Salut à vous.
Je vous avais expliqué dans le dernier message, combien nous rencontrons de difficultés pour remonter vers le nord de l'Argentine, en l'occurence pour rejoindre Salta la linda. Et bien accrochez vous car nous ne soupçonnions pas alors combien nous étions loin des difficultés qui allaient nous entraver!
Après un levé matinal, une cigarette pour petit déj', 20 min. de marche, une heure d'attente au guichet de bus, une bataille verbale avec les deux espèces de saucisses pas peu fières d'avoir l'emblème de la compagnie gravé sur leurs seins et dans leur cerveau, je dégotte à l'arrachée deux magnifiques tickets reluisants pour Salta la Linda, le soir même. Parfait, inespéré même.
Nous nous pointons sur le quai du terminal de bus, une demi-heure avant l'heure dite, pour mettre toutes les chances de notre côté. Â ce moment là nous nous disions que les seuls problèmes que nous pourrions eventuellement rencontrer seraient de l'ordre d'une annulation de bus momentanée, ou un barrage des routes agrémenté de jeté de pierre (ce qui aurait pu nous divertir, lapider le bus d'une compagnie privée peut soulager, parfois...).
Non, non et non! Il revient aux poisseux d'avoir la poisse. J'ai quitté Magali quelques secondes, aux aguets du collectivo que nous attendions plus que le messie, juste le temps pour que deux chicos malintentionnés se ruent sur elle (telle une brebie dans une orgie de loups crevants la dalle) et lui dérobent mon putain de sac rouge! Le pire, c'est que j'avais aperçu leur mascarade et croyais que c'étaient des flics en civils qui cherchaient un motif pour coincer du gringo, non, c'était bien pour notre gueule, mais ces méchants là n'étaient pas agrémentés par la loi., On avait une chance sur deux...
Le point positif c'est que je voyage léger à présent.
Le point négatif, c'est que le putain de sac à dos rouge, contenait beaucoup de choses diverses, il était même plein à craquer de choses diverses. Et parmi ces choses diverses figuraient nos deux puta madre de la concha de Lénine de passeports! Et ça!Ça! C'est la pire galère qui pouvait nous arriver avant une gangraine du gros orteil gauche (c'est important le gros orteil gauche).
Et comme l'incident est survenu dix minutes avant le départ du bus il a fallu embarquer malgré tout pour Salta moins Linda.
Au final nous sommes arrivés , bien que le moteur du bus ait cassé en route...
Voili, voilou. Nous sommes donc prisonniers en Argentine, sans savoir à quelle sauce on va être dégustés...Donc la Bolivie que nous vous avions promise devra attendre un petit peu. Le temps que cela peut prendre est tout à fait relatif, car le consulat de Salta, c'est un poème : il ne figure pas à la bonne adresse, ses horaires sont selon une version 17h/19h selon une autre 17h/20h; selon une version le Lundi/jeudi, selon une autre le vendredi...
Et un français à Salta, c'est comment dire?... Lent, très très lent. Pas méchant, mais lent! à un point!
Voilà. Difficile d'en dire plus.
Si, on a bien croisé un dénommé Luc, retraité avec des connexions partout et qui connaissait bien l'ambassadeur... Il l'a appelé pour nous, pour accélérer les choses, mais en vain...
P.S. : Acte Léopoldinien : "Je sortais du marché artisanal de Cordoba, quand, alors que je rêvassais dans le caniveau, un bus déboule ventre à terre sur ma personne et ne cherche même pas à m'éviter! Au moment ou j 'allais passivement me faire écraser (le bus était à moins d'un mètre, je l'ai senti même que...) TurboJi et une charmante inconnue, dont j'ai oublié le visage, m'ont arrachée du sol et pour ainsi dire évitée la chirurgie plastique, la chirurgie orthopédique, cardiaque, cérébrale, dentaire etc. voire la mort, l'éternité, la sainteté! Non, Léopoldine ne sera pas une sacrifiée du bitume argentin! Il s'en est fallu d'un poil de cul, parcequ'une couille c'est beaucoup trop gros!"
lundi 31 mars 2008
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