La Paz... Arrivée au petit matin, une fois n'est pas coutume... parait-il !
Routine habituelle... froid, taxi, froid, recherche d'un endroit où écrouler sa carcasse perclue, froid, découverte d'une ville morte, froid, etc...
Et puis le soleil finit par revenir ( Merci le soleil d'être le soleil ! Vital le soleil sur l'Altiplano... je vous le dis, vital ! ), et à peine avions mis un pied dans la rue que nous nous sommes laissés emporter par La Paz la Relinda...
Cette ville est totalement immense, totalement folle, totalement magnifique.
C'est pas mal résumé, en fait...
Alors voilà, nous sommes dans une ville dont l'altitude varie de 3200 à 4200m... ce qui nous donne un dénivelé tout à fait interressant pour une ville.
Et cette ville est nichée en plein milieu de la Cordillère des Andes, entourée de montagnes dont certains sommets enneigés atteignent les 6000m... Elle est immense, et s'étale sur les flancs des montagnes telle une toile d'araignée. Et toujours ce climat sec, un ciel bleu sans fin, et le soleil qui réchauffe les journées et brule la peau. Voilà, c'est la Paz... vue dans haut...
Et d'en bas... un dédale de rues qui montent et descendent, qui déboulent sur un marché ou sur une grosse avenue... et partout tout le temps les rues sont pleines de vie, les gens vivent dans la rue, ils achètent dans la rue ( oubliez tout ce qui pourrait se rapprocher d'un supermarché... ) tout ce dont ils ont besoin, des habits à l'alimentaire en passant par les télés ou les fournitures scolaires, ils mangent dans la rue debout ou au coin d'une table etc... tout le monde crie, pour vendre ses salteñas, cirer tes chaussures, te proposer un jus de fruits frais, ou un pseudo caillou de valeur ( ça c'est pour nous, les blancs becs...), les klaxons sont omniprésents, ainsi que l'appel sempiternel des conducteurs de minibus qui sillonnent la ville en hurlant leurs destinations pour les personnes ne sachant pas lire...
Et au milieu de tout ça la police... Non mais à La Paz c'est quelque chose... D'abord y'en a partout tout le temps... et en plus ils font très peur... ce sont des hommes de... 20 ans en moyenne (... ) caparaçonés comme des tortues ninjas ! Des coques en plastique sur les jambes, dans le dos, sur le torse et les bras ( et certainement ailleurs... mais enfin il eut fallu que je m'approche un peu plus pour une plus grande précision... ), un casque et un gilet pare-balle et bien sûr des armes jusque pardessus la tête... le moindre agent de la sécurité devant une banque passe sa journée appuyé sur un fusil à pompe alors les flics... grenade, fusil à bayonette ( si, si à bayonette ) et à pompe, matraque, flingues etc... Et parfois tu vois passer un escadron à moto avec un qui conduit et un autre derrière entrain de mettre des cartouches dans son fusil à pompe ou de tenir son flingue prèt à tirer... ah ben on se croirait dans Matrix...
C'est des malades !
Et puis on les oublie vite... vu l'impact quasi inexistant qu'ils ont sur la population !
Et nous finissons une fois de plus par nous laisser happer par les éclats multicolores des étals d'artisanat de tissus, les odeurs épicées, les bruits, le mouvement particulier de ces gens.
Et c'est ainsi qu'au détour de quelques rues labyrintiques, nous nous sommes retrouvés en plein " mercado de las brujas ", le marché des sorcières.. houhouhou ! Nos habituelles grands-mères sont là disparaissant sous des montagnes de jupes et couvertures mais devant elles s'entassent une foultitude de talismans, porte-bonheurs et autres objets apportant amour, argent, santé etc... et au milieu de ce fouillis... oh.. mais quècecé cette horreur ?? Ah tiens... un foetus de lama ? Mais pourquoi ???? Tout simplement pour l'enterrer dans les fondations d'une nouvelle maison ou d'un nouveau négoce, afin que le batiment soit solide, fiable, le négoce fructueux... sans oublier ton avenir qui apparait miraculeusement au milieu des feuilles de coca, ou des boissons aux couleurs douteuses dans lesquelles on retrouve en autres ingrédients, de la grenouille... Non, merci sans façon, vraiment je n'ai pas soif... Je vais me contenter d'un p'tit foetus de lama que je vais enterrer dans la doublure de mon sac à dos... Ça va être bien...
Puis nous sautons à bord d'un mini-mini-minibussounet qui nous emporte dans l'alto qui comme son nom semble l'indiquer est la partie haute de La Paz. 2 fois par semaine, une espèce de marché aux puces /brocantes se déroule sur un immense terrain vague qui surplombe toute la ville. Bon c'est simple y'a absolument de tout, partout, n'importe comment... et bien entendu, pour l'instant ne se rencontrent là-haut que les classes les plus défavorisées... ( pour l'instant... il sera bien assez tôt quand les foules curieuses et fortunées viendront se donner un petit coup d'angoisse en se promenant dans le marché de l'alto...)
Et puis la nuit finit par revenir, avec son froid pénètrant notre squelette, et... en cadeau La Paz qui scintille de mille feux, telle le magnifique ciel étoilé que nous ne nous lassons pas d'admirer tous les soirs depuis quelques mois... Le ciel semble se refléter dans le miroir La Paz. C'est beau, la vache !
C'est ainsi que s'écoulent nos journées, au fil des rues qui se dévoilent sous nos pas...
Et tout aurait pu continuer comme ça... mais...
De La Paz on peut faire plein de choses, plein... et au milieu de ce plein là, il y a " La carretera de la muerte " !
Un nom pareil, franchement, si ça donne pas envie d'aller y trainer ses baskets...
( interruption momentannée : Marie-Françoise avec ou sans les photos que tu m'avais envoyées, on l'aurait fait ! )
Bon en fait de baskets se sont des roues que nous sommes allés trainer.
Toute bonne agence paceña qui se respecte propose la descente en vélo de la route de la mort.
Et de bon matin nous nous retrouvons au-dessus de La Paz à 4300m d'altitude avec VTT ( par forcément en très bon état... ), et tout le costume du cycliste quoi ! Le casque, les gants, le maillot, le cuissard, et le Kway parce qu'au début ça caille... ( je vous laisse apprécier nos looks splendides et comment avec très peu on dirait que Jérémi est partie en vacances avec sa petite soeur de 12 ans... )
Les 1ers 20 km se font sur une route asphaltée, ça descent, c'est déjà magnifique... Bon y'a bien une sale montée de 8km, ( franchement j'ai failli mourrir arrivée en haut... ), mais à part ça traquille !
Et puis nous arrivons à une bifucation, la route bien propre qui part sur la gauche c'est la nouvelle route, " La carretera de la vida"... et le chemin de terre sur la droite, très étroit tout défoncé qui longe le précipice dont on ne voit pas le fond, c'est la route de la mort, c'est là qu'on va...
Jusqu'en 2006, il n'y avait que cette route, donc tout le traffic passait par là, en montant et en descendant.. camions, bus, 4X4, voitures privées, tracteurs... impossible de se croiser ( déjà que seul c'est presque pas assez large ) et toujours ce précipice gigantesque. Jusqu'en 2006 il y avait en moyenne 150 morts par an ( moi, à la vue de la route, j'aurais dit beaucoup plus ! ), et depuis 2006, la nouvelle route étant ouverte, il n'y a quasiment plus de traffic sur l'ancienne route, et surtout des descentes en vélo. En 2 ans il y a eu 15 morts tout de même... de chutes en vélo...
Donc c'est parti...
Et attention, on observe le sens de circulation de la Carretera de la Muerte, la montée se fait côté falaise et la descente côté précipice...
45 km de route cahoteuse, poussiéreuse, traversée par des ruisseaux, le long d'un vide immense mais avec une vue unique au monde, à couper le souffle...
Avec quelques moments un peu angoissants, il faut l'avouer... Mais surtout avec l'impression de réellement traverser ce paysage, d'y appartenir pour quelques heures...
Arrivée dans l'après-midi à Coroico, 1700m d'altitude et un climat tropical, les cuisses un peu chaudes et surtout un mal au cul qui me poursuit encore ! C'est pour ça que le vélo et moi, ça fait beaucoup trop !
Bon je vous passe les mésaventures et désagréments parfois liés à un groupe... Parce que sinon je vais grogner alors que par exemple voir les photos serait bien plus attractif !
Conclusion : une fois de plus la famille Lapoisse aura vaincu la mort...
" Ils sont vraiment trop forts !! " ( commentaire anonyme d'un fan... )
Retour à La Paz, morts de fatigue tout simplement, mais contents !
Pour finir ces quelques jours, nous sommes allés visités des ruines de la culture Tiwanaku ( y'a plein de version orthographiquement parlant... ), au milieu d'un plateau, plus ou moins désert, toujours aussi sec et ensoleillé. Nous avons passé la journée à nous promener de la porte du soleil, au murs d'un temple semi-souterrain, en écoutant le discours fluvial d'un archéologue bolivien, qui devait être en peine de relations humaines... interrechiant en fait...
Et puis bon... on est bien à La Paz, même on y resterait... mais comment allons-nous être à Copacabana sur les rives du la Lac Titicaca...
Nous voilà repartis, pour notre ( hélas ) ultime étape bolivienne...
A bientôt les amis !
dimanche 8 juin 2008
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