, le trafic de drogues faisait donc partie des activités courantes dans le coin, avec tout ce que cela peut entrainer (armes, violence etc…). Aujourd’hui, la drogue circule toujours (qui pourrait croire le contraire !!), mais le touriste, même dans les quartiers dits dangereux, n’est guère en danger. Bref pour nous Santa Marta c'est surtout la porte du parque Tayrona... Mais avant cela nous décidons, une fois n'est pas coutume, de passer une journée à Taganga... Vous en parler ne servirait pas à grande chose vu que l'interet de ce hameau réside dans sa situation criquesque et sa plage de carte postale... allez donc jetez un oeil, vous comprendrez très bien !

Une fois la température de l'eau du coin prise (inutile de préciser que les mauvaises surprises type eau froide n'existent pas dans ce coin du monde...), nous organisons notre micro séjour dans le parque Tayrona... Grosse organisation : se renseigner pour l'heure de départ de la chiva, ne pas oublier son maillot de bain, la crème solaire, les tongues et l'appareil photo... sinon comment vous faire raler en ces périodes de froids polaires... en Europe ! Et puis... ben c'est bon !

Pour atteindre le coin de paradis, une petite ballade dans la forêt s'impose... et au bout d'une petite heure, paf une carte postale en pleine tronche ! Nous n'étions pas sortis de notre promenade sylvestre que des palmiers aux troncs anorexiques s'élançaient vers le ciel bleu... (ben oui bleu, juste bleu mais là c'est l'aboutissement du bleu !), et que la plage de sable blanc nous emportait vers une mer océaniquement agitée mélangeant toutes les teintes comprises entre le bleu et le vert... très très yoli !

Alors nous sortons de la forêt et là... paf un coup de réalité dans la tronche... Nous avons faim, il n'y a qu'un unique restaurant pour se sustenter et le propriétaire le sait... les prix sont exorbitants... ce qui est toujours décevant surtout en arrivant au paradis ! Mais quelle importance puisque nous ne nous arrêtons pas là. Une fois l'assiette léchée et reléchée, nous repartons, sur la plage cette fois-ci.Une autre heure plus tard nous arrivons enfin à notre hôtel... une plage immense, des palmiers qui ombragent une grande pelouse, des tentes et des hamacs... le prix des hamacs (derrière "la cantine" et accrochés bien serrés pour mettre plus de monde...) coutent déjà plus chers que notre chambre à Santa Marta ! Donc les tentes nous n'y pensons même pas ! Et mais c'est quoi tous ces gringos là ?!?! Ils étaient donc là ! C'est certain que c'est beaucoup moins angoissant de se dorer la pilule au paradis que de vraiment visiter la Colombie... avec tous ces sauvages qui n'attendent que de dépouiller le gringo fortuné, vaut mieux se planquer au milieu des autres blancos ! Bon. Pas grave nous en profiterons outre mesure malgré les notes douloureuses de "la cantine", et l'ambiance "colo-on est une grande famille qui parle anglais". Une fois de plus les photos seront plus explicites que moi... A noter... après une nuit finalement agréable, le jour nous réveille à 6h... et "la cantine" elle, ne se réveille qu'à 7h30... ce qui est compréhensible... claquettes chaussées nous traversons 2 plageounettes, puis arrive un petit chemin qui finit par débouler sur une 3ème plage... déserte... Heu... j'arrête là peut-être ? Pas la peine de vous raconter les 1ers rayons de soleil, l'eau déjà chaude, les pélicans et tout ça tout ça... Juste pour dire... C'était un truc de malade !!!!!

Une fois le café avalé, nous rebroussons chemin en s'arrêtant à chaque plage digne d'intérêt... c'est à dire toutes ! A nouveau la forêt et enfin Santa Marta... A ce moment là nous croyions avoir vécu la carte postale de notre voyage... c'était avant Riohacha....


Riohacha

Riohacha se trouve toujours plus vers le Venezuela, et dans une partie de la Colombie au climat encore plus chaud. A l'intérieur des terres, le désert... sauf, s'il pleut. Hors, vous l'aurez compris la saison des pluies a été efficace cette année, donc désert certes mais avec de l'herbe !

Ici c'est un peu comme Santa Marta, je veux dire, c'est une sorte de ville jumelle. Il n'y a donc pas grand chose à y faire. En revanche il y a le Cabo de la Vela, qu'il est difficile de rejoindre seul, étant donné qu'il n'y a pas de transport. D'abord il faut un peu passé par le désert, et puis au Cabo de la Vela, à part des paysages à tomber parterre et les Wayus, y'a rien ! Les Wayus sont une tribu indigène ( des sauvages sanguinaires vivant à moitié nu...je suis même pas sûre qu'ils aient internet, z'avez qu'à voir ! ) qui vit dans cette partie de la Colombie ainsi qu'au Venezuela. Pour les colombiens c'est un peu leur folklore... et oui il y a beaucoup, BEAUCOUP moins de natifs en Colombie, alors le peu qui reste est légèrement parqué, et LÉGÈREMENT utilisé comme argument de vente pour les tours. D'une part le côté zoo et d'autre part le côté "faut connaitre le chef sinon tu ne peux pas rentrer parce que t'es pas wayu et tu risques de te faire trancher la gorge et après ils vont utiliser ton crane pour se faire une lampe de chevet"... Bon mais comme y'a pas de bus pour aller là-bas, nous n'avons pas le choix. Et là pour le coup, des gringos nous n'en voyons pas foule... en fait pas du tout ! Ce qui est embêtant ( et ouais on est jamais content !!! ) parce que le 4x4 ne part qu'avec 4 personnes minimum... heureusement (ce mot sera regretté, moulte fois regretté !), un couple de colombiens à la retraite se joint à nous. Et nous voilà, sur les routes de sable... c'est parti, pas de temps à perdre. 2 jours c'est court, surtout lorsque nous découvrons la beauté des paysages... c'est un coup à griller une gaufrette cette histoire... Pendant 48h nous serons promener de plages de rêves en plages de... rêves, gaver de poissons plus frais que ca il est pas mort, bercer par le bruit des vagues dans notre hamac, nous endormant dans la douce lumière de la lune se reflétant dans l'eau... et largement emmerder par les 2 vieux chnocks, qui sous prétexte d'être colombiens se sont dit qu'ils allaient réorganiser ces 2 jours selon leurs envies ("Partons à midi au lieu de 14h30, nous serons plus vite à Riohacha, surtout que maintenant que les photos sont prises on a plus rien à foutre ici..."). Il aura fallu grogner un peu pour profiter jusqu'à la dernière micro-seconde de cet endroit hors du monde, où le temps semble ne pas exister... Et puis... mais vous le savez déjà... il est temps de partir, il est même temps de quitter la côte... Adieu ceviches poissons, soleil, plages...

Le voyage continue...

Ami-es, que cette nouvelle année vous apporte beaucoup de bonheur. Profitons tant qu'il en est encore temps... Nous pensons à vous tous.

La suite arrivera au plus vite !










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