vendredi 30 mai 2008

Rurrenabaque côté... Selva !!!

Retour le Pampa... re-trois heures de l'antiquité annoncée comme un 4x4, dans la chaleur et la poussière, et la poussière, et la poussière... Et oh surprise, sur la route l'oeil perçant de notre guide repère ce qui pourrait être un singe au sommet d'un arbre...
Que nenni ! En fait d'un singe il s'agissait d'un bon gros paresseux pendouillant !
Terminée la pause, le chemin de terre nous attend...
Arrivés à Rurrenabaque nous n'avions qu'une obsession en tête : la douche froide...
Jamais au grand jamais, mon corps n'avait produit une eau de cette couleur... au nom de tous les saints de France et de Navarre et de la sainte trinité du pain du vin et du boursin, je le jure ! Vous avez pu constater la pureté de l'eaude la rivière aux pirhañas sur les photos... et ben même couleur !
Un exquissime surubi au fond du ventre ( oui, nous passons un certain à manger certe, mais nous savons déjà que la saveur de ces poissons ne viendra pas délecter nos palais de sitôt... alors ne nous privons pas ! ) et une courte nuit de sommeil, et nous nous retrouvons une fois de plus dans le ventre d'une pirogue...

Mais où sont nos traditionnels joyeux touristes de compagnons ? Et là... oubliée la famille Lapoisse !Les tours se font au maximum avec 6 personnes et au minimum avec... 2... et nous sommes les 2 seuls blanc-becs à être inscrits !

C'est parti pour 3 heures au fil de l'eau, à remonter le fleuve Beni.Sous nos yeux défile déjà un paysage incroyable qui n'a rien en commun avec celui de la Pampa... Le fleuve s'enfonce entre des falaises recouvertes d'une végétation dense aux verts qui se déclinent à l'infini, succèdent des plages de galets ou de terre argileuse où sêchent barques et pirogues et à nouveau des falaises...

A l'arrivée nous sentons instantanément les brulures du soleil, mais très vite nous nous enfonçons de quelques mètres dans la forêt jusqu'aux cahutes qui vont nous servir d'hébergement. Cahutes peut-être, mais quel confort !
Surélevées, en prévention des crues ( durant la saison des pluies le niveau de l'eau peut monter de plus ou moins 6m... ), toutes en bois, avec un toit de feuilles tressées... Ça, c'est le travail de malade qui rend fou, pire que le supplice de la petite cuillère, j'en suis sûre ! Les feuilles on les a vues...des feuillounettes de rien du tout, qui payent pas de mine. Sur un toit il doit y en avoir des milliers entrelacées les unes à côté des autres, bien sérrées... je refuse même d'imaginer le temps que ça prend ! Résultat, le toit est là depuis 15 ans, et en 15 ans il n'a pas bougé, il n'a pas laissé passer une goutte d'eau... rien, nada, limite chiant-pas-drole !
Et de l'intérieur, ben c'est magnifique... Bon après, les lits avec moustiquaire... ben ils savent bien que les bronzés comme des bidets attirent les suceurs de sang comme le sol la confiture de ta tartine, et les hamacs devant la porte qui se prètent à merveille à une petite sieste...

Au programme...
-Jour 1 : On réembarque avec notre guide et le capitaine de notre pirogue... et ben même,
une pirogue c'est un bateau , donc celui qui conduit c'est un capitaine...
Après quelques passages difficiles où les garçons ont poussé ( moi j'ai fait la fille... ne poussez pas de hauts cris, de toute façon y'avait trop d'eau, à part nageoter je n'aurais rien pu faire ! ), nous accostons et nous nous enfonçons dans une végétation touffue comme la tête de Jérémi, avec les moustiques et autres bestioles volantes, grimpantes et rampantes... les petites fourmis rouges là... faut pas les toucher, parce que leurs piqures ne sont pas méchantes et vous serez bon pour 24h de fièvre...
...
Bon ok je zénifie ! Tout va bien se passer, tout va bien se passer...
Et comme le sol est tout boueux je grogne et regrette de ne pas avoir pris mes chaussures de marche... et là je lève le nez... et je constate que notre capitaine est en tongue mais pas pour longtemps... Pieds nus c'est quand même plus pratique ! Et puis comme ça tu salis pas tes godasses ! C'est marrant je n'y avais pas pensé...
Bref...
Les moustiques et la boue ont vite été oubliés... En très peu de temps nous sommes arrivés dans un... un je ne connais pas le mot français en fait... une sorte de marais boueux, lieu de résidence de cochons sauvages qui effectivement avaient laissé leur odeur... délicate !
Le fou fou pied nu est parti 5 min et est revenu avec une grosse tortue de terre, mais déçu car les cochons étaient trop loin... Et ensuite... nous avons marché et grimpé en pleine forêt ( au passage nous avons croisé des traces de jaguar toute fraiches, de tapir et de capibara, la bestiole drole avec une grosse tête placide dans les photos de la pampa, plus gros rongeur du monde ), pour arriver, à la tombée du jour au sommet d'une falaise... Nous avions sous les yeux une vue infinie sur la forêt, et sous nos pieds un précipice. Le grand malade a jeté une branche et de la falaise se sont envolés des dizaines de couples de perroquets... un son et lumière rien que pour nous...
( Message à caractère informatif : Les perroquets vivent en couple toute leur vie, si y'en un qui meurt et ben l'autre ne se remarie jamais et
madame pond 2 oeufs par an un garçon et une fille toujours... ça rigole pas chez les perroquets, attention ! )...
Ah... pour que tout le monde se marre... je pense que dans l'après-midi j'ai du me vautrer une bonne 20aines de fois ( et puis bien comme il faut... ) sous les yeux hilares de tous les garçons ( évidemment ! )... un coup ça glisse, un coup ça trébuche, un coup ça éboulise, un coup c'est trop grand à enjamber, un coup y'a un trou et je l'avais pas vu... cherchez pas, j'ai expérimenté toutes les possibilités de chutes !
Après ça sous la moustiquaire et nous nous endormons dans le silence.... ah ben non, la forêt vierge c'est pas silencieux du tout, c'est même super bruyant... et ça croasse, et ça grillone, et ça pioupioute, et ça craquète, et ça vrrrt vrrrt, et ça craquepouite (... ),et ça bzz bzz, et ça crognote... toute une symphonie ! Et j'allais oublié le singe hurleur... Alors celui là il est trop flippant... on dirait des feulements de puma ou de gros minous dangereux !
Les amis, c'était le paradis... des nuits pareilles, je voudrais bien en prendre pour quelques années...

-Jour 2 : pas de bateau... du coup le va-nu-pied ne nous a pas accompagnés... nous étions un peu déçus... ben oui, avec sa machette, ses chaussures naturelles et ses imitations de tous les animaux, c'était un peu le guide parfait..né dans la forêt ( en même temps il en a profité pour aller pêcher un poisson énorme que bien sûr nous avons déguster... mmm c'était trop bon ! ).
Mais pas grave, l'autre guide, le vrai, enfin celui payé pour ça, était marrant, avec lui aussi une machette dont il jouait très bien ! Chling chling... ah ben desuite ça fait plus vrai, plus aventure, plus Indiana Jones quoi... ceci dit y'a eu quelques fois où nous étions bien contents qu'il en ait une !
Et donc nous voilà parti pour 4h de marche dans la jungle. Au programme des arbres immenses qui essayent d'atteindre la lumière, des arbres qui mangent d'autres arbres ( si si, ils les entourent avec des branches-tentacules et les etouffent et après ils s'installent à leur place...tsss mauvaise mentalité... ), des lianes que moi je croyais que c'était des branches, voire des troncs (... ), des lianes toutes torsadées, des fleurs aux couleurs flamboyantes, des palmiers, des bananiers, des cocotiers, des papayers (??? je sais pas moi comment s'appelle l'arbre à Papayes... ), des plantes à yuccas ( Oh p... ça c'est trop bon ! ),des arbres qui marchent, des arbres aux troncs recouverts de grosses épines, des singes qui passent comme des fous au dessus de ta tête, des piafs, des moustiques ( ben oui sinon c'est pas drole ) et des cochons sauvages.... ah les cochons sauvages ça on en a vu... Nous avons croisé 4 groupes et bien sûr nous les avons approchés... d'abord ça pue ! Et puis ça fait un peu peur... bon ils ne sont pas très gros, mais ils sont nombreux et organisés... y'a des sentinelles... alors ça grogne, ça grogne et subitement nous entendons un claquement très fort qui se reproduit... ça veut juste dire que nous sommes trop proches et les sentinelles claquent leurs dents de devant pour le signaler au groupe... ainsi qu'à nous au passage ! C'est assourdissant et quand 40 cochons font ça et partent en courant et en passant à 10 m de toi... et ben je vous garantis que c'est impressionnant...moi j'étais pas fière !
Au fil de la promenade nous avons aussi ramassés des noyaux de fruits destinés à se tranformer en bague...
Retour au bercail et l'après-midi atelier bague donc... Bon je vous passe les détails... cisaille cisaille, ponce, ponce, ponce, ponce, et reponce, et reponce donc un peu va... et à la fin un peu de cendres et de terre et voilà une jolie bague que l'on retouve dans tous les marchés et magasins ethniques de France !
Ça a tellement plu à Jérémi que le lendemain il a du ramasser au moins 300 noyaux... pour faire des bagues et les ramener en France ...
Pour finir
la journée en beauté , nous sommes partis à nouveau dans la forêt.. mais de nuit...
Les bruits bien sûr, mais le ciel étoilé en plus, les odeurs et les lucioles...

-Jour 3 : Reballade de 4 heures dans la forêt... Un peu la même que la veille en fait...
Et non...
Nous marchions tranquillement sans parler ( d'abord le lieu prète au silence égoïste, et puis ce n'est pas en jacassant que nous riquions de voir ou entendre quoi que ce soit.. ), et là nous entendons des cris tout proche qui ressemblaient bien à ceux d'un cochon... mais seul, ce qui n'est pas normal... Notre guide, Robin ( j'avais oublié.. une fois sur deux ils ont des noms tout pourri mais je suis sûre que c'est pour que les touristes arrivent à les prononcer... ), s'enfonce dans un fouret touffu et nous plante pendant 20 minutes... Et vasy qu'il imite le bruit du cochon et que le cochon couine qu'il en peut plus...
Et au bout de 20 minutes le voilà qui ressort tout transpirant et enfeuillé avec dans les mains un bébé cochon de 2 semaines... il avait encore un bout de son cordon ombilical... Dés qu'il le posait parterre il tournait sur lui-même comme une toupie pour retrouver son chemin.. Mort de rire !
Nous sommes repartis, avec le cochonounet qui beuglait, à la recherche d'un groupe de cochons et bien sûr, nous ne l'avons jamais trouvé ! Du coup nous avons ramené porcinet avec nous ! Et nous l'avons laissé aux bons soins ( je reste dubitative.. ) du couple qui garde les lieux.
Voilà la forêt c'est fini...
Nous embarquons le coeur gros...
La pampa c'était vraiment bien... mais la forêt... nous y serions bien restés quelques...années de plus...

Nous revoilà à Rurrenabaque, où il fait toujours aussi bon vivre...
Bilan : quelques bleus pour moi, et quelques piqures de moustiques, pour Jérémi pas de bleu... mais en piqures de moustiques... il m'a largement battu ! Son mollet a d'ailleurs un peu gonflé !
Mais surtout... des images plein la tête et des bruits qui roulent encore dans nos oreilles...

Demain nous quittons la région tropicale pour rejoindre le froid et le manque d'oxygène de la haute et magnifique La Paz...