samedi 10 mai 2008

Daddy suc...Y'a des jours avec et des jours sans... ( humour )

Après 1 nuit de bus, fort dangereuse 1 fois de plus... ( c'est vrai que la nuit ça a un avantage... on n'y voit pas grand chose... et franchement ça vaut mieux ! ), nous débarquons à Sucre, la capitale !!

Bon enfin la capitale, tout dépend de la personne avec qui tu parles... En fait les 3 pouvoirs sont séparés, le juiciaire pour Sucre, et le législatif et l'exécutif pour La Paz ( avant les 3 se trouvaient à Sucre )... c'est un peu compliqué et chacun a son point de vue sur ce qu'il faudrait : tout à La Paz, tout à Sucre ou ne rien toucher...



Nous trouvons une auberge fort sympathique de prime abord, avec 2 patios, un joli palmier, une douche avec de l'eau chaude ( ça c'est une autre histoire... l'eau chaude... pas évident à trouver ! Alors quand le climat est tropical ça passe... mais en altitude, le matin et le soir au minimum, ça caille !!! ), et une vieille chambre poussiéreuse, avec un vieux parquet qui grince mais au charme irrésistible !

Alors de prime abord... pourquoi ??

En fait de voisins, nous avions les traditionnels sac-à-dosifiés comme nous, mais aussi des gens très très étranges... sorte de mormons aussi bronzés que nous ( ... non, nous étions largement plus bronzés qu'eux ! ), habillés version moyen-âge, qui nous ont dit ( ben oui nous sommes curieux.. ) vivre en Bolivie ( et être boliviens) tout en parlant un mauvais castillan mais un très bon "vieil allemand"... des Carpates... et ben vu la couleur de leur peau, ils appartenaient peut-être à la famille Dracul...

...

Franchement sur ce coup là on n'a pas compris ! Surtout le matin où la femme de ménage a sorti de sous le lit d'une de leur chambre une bonne 60aine de bouteilles en plastique vides ( de 2L... tout de même) !!!!

Ah c'était impressionnant, c'est sûr !



Bref.. et Sucre me direz vous, parce que les mormons on s'en fout un peu !

Sucre c'est la ville blanche... et c'est vrai, l'ensemble des maisons et batiments sont blancs, et lorsque le soleil est au rendez vous, c'est splendique bien qu'un peu éblouissant !

La ville est construite sur 7 collines ( oui oui comme Rome ) ce qui fait que les rues montent et descendent... Nous avons passé plusieurs jours à déambuler dans ses rues en essayant de visiter musées et églises...

Ah ben oui mais ils étaient soit fermés soit en rénovation, soit disparus mystérieusement !

Nous avons tout de même eu la chance de visiter la casa de la Libertad, dans laquelle l'indépendance de la Bolivie a été déclarée le 25 mai 1809 ( enfin le 1er gouvernement autonome... l'indépendance fut réellement effective le 6 aout 1825 après quelques batailles et autres affrontements... quelques morts aussi... ).

Du général Simón Bolívar ( le super pote pote de José San Martín, les libérateurs de, entre autres, l'Argentine, la Bolivie, le Pérou, la Colombie... ) à Evo Morales ( 1er président indigène du pays ), nous avons découvert les portraits de tous les présidents de la Bolivie...

Et chose curieuse, le 1er drapeau de l'Argentine est conservé dans ce musée, aujourd'hui il est tellement fragile qu'il ne peut être déplacé et que nous l'avons observé à travers une vitre et dans la pénombre...

Dans 1 an la Bolivie va fêter le bicentenaire de l'indépendance, à Sucre, avec une grande cérémonie dans la Casa de la Libertad, bien entendu ! La ville est déjà entrain de se refaire une beauté pour l'occasion, ce qui explique aussi la fermeture momentanée des églises et musées qui se doivent d'être nickel pour dans 1 an... tant pis pour nous !



Du coup on s'est promené...

On s'est promené et on s'est promené !

Une de nos activités favorites étant le marché central, donc nous pourrions vous parler pendant des heures...

Dans chaque ville il y en un, sa taille varie bien évidemment avec celle de la ville, mais à chaque fois on y mange incroyablement bien ( enfin incroyablement bon c'est sûr... bien, sain... je ne sais pas ! Notre estomac n'est pas toujours d'accord mais enfin... ), on y trouve tout ce que l'on peut imaginer et pour notre plus grand bonheur des fruits exotiques que nous savourons autant que possible ( ananas, mangues, caramboles, tumbo, chirimoya ( je ne sais pas ce que c'est alors forcément je ne peux pas vous le dire en français.. ), papayes etc... ).



Bon on s'est tellement promené que nous avons fini par faire le chemin de croix qui nous a emmené au sommet d'une colline surplombant Sucre où nous avons une fois de plus constaté l'immense beauté de la Bolivie... sous le regard bien veillant ( enfin j'espère... ) d'un grand Jésus aux ailes... heu, non.. aux bras déployés... qui en tout cas avait l'air de veiller sur Sucre et ses Beghin Saynois...

Oh oh oh !!! Attention blague !!!

(Ah non mais j'avais trop envie de la faire, même si elle est méga grave pourrie... )



A force le temps passe, et dimanche est enfin arrivé !

Nous avions, en fait, entendu parler d'un village, Tarabuco, à 1 h de Sucre, où tous les dimanches, se déroulent un magnifique marché artisanal... Ouais encore un marché !!!

( je m'en fous, si je peux je les fais tous ! ).

Pour y aller, 2 possibilités : un bus ou des minis vans qui dés qu'ils sont pleins partent. L'avantage, c'est que c'est vite plein, que c'est plus confortable et pas plus cher. Bon dans le van y'avait disons 8 places... nous on est parti à... 15 !

Dont 2 dans le coffre ( quand je dis coffre n'allais pas imaginer que c'est grand... ben non y'a des fauteuils jusqu'au fond.. ).

Ce qui est marrant c'est que ce sont exactement les mêmes véhicules qui font office de corbillard ( en France et ici ! ).

Bref nous sortons de la ville, nous grimpons un peu et s'en suit 1h de route sur les plateaux andins... ( je ne vous fais pas l'article sur comment c'était beau, vous connaissez la chanson.. ).

Nous voilà à Tarabuco où effectivement le centre du village est envahi de stands d'articles artisanaux, essentiellement des ponchos, des chemises, des écharpes, des sacs, bonnets, gants etc... Tout ça fait main, aux couleurs chatoyantes, et bien sûr je veux tout acheter.. Mais c'est pas possible, y'a pas assez de place dans le sac à dos... heureusement !

Nous repartons malgré toute la volonté du monde, avec de beaux ponchos ( ho ho ho les touristes !! Ben ouais ! ) qui ont surtout l'intéret d'être super chauds.

Retour en bus cette fois, fort sympathique car le chauffeur est accompagné de sa fille de 16 ans, qui nous repère desuite et nous fait assoir à l'avant afin de nous avoir sous la main pour nous poser une quirielle de questions ! Nous en profitons pour faire de même, en particulier sur le vote ayant lieu le jour même, pour l'indépendance du département de Santa Cruz... Pour l'instant nous avons eu un paquet de versions différentes, des pours, des contres, tout se contredit et on n'est pas bien sûr ce qui est entrain de se jouer... dès qu'on est au courant on vous appelle et on en parle autour d'une bonne bouffe...



Bon après ça on s'est dit qu'il était peut-être temps de refaire nos valises et d'aller vois ailleurs ce qu'il s'y passe... direction Cochabamba... qui nous rapproche de la forêt amazonienne et de toutes les bestioles à poils, rampantes, ou volantes qui se marrent déjà en voyant la famille La Poisse pointer le bout de son nez ! Nous avons survécu au mal des montagnes, aux chauffeurs de bus fous et aux précipices... nous allons bien survivre à la jungle !!!



Remarque : Jérémi en plus, de donner des torticolis aux enfants, de faire marrer les boliviennes depuis qu'il possède le sac à dos local ( le tissus que toutes les femmes utilisent pour trimballer tout et n'importe quoi ), traine derrière lui une ribambelle de petits cireurs de chaussures ( moyenne d'âge 8 ans... ça fait rêver... ) qui ne comprennent pas qu'il se ballade avec des baskets en cuir noir aussi sales !













Tarija, Tarijaaa!

Salut les jeunes et les pluvieux!

Si nous avons été comme muets pendant un moment, c'est seulement parce que nous sommes restés bouche bée en ce fabuleux pays de Bolivie. À en perdre le peu d'espagnol dont on disposait alors. Pourtant nous ne faisons rien d'exeptionnel : visites, marches, marches et re-marches, dégustations en tout genre, rencontres etc. Toujours la même rengaine. Vous connaissez le refrain...


Après Tupiza, nous fîmes étape dans la ville de Tarija. Ville qui avait plus l'apparence d'une ville.


Les rues étaient cette fois goudronnées, signalisées, regorgeant de commerces. Bon tu ne doutes pas une seconde que tu es toujours en Bolivie. Pas de problème!


Les femmes, toujours attifées de leurs habits traditionnels, sont chargées comme des mules ; soit avec un enfant (wawa) enrobé dans leur tissu (awaio), soit croulant sous une montagne de produits, de trucs, de bricoles, soit pour vendre soit pour... Vendre.


La rue est réellement un "espace publique", les vendeuses-vendeurs élisent négoce sur le trottoir, partout ou il y a de la place, du faiseur de jus de fruit exprimido, en passant par le cireur-harceleur de chaussures, jusqu'aux vendeurs de fleurs, de tissus, de machins, de coques pour cellulaires, de légumes et fruits, de pâtisseries, de sacs, etc. etc. etc.

La rue est aussi une fosse pour klaxon symphonique en râle majeur. Au milieu de délicieuses nuées de gaz à effet de serre, du son tonitruant des accélérations intempestives et contestataires, les oreilles les plus délicates peuvent apprécier un pannel infini de klaxons monocordes. Il faut beaucoup de pratique auditive pour en sentir les nuances et inflexions : Au bout d'une semaine vous pourrez identifier le klaxon qui dit "bouge ton cul connard", de celui qui dit "si tu traverses je vais t'écraser, tu es prévenu!", ou encore le taxi qui te sonne "Je suis Mr le taxi et je vois bien que tes mollets de blanc n'ont pas la force de faire cinq cent mètres", ou encore le gonze qui te klazonne parce que t'es pas d'ici etc. etc. etc. ad libitum.


Le centre nevralgique de toute ville Bolivienne qui se respecte , c'est son Mercado Central ! Vous savez, chez nous les euros-païens, c'est ce que nous avons remplacé par d'immenses et fantastiques centres de grande distribution. Où l'on a substitué les âmes multiples, les mondes imbriqués sous quelques jolies appelations comme Carrefour, Géant, leaders prices, E.D...

Au marché central, pas de vigiles qui vont jusqu'à suspecter les malhonnêtes grands mères, pas d'étiquettage, ni rayonnage ingénieusement agencé et étudié pour atiser,faciliter les désirs consuméristes, non non non... Pas d'unique, invisible et multirichissime patron omnipotent, ni de caissière uniformisée au sourire con-gelé, pas non plus de carte fidelité, de barrières bip-bip qui sonne les infractions, ou de caddie ventripotent.


Un autre monde, entièrement féminin. Un monde fait d'odeurs, de couleurs, de sons. Un monde imbriqué ou le moindre recoin est investi de petits stands bondés. Un lieu extrêmement vivant, à la manière des souks arabes. Chacune des boliviennes qui travaille est son propre chef, pas de concurrence déloyale, mais l'entraide. Chaque étalage est singulier, façonné par le caractère de celle qui l'occupe (et la place dont elle dispose). Tu te ferais presque arracher un bras pour venir dans celui-ci ou celui là. Les interpellations fusent. Les prix sont complètement aléatoires et se négocient à la sympathie-antipathie du client. La viande est trucidée sous tes yeux, scrupuleusement gardée par des bataillons de mouches. Les fruits et légumes sont soigneusement organisés en tas, monticules instables et gigantesques. Il y a des vendeuses en l'air, comme sur un mirrador,mais aussi par terre, au milieu...partout où c'est possible. Les chiens mendient craintivement les restes, jamais à l'abri d'un coup de savate. Les fruits se mixent en direct dans ton verre. Les épices embaument les étroits passages. Tu demandes deux tomates et tu repars avec cinq, accompagnées de concombres, poivrons, radis, avocats etc.

Les fruits (frais,goûtus), ah, les fruits! Tout ce qu'il y a de plus exotiques : papaya, chirimoya, mango, caramboles, ananas, oranges jaunes, bananes rouges etc. Un feu d'artifice juteux.


Rechercher une chose relève de l'aventure, de la comparaison, mais aussi de la sympathie, de celui qui sera le plus persuasif, de celle qui te tirera le plus vigoureusement à son étalage. Aucun assistanat, tu es livré a ton propre sens de l'anarchie!


Dans toute ville qui se respecte, qui possède un marché qui se respecte, se trouve une cantine (affiliée au marché) qui se respecte. Et là, même systeme qu'au mercado, le menu s'énumère à la criée, tu es presque assis de force à table, les cuisines alignées, engoncées, crachent flammes et odeurs incroyables. Les Boliviens sont souvent étonnés de nous voir humer les délices soigneusement préparés, épicés et nous sautent dessus, ou se marrent d'avance d'imaginer comment nos estomacs peu entraînés vont réagir. Chaque midi est pour nous une surprise gustative, une aventure estomacale. Peu de touristes s'aventurent dans ces cantines, trop appeurés de choper une colique. Mais des fois, ça vaut vraiment la peine de risquer une bonne chiasse. Et rien de plus. Tu ne vas pas devenir tout vert, plein de furoncles et te déformer sous les effets de cette succulente nourriture. En même temps si les touristes s'aventuraient majoritairement en dehors des pizzerias, restaurants de luxe, où autre lieux familliers, le marché perdrait vite de son charme et les prix s'affoleraient!


Vous disposerez sous peu d'images de tout cela, pour le moment c'est matériellement impossible.

Pour l'heure allons déjeuner, car parler de tout ça procure une dalle gigantesque.



Salut salut.



Ps : Prochain épisode : Sucre.



Ps2 : Un peu de vos nouvelles ne nous feraient pas de mal... Faites partager un peu les choses qui se passent par chez vous. Car écrire sur ce blog c'est un peu comme essayer l'eccho dans les montagnes...